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15/10/2015

RÉAFFIRMATION


Article paru dans L'Arme de la critique N°1 - MAI 1985

Plus les années passent depuis plus la révolution espagnole prend de l'importance. Elle fut plus profonde que la révolution russe et plus ample par la participation humaine; elle éclaire des comportements politiques jusque-là flous et projette dans le futur d'importantes modifications tactiques et stratégiques. De sorte que, dans le domaine de la pensée, seules de méprisables imitations de théorie peuvent être élaborées, si on fait abstraction de la contribution de la révolution espagnole, précisément dans les aspects où elle contraste, en la dépassant ou en la niant, avec la contribution de la révolution russe.
La révolution balaya en Espagne les structures de la société capitaliste dans le domaine économique, politique et judiciaire, créant ou initiant des structures propres. Ce qui était donné par la spontanéité du devenir historique s'est converti de potentiel en réel, dès que, obstacles à sa manifestation, les corps de coercition furent dispersés. Ainsi, la révolution se profila sans équivoque, dès le premier instant, comme prolétarienne et socialiste. La révolution russe n'a pas détruit la structure économique du capital, qui ne réside pas dans le bourgeois ou le monopole, mais dans ce que Marx appelait la relation sociale capital-salariat ; après un instant de vacillement, elle fut transformée de privée en étatique, et le judiciaire et le politique réajustèrent ensuite autour d'elle et pour .elle, ainsi que les corps répressifs, armée nationale ' comprise, jusqu'à ce que le rapport capital-salariat acquière la virulence qui continue de le distinguer aujourd'hui. Ce fut donc une révolution démocratique ou permanente, effectuée par un pouvoir prolétarien, et morte en tant que telle avant d'arriver au stade socialiste qui l'a suscitée et auquel elle aspirait. Par conséquent, elle ne fut pas autre chose qu'une révolution politique. Et si eu cet aspect elle fut plus profonde que la révolution espagnole, la persistance du sus-nommé rapport social capitaliste a donné à la contre-révolution la facilité d'être politique aussi, et bien cruelle, à proportion de la pression de la révolution mondiale. Les deux caractéristiques ont été falsifiées à l'envie, à tel point que ces mensonges exercent aujourd’hui une influence délétère.
Précisément quand la révolution atteignait son sommet en Espagne, en 1936, la contre-révolution stalinienne consolidait en Russie son pouvoir pour de longues années, avec l'extermination de millions d'hommes. Par conséquent, son rameau espagnol eut délibérément, à partir du 15 juillet, un comportement, de porte-drapeau de la contre-révolution, caché au début puis ouvertement à partir de mai 1937, Avec une totale préméditation et d'après les ordres stricts de Moscou, il s'est lancé contre un prolétariat qui finissait d’achever le capitalisme. Ce fait, attesté par des milliers de documents staliniens de l'époque, représente une mutation réactionnaire définitive du stalinisme extérieur, en consonance avec la mutation antérieure de sa matrice, le stalinisme russe.
Un réflexe conditionné des débris de la IVe Internationale et d'autres qui la dédaignent, assigne au stalinisme un rôle opportuniste et réformiste, de collaboration de classe, comparable à celui de Kerensky ou Noske. Erreur grave, car le stalinisme a dirigé politiquement la contre-révolution, l'a mise à exécution avec ses propres armes, ses propres sbires et sa propre police en uniforme et secrète. Il s'est détaché immédiatement comme le parti d'extrêmes-droite ([réactionnaire dans la zone rouge, indispensable pour annihiler la révolution. De même qu'en Russie, et bien avant l'Europe de l’Est, la Chine, le Vietnam, etc, le prétendu Parti Communiste a agit comme propriétaire du capital, monopolisé par son Etat. Il est impossible d'imaginer une politique plus définitivement anti-communiste. Loin de collaborer avec les partis républicains bourgeois ou avec le parti socialiste qui avait encore une tournure réformatrice, ce furent ces derniers qui collaborèrent avec lui, apparaissant à sa gauche comme des démocrates traditionnels, les uns comme les autres étaient atones et serviles, contemplant l'habileté antirévolutionnaire consommée d'un parti qu'ils faisaient toujours reconnaître communiste. Mais ils laissaient faire car avec toute leur habileté, ils fléchissaient devant la marée ouvrière.
Comme on l'a vu dans le dernier chapitre de ce livre, le gouvernement Negrin-Staline fut loin d'avoir les caractéristiques d'un de ces gouvernements de gauche démocratico-bourgeois, vacillants entre une révolution à laquelle ils s'opposent et une contre- révolution qu'ils craignent et qui succombent face à la poussée de l'une ou de l'autre. Ce fut un gouvernement très fort, dictatorial;- et le premier hors des frontières russes, du nouveau type de contre-révolution capitaliste d'Etat caractéristique du stalinisme. Cette particularité dès avant le Front populaire, fut mise en évidence pour la première fois en Espagne, et a acquis depuis un caractère définitif. Tous les cas postérieurs le confirment de l'Allemagne de l'Est et la Yougoslavie, jusqu'au Vietnam et la Corée. Quel que soit le lieu où ce pseudo-communisme accapare le pouvoir, le prolétariat est ligoté, écrasé s'il résista, le capital et tous les pouvoirs se fondent dans l'Etat, et la possibilité même de l'évolution sociale disparaît pour un temps indéfini. Et ce n'est pas le visage hominidé –et non pas humain- maquillage créent des Carillo, Berlinguer, Marchais et autres, qui va changer ses intérêts fondamentaux, émanant de et coïncidant avec la loi de concentration des capitaux.
Un changement secondaire, mais important aussi et non moins définitif, s'est opéré dans les partis socialistes avec la révolution espagnole. Ils ont cessé de se comporter comme des partis ouvriers réformistes, pour s’intégrer sans réserve à la politique bourgeoise ... ou à celle du capitalisme d'Etat à la Russe, selon la pression dominante. Ils continuent à parler de réformes, mais il s’agît de celles qui conviennent le mieux à la survie du système capitaliste, et non de celles que l'authentique réformisme croyait pouvoir lui imposer, législativement, pour arriver évolutivement à la société sans classes en s’économisant la révolution . Le  réformisme  a donc été réformé par le capital.
Léon Blum l'a avalisé en reconnaissant qu'a l'avenir, lui et les siens ne pourraient être que “ de bons gestionnaires des affaires de la bourgeoisie". L'extraordinaire mouvement de la révolution de 1936, en agglutinant la convergence réactionnaire de l'Orient et de l'Occident, précipita aussi ce résultat, qui menaçait depuis 1914.
Quant à la tactique, la révolution espagnole infirme ou dépasse de loin celle de la révolution russe. Ainsi, la revendication d'un gouvernement sans bourgeois, dans le cadre de 1' Etat existant, si utile en Russie pour faire enlever le pouvoir aux soviets, n'avait pas de sens en Espagne et aurait eu un effet nul. Il en est de même pour le front unique des révolutionnaires avec les organisations situées immédiatement à leur droite. Lee bolchéviques le pratiquèrent, même avec Kerensky à des moments précis, toujours positivement. Mimer cette tactique en Espagne revenait à 6e jeter dans la gueule du loup et à contribuer à la défaite de la révolution. Ceux qui l'ont fait nous en ont laissé la plus tragique et irréfutable des preuves. C'est que, dès le début la menace la plus mortelle pour la cause révolutionnaire et pour la vie-même de ses défenseurs, provenait du parti stalinien ; les autres ne furent que des collaborateurs de second plan.
Le mot d'ordre "contrôle ouvrier de la production", encore en vogue parmi les gauchistes attardés, s'avéra très dépassé par les faits révolutionnaires, eux-mêmes principale source de conscience. Sans transition les travailleurs exercèrent la gestion de l'économie à travers les collectivités, bien que leur coordination générale fût obstruée et empêchée, par un Etat capitaliste se reconstituait dans l'ombre avec la participation de la CNT et de l'UGT. Au terme de cette reconstitution, la classe ouvrière fut expropriée et le pacte CNT-UGT qui en résulta fit des deux centrales les piliers d'un capitalisme d'Etat. Mais avant d'y arriver, le contrôle ouvrier de la production (de fait étatico-syndical) fut une manœuvre indispensable pour arracher progressivement la gestion aux travailleurs.

 C'est un service identiquement rétrograde qu'aurait rendu ce qu’aujourd’hui on appelle autogestion simple variante du premier en fait. Ce qui apparut de façon plus convaincante encore que dans d’autres pays, c’est l'impossibilité pour le prolétariat de contrôler l'économie capitaliste sans y être pris comme un rat dans un piège. Si la gestion est le pilier du socialisme, le contrôle (ou l'autogestion) est le dernier recours du capital en danger ou sa première reconquête dans des circonstances comme celles de l'Espagne de 1936.

La répartition des latifundios en petits lots n'a également servi que comme expédiant rétrograde, mesure aussi anachronique de nos jours que le serait la division des grandes industries en de multiples petites fabriques. D'autre part, organiser des Kolkhozes ou leur équivalent chinois, "communes agraires", c'est imposer une prolétarisation de la campagne correspondant au capitalisme d'Etat. Ces deux solutions furent dédaignées, également en faveur des collectivités agraires, qui comme celles des industries, réclamaient la suppression du travail salarié et de la production de marchandises, ce que de fait elles entamèrent.
En résumé, de nombreux points de référence qui avaient déterminé la tactique du mouvement révolutionnaire depuis 1917» et même depuis la Commune de Paris, furent dépassés et mis au rencart par la poussée grandiose du prolétariat en 1536. Le dépassement n’exclue pas, bien entendu, la tactique-même suivie ou proposée en Espagne pendant les années antérieures. Donc, il faut souligner que ce qui est préconisé dans la première partie de ce livre par rapport à la vieille tactique, fut également annulé par la phase chancelante initiée en 1936» Cela n'en perd pas pour autant sa valeur historique et critique, mais le réutiliser serait pure ineptie conservatrice.
Outre l'aspect tactique, toujours contingent, la révolution en Espagne a mis en évidence des facteurs stratégie que les nouveaux, transcendantaux, appelés à produire des actions de grande envergure et de grande portée. En effet, en deux ans, les syndicats furent reconnus comme co-propriétaires du capital, devenant par là même acheteurs de la force de travail ouvrière. L'enchaînement de l'achat d'avec la vente de cette même force à un capital non encore étatisé, fut définitivement établi. Projection stratégique : pour être en condition de supprimer le capital, les exploités devront détruire les syndicats.
Ce qui concerne la prise du pouvoir politique par les travailleurs est non moins important. Celle-ci était sujette par la théorie et par l’expérience russe de 1917 à la création préalable de nouveaux organismes, là-bas les soviets. La révolution espagnole la libère d'une telle servitude. Les organes ouvriers de pouvoir, les comité- gouvernements, surgirent, non comme condition de l'annihilation de l'Etat capitaliste, mais comme sa conséquence immédiate. Le résultat de la bataille du 19 juillet, irréfutable comme aucune définition théorique ne l'est, posa dans l'histoire cette nouvelle possibilité stratégique.
Comment et pourquoi les innombrables comité-gouvernements ne réussirent-ils pas à réunir en une entité suprême est dit dans ce livre à l'endroit qui y correspond. la portée mondiale d'une telle action d'éclat n'en diminue pas pour autant.
L'apport stratégique du prolétariat espagnol à la révolution en général, sans limites de frontières ou de continents, est décisif dans le domaine économique. Voici quel est-il, brièvement : pour aussi ouvrières que soient ses structures de la base au sommet, l'Etat les détruit s'il devient propriétaire des instruments de production. Ce qu'il organise dans ce cas, c'est le monopole totalitaire du capital et d'aucune façon le socialisme. Ceci corrobore et explique ce qui est advenu en Russie après la prise du pouvoir par les soviets.

Ce monopole est synthétisé par la nationalisation de l'économie qui trompe tant parce qu'elle exproprie la bourgeoisie et les trusts. Ce n'est pas l' expropriation du capital que produit une telle mesure, mais un réajustement, de ce dernier, accomplissement parfait de la loi de concentration des capitaux inhérente au système. Qu'elle soit atteinte par évolution ou par convulsion, et même par la lutte armée, ne change rien au résultat. Nous pouvons affirmer sans erreur possible, que là où le prolétariat s'appropriera l'économie ou sera en train de la faire, tous les faussaires postuleront la nationalisation, comme cela s'est passé en Espagne. Et les tendances qui ferment les yeux devant un témoignage historique aussi clair se condamnent à être à la traîne d'odieux régimes capitalistes (Russie, Chine, etc) ou bien à devenir elles-mêmes exploiteuses si par hasard le pouvoir leur tombait entre les mains.

Une généralisation théorique importante se déduit de ces expériences sociales aussi profondes qu'indélébiles: la révolution démocratique dans les pays arriérés est aussi irréalisable par la bourgeoisie que par le prolétariat en tant que révolution permanente. Les conditions économiques du monde, les exigences vitales des masses exploitées, en plus de la putréfaction du capitalisme comme type de civilisation, par-dessus le marché, font de toutes mesures non socialistes /les mesures réactionnaires.
Ce dont la classe ouvrière a besoin dans n'importe quel pays, c'est d'ériger une barrière infranchissable, un obstacle social qui l'empêche d* être obligée de se vendre au capital par "contrat libre", elle et sa progéniture, jusqu'à l'esclavage et la mort" (Marx).

Il lui faut pouvoir disposer à sa guise de toute la richesse, instruments de travail et plus-value, aujourd’hui propriété du capital, et établir comme premier droit de l’homme, le droit de vivre, travailler et réaliser sa personnalité sans vendre ses facultés de travail manuel ou intellectuel. Ainsi la société entrera en possession d'elle-même, sans contradiction avec ses composants individuels, les classes disparaîtront ainsi que l'aliénation qui, à des degrés divers, comprime ou fausse les personnes.

Juin 1977   G.Munis. 

 L'Arme de la critique N°1 - MAI 1985

[Le texte ici présenté a été augmenté par rapport à celui que “Le Prolétaire" a critiqué. Néanmoins, aucun changement essentiel n'a été effectué et les thèmes et conceptions critiqués à l'époque sont tout à fait identiques.]



13/10/2015

ORGANISATION ET ACTIVITÉ RÉVOLUTIONNAIRE
Article publié dans Alarme -N05 JUIL.AOUT.SEPT.79
" Les ouvriers  ne  sont  des  hommes  que  tant qu'ils  ressentent de la  colère  contre la classe dominante. Ils  deviennent des  bêtes  dès  qu'ils  s'accommodent  de leur joug, ne  cherchant qu'à rendre  agréable  leur vie  sous  le joug  sans chercher à briser celui-ci."
                                 F.Engels (La situation de la classe laborieuse en Angleterre.1844-45)

Le prolétariat quand il ne réagit pas n'est que la force grâce à laquelle le capitalisme se reproduit profitant de l'apathie générale de son ennemi historique. La classe ouvrière n'est alors qu'un conglomérat de gens amorphes qui se débrouillent tant bien que mal pour survivre dans une société invivable, reproduisant l'esprit de concurrence, d'inimitié, et l'esprit malsain du capitalisme. En un mot, il n'agit pas en classe ayant des intérêts communs face à la vermine capitaliste.
A d'autres moments par contre, le prolétariat agit uni en tant que classe porteuse du seul devenir humain possible: le communisme. Alors peuvent s'affronter deux types de sociétés, l'une réactionnaire, l'autre révolutionnaire. Entre ces deux états de fait et ces faits eux-mêmes il y a des individus qui sont révolutionnaires indépendamment de l'état momentané où se trouve la classe dans son ensemble. Seul leur nombre varie suivant- la situation sociale. Ils sont révolutionnaires parce qu’ils sont conscients du fait que leur but et celui de la classe dans son ensemble c'est le communisme.
Ces individus révolutionnaires tendent à s'organiser par affinité d'idées, idées qui ne tombent pas du ciel mais qui proviennent d'une interprétation particulière de l'histoire de la lutte des classes. De chaque affrontement prolétariat-capital, des leçons sont tirées, c'est de là que nait la théorie révolutionnaire et ce qui la fait évoluer. Elle n'est donc et ne peut être invariante, comme certains crétins le croient, étalant sans cesse des textes sacrés qui bien évidemment ne peuvent exister. Mais quelle est et quel doit être l'attitude des révolutionnaires par rapport à l'ensemble du prolétariat dont il n'est qu'une partie souvent infime?
Pour la grande majorité des groupes il s'agit en fait de choyer le prolétariat, leur commentaire journalistique n'ayant rien à envier à celui des commentateurs des matchs de football, surtout lorsqu'ils croient que leur équipe domine. Nous ne parlerons pas ici, critique trop facile, de ceux qui se disent conseillistes, puisque leur attitude n'est que le récit plus ou moins optimiste de ce qui se passe, intervenir serait devenir un grand et méchant dirigeant. Bref passons.
Choyer le prolétariat, c'est également, ne pas agir lorsqu'il ne se manifeste pas et de se contenter, puisqu'on ne peut directement influencer celui-ci, de maintenir en cercle d'intimes initiés l'imminente et religieuse idée de la révolution communiste. C'est le moment idéal, presque rêvé, pour que la fraction la plus décidée (on ne voit vraiment pas en quoi!) tire le bilan du passé, comprenne presque mathématiquement le moment où le prolétariat sera à nouveau amené à sortir ses griffes, et donc attende que la période contre-révolutionnaire se transforme en son contraire. Voilà ce que ces groupes ont compris de la méthode scientifique et du matérialisme historique... Cette compréhension en fait des "machines de la révolution" et donc des êtres dénués de toute sensibilité humaine. Ils devraient vraiment relire ce en quoi Marx et Engels critiquaient les utopiques.

Ce n'était certes pas dans ce qu'ils avaient de profondément humain et dans leur volonté de changer les rapports sociaux. Ce que les socialistes scientifiques ont compris et mis en évidence ce sont les forces motrices de l'histoire et par conséquent le prolétariat comme seule force capable de détruire à jamais toute société basée sur la division de classe. Leur conception n'était donc plus basée sur des idéaux provenant d'une volonté saine et louable mais au contraire basée sur la réalité. Le communisme est possible parceque le prolétariat existe en tant que classe et seul celui-ci est porteur du devenir humain, car en se niant en tant que classe il détruira toute possibilité de domination de l'homme par l'homme.

Prenons un exemple précis d'anéantissement total du prolétariat. La guerre impérialiste, moment où chaque prolétariat national se laisse embrigader derrière un torchon aux couleurs nationales. Les révolutionnaires doivent-ils brandir le drapeau de l'internationalisme prolétarien (transformation de la guerre impérialiste en révolution sociale) au risque d'être exterminés, ou bien se retrancher dans des" lieux sacrés pour tirer le bilan du passé et pouvoir ainsi reconstruire le futur parti prolétarien défendant par principe le défaitisme révolutionnaire sauvé, car écrit sur des bouts de papier dérisoires que l'on exhibera plus tard grâce aux collections personnelles précieusement conservées durant la période de guerre?

Messieurs les "révolutionnaires" il faut choisir. Le défaitisme révolutionnaire ainsi que la relation classe dans son ensemble/fractions plus conscientes de cette classe, ne sont pas des leçons apprises que l'on étale après coup, ce sont des actes. Il n'y a pas de cadres à sauver au nom de la future victoire de la révolution. On peut se passer d'eux, surtout lorsqu'ils ne servent qu'à jacasser. Curieuse coïncidence, ces groupes sont généralement ceux qui tremblent d'indignation lorsqu'on ose critiquer la non combativité ou les faiblesses du prolétariat. Nous y reviendrons un peu plus loin.
Prenons maintenant, une période comme celle que nous vivons aujourd'hui, et plus particulièrement pour alléger notre exposé, des événements comme ceux du Nord et de la Lorraine. Au moment de ces événements, comme toujours il y a plus ou moins d'organisations sur la "scène politique". Nous ne parlerons naturellement pas de celles (plus connues!) qui en fait se situent sur le terrain du capital et donc contre les ouvriers (syndicats, P"C", P"S", extrême gauche), mais de celles que les précédentes taxent de fascistes ou d'ultra-gauche bien que pour notre part nous ne revendiquions aucun de ces deux termes. Ces organisations, en y incluant la nôtre, sont arrivées sur des positions plus ou moins précises. Ces positions, les leurs tant qu'elles ne sont pas publiquement remises en causes par ceux qui les défendent, ne tombent donc pas du ciel et proviennent d'une certaine interprétation de la lutte du prolétariat de par le passé. Ce à quoi nous allons nous attacher, c'est à l'attitude de certains groupes par rapport aux positions qu'ils devraient défendre. Prenons par exemple la question syndicale.

Attaquons immédiatement ceux qui grâce à leurs géniaux cerveaux ont compris que les syndicats étaient des organisations contre-révolutionnaires corps et âme voués au capitalisme en général et au capitalisme d'état en particulier. Mais qui pensent que les révolutionnaires doivent évoluer au sein des syndicats parceque le prolétariat s'y trouve, tout en y proclamant que les vrais organes de combats seront les organismes que le prolétariat adoptera lui-même. Comment des gens dénonçant le syndicat en tant que tel et non à cause "des mauvais dirigeants" peuvent-ils être tolérés un seul instant en son sein s'ils maintiennent des positions vraiment antisyndicales? En fait ils ne font que justifier l'existence de ces organisées en y militant. De deux choses l'une, ou bien ils y militent pour transformer les syndicats de l'intérieur pour le pousser à aller plus loin, et ils ne comprennent pas ce qu'est la contre-révolution, ou alors ils adoptent la position suivante: sors du syndicat moi je reste pour en faire sortir d'autres. Encore une fois, l'ouvriérisme triomphe. Réduisant à néant leur "activité". On ne peut être à la fois chat et souris, d'autant plus que le chat à tendance à bouffer  la souris. Notre attitude en tant qu'individus révolutionnaires, ainsi que notre attitude en tant qu'organisation, sera de dénoncer et d'attaquer partout les syndicats en y incluant les gens qui les critiquent mais qui en réalité aident à les faire vivre.
 Les syndicats en tant qu'organes capitalistes n'échappent pas à la règle du capitalisme en général. Ils savent céder face au danger pour mieux anéantir tout mouvement authentiquement prolétarien. Ceux qui militent dans les syndicats ne peuvent donc qu'être dénoncés et combattus .Prenons maintenant le cas de ceux qui considérant les syndicats comme contre-révolutionnaires n'y militent pas mais appuient certaines de leurs manifestations, comme ce fut le cas de "Révolution Internationale" le 23 Mars à Paris. En fait, cette attitude ne diffère pas beaucoup de la précédente. Encore une fois, ouvriérisme oblige! Là où les ouvriers se trouvent, ils y vont en criant victoire, les uns par principe, les autres par une analyse plus "poussée" de la période actuelle: remontée des luttes, cours vers la révolution. Il faut non seulement y aller, mais appeler les ouvriers à se joindre au cortège syndical. Non et non!
Être une fraction plus consciente et décidée, c'est défendre des positions nettes et précises sans équivoque possible. C'est une chose qui se démontre dans les faits au risque d'aller contre le courant. Lorsqu'on connait la nature et la façon d'agir des syndicats on ne peut en aucun cas les cautionner même si l'on croit que forcés par une poussée des luttes ceux-ci prennent le train en marche. Les idées révolutionnaires, encore une fois ne tombent pas du ciel, elles sont le fruit de l'expérience de la lutte des classes, et on ne va pas passer notre temps à refaire ces expériences. Ce n'est pas parceque la classe dans son ensemble n'a pas compris la nature totalement réactionnaire de certaines organisations que l'on doit appeler à manifester derrière elles ou avec elles en espérant que les ouvriers les débordent. Ce n'est pas en s'extasiant devant le prolétariat et en jetant de nombreux tracts qui ne dépassent pas le niveau réel de la lutte que l'on participe en tant que révolutionnaires dans les conflits de classe, on arrive par là, à la limite, à un seul résultat: faire grossir les rangs de sa propre organisation. Le révolutionnaire n'est pas une cloche qui tinte lorsque tous les réveils ont déjà sonné.
En conclusion: les révolutionnaires doivent défendre ouvertement les positions auxquelles ils croient, indépendamment du niveau de conscience de l'ensemble du prolétariat et du niveau de la combativité prolétarienne, et ce à tout moment. Ce sont de toutes manières les situations elles-mêmes qui limitent cette activité lorsqu'il y a passivité totale du prolétariat, on n'a pas à s'autolimiter au nom de la critique de l'activisme. Les révolutionnaires doivent montrer et défendre les objectifs de classe, et savoir critiquer la classe lorsque celle-ci n'agit pas sur son terrain. C’est pour cela que nous saluons bien bas les nombreux groupes qui pour des motifs différents, ont critiqué notre tract du 1° Mai. Nous insultions la classe parait-il! Mais quelle classe?

 Le composite de gens bêtifiés par le capital défilant derrière toutes les organisations contre-révolutionnaires? Pour nous cela ce n'est pas la classe agissant en tant que telle, mais la somme arithmétique de gens mystifiés, de gens trompés, menés à l'abattoir par des salopes et des crapules. Ceux qui renoncent expressément à lutter contre le courant et à ne rien dire à la classe ouvrière "qu'elle ne puisse pas comprendre" sont voués à leur propre faillite qu'ils soient attentistes, volontaristes ou activistes.

                 "...L'objectif final n'est rient c'est le mouvement qui est tout…“
         Rosa Luxembourg

NON, au contraire le mouvement en tant que tel, sans relation avec l'objectif final, le mouvement comme fin en sois n'est RIEN c'est l'objectif final qui est TOUT."
Alarme -N 05




 [Article publié dans Alarme -N05 JUIL.AOUT.SEPT.79]

21/09/2015

GRÈCE, LA SOCIAL-DÉMOCRATIE RIPOLINÉE PAR LA GAUCHE RADICALE


La première phase de tous ces moulins à paroles consiste à aspirer notre mécontentement dans un verbiage "radical“ de " gauche“ (1), pour se disputer nos suffrages, c'est-à-dire de notre soumission. La victoire de Tsipras et du Syriza, c'est principalement celle d’un système qui a fait participer le prolétariat au cirque électoral en mystifiant la réalité de sa démocratie, celle des forces de la bourgeoisie mondiale.

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IL FAUT EN FINIR DU DEVOIR CITOYEN ET DE LA DÉMOCRATIE BOURGEOISE

En tant que future gestionnaire ou encore de commissaire d’état, Alexis Tsipras n’avait pas d’autre mission que de rétablir une crédibilité politique dans la démocratie bourgeoise, rassurant par là toute la classe bourgeoise de l’EU qui craignaient une défection des urnes. L’inquiétude de la bourgeoise était d’autant plus grande au vu indéniable que les partis bourgeois classique sous leurs différents labels “socialistes“, “communistes“, “démocrates“, sont usés jusqu’au trognon après des lustres de bons et loyaux services dans la rapine sociale.
La venue au pouvoir du Syriza n’était qu’un plébiscite destiné à rétablir l'autorité de l'état, parce qu’il a su rebondir sur l’écœurement “populaire“ par une surenchère et ainsi monopoliser les voix visant à étouffer notre mécontentement et fermer toute perspective de lutte… La participation aux élections ou à un référendum sera toujours une victoire de l’État et sa démocratie et, une défaite pour nous prolétaires.
La préoccupation de la bourgeoisie est de maintenir et renforcer “l’unité nationale“, alors gauche, droite, extrême gauche ou extrême droite, qu’importe qui sera à la commande l'état, qu'importe que les gestionnaires soient élus ou cooptés (2). La stratégie est toujours la même, nous détourner de nos préoccupations de classe, en nous appelant dans cette circonstance a “nos devoirs de citoyens“, pour mieux camoufler nos antagonismes de classe.
  • Leur hantise est que nous commencions à nous organiser en dehors et contre eux, pour affirmer nos besoins contre la dictature de l’appareil capitaliste qu'ils gèrent !
  • Dénoncer Tsipras et son parti n’est en rien brisé les illusions sur la démocratie bourgeoise, bien au contraire, la lutte contre les gestionnaires des états bourgeois ou de leur tyran n'a aucun sens pour le prolétariat.
  • Alors bien sûr, nous pouvons cracher sur la gueule du Syriza et de Tsipras, mais les problèmes essentiels, ce sont les illusions entretenues sur l’État et sa sacro-sainte démocratie citoyenne, les élections, les référendums. Aidé pour cela par toute une clique de rabatteurs ! Partis de droites, de gauche, d’extrême-gauche, d’extrême-droite !
  • Qu'importe le vainqueur, l'important c'est la participation dans ce carrousel des vaincus !
Seule la lutte des classes contre nos exploiteurs et leurs organes d’asservissement (La démocratie politique : constitution, parlement et sa démocratie sociale : les partis, les syndicats) du capital, c'est-à-dire contre les organes de la contre-révolution qui engendre l'impuissance et les illusions politiques du prolétariat, parviendront à y mettre fin.

IL FAUT EN FINIR DE TOUTES LES ILLUSIONS ÉLECTORALISTES
C’est pour la classe ouvrière plus de misère, d’austérité, de répression et de guerres, il n’y a pas d’autre alternative que la lutte révolutionnaire pour la destruction de ce qui nous détruit. La dictature de l’économie capitaliste impose la nécessité de la destruction révolutionnaire de la société bourgeoise mondiale.
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Qu’étions-nous supposés trouver dans le programme d'un candidat du Syriza ou d'un autre parti assujetti à la démocratie politique bourgeoise ? Rien ! Rien d’autre qu’un programme représentant les intérêts de la classe bourgeoise et, il ne saurait en être autrement. (4)
Non, il n’y a pas eu de trahison, un simple tour de passe-passe, qui consiste à changer les gestionnaires à la tête de l’État pour préserver la dictature du profit et de sa démocratie.
  • Comme l’écrivait un certain K.Marx. « Là où il existe des partis politiques, chacun voit la cause de tout mal dans le fait que son adversaire est au gouvernail de l’État, et non pas lui. Même les politiciens radicaux et « révolutionnaires » cherchent la cause du mal non dans la nature de l’État, mais dans une forme spécifique de l’État qu’ils veulent remplacer par une autre forme d’État ».
Karl Marx, Gloses critique en marge de l’article « Le roi de Prusse et la réforme sociale, par un Prussien ». 1844.

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Ce n'est donc pas dans la critique de tel ou tel programme des politiciens de gauche ou de droite, que les communistes doivent orienter leur action, mais dans la dénonciation, démystification pure et simple de la nature de l'État en tant qu'instrument, exclusivement attribué à la défense des intérêts économiques de la classe possédante : la bourgeoisie ; attendu que l'État est par excellence l'appareil dont cette dernière s'est dotée. Dans cette circonstance, la démocratie ne peut donc être qu'un espace convenu par et pour le pouvoir économique et rien d’autre.
La démocratie bourgeoise est la forme la plus aboutie des dictatures de classe, puisqu'elle parvient à l'aide de son système électoral, à obtenir le consentement de la classe qu'elle exploite, jusqu'à l'acceptation totale de son esclavage. Le prolétariat atomisé puis abruti par les médias pour être ensuite dilué dans la bouillie citoyenne, de fait, il devient manifeste que toutes les élections s'opposent a de véritable lutte ouvrière et portent préjudice à son émancipation.
  • Certes, l’abstention par l’écœurement, le dégoût, le mépris, n'est pas en soi un acte révolutionnaire et ne constitue en rien nos ruptures d’avec la société du capital, un parti bourgeois peut très bien nous appeler a l’abstention !
Il n'empêche que le rejet social des prétendus « devoirs civiques citoyens » s’ajoutant à la désertion des syndicats, s'inscrit bien dans les préoccupations de la bourgeoisie et de ses gestionnaires.
  • Il est donc nécessaire que notre abstention soit un acte conscient ; et non celui de moutons. Abstention parce que ce n'est pas dans la démocratie, mais dans la lutte de classe que réside la fin des maux sociaux : exploitation, misère sociale, misère de notre identité de classe révolutionnaire si nous nous soumettons aux intérêts et aux diktats des partis, des syndicats, des gauchistes qui attendent leur tour en dignes héritiers des exploiteurs.
·         Il est nécessaire que notre abstention soit une abstention active ; parce que nous devons lutter contre toutes les manœuvres capitalistes d'abêtissement collectif et a leur cirque du "citoyennisme responsable" qui nous enfume en opposant la gauche à la droite du capital , ou encore  “la démocratie au fascisme“ qui ne sont que les deux faces d'une même pièce, en nous invitant à voter pour sauver la démocratie de nos exploiteurs, nous soumettant ces inepties comme vital, alors que c'est un problème qui réellement ne nous concerne pas !
Ou pire encore, pour exterminer une fraction de la population !

Qu'importe que l’armée de nos bourreaux soit en uniforme ou en civil ! Ce qui est importe, c'est de vivre et de vivre debout ! .... Et pour cela il n'y a qu'une solution pour l’humanité, pour toute la société : LA Révolution Sociale !
Aujourd’hui , la situation mondiale de notre classe est pour la moins confuse, déboussolée, sans réelle perspective, le manque de solidarité, de confiance, de luttes commune représente, pour toute la classe, une capitulation devant les intérêts de ses exploiteurs. Nous ne pouvons dans l’immédiat que lutter et dénoncer l’État et sa démocratie dont l'escroquerie politique, suintent le sang et la misère, cautionnés et gérés par les escroqueries des prétendus socialistes ou communistes, gauchistes et, autres saloperies de “la gauche radicale“ (qui ne vise que par des solutions étatistes), sans parler des syndicats autres fraction de l'État.

En Grèce, comme partout dans le monde les révolutionnaires doivent agir comme si le monde entier était un seul pays, il faut en finir avec toutes ces illusions dans le cirque parlementaire, de la comédie des partis bourgeois, mais aussi des syndicats qui n’ont d’autre fonction que de préserver la paix sociale et de négocier au plus offrant la vente de notre force de travail ou de nous jeter au rebut.
Seule l’audace, la détermination, la conscience et la volonté d’en finir par une lutte acharnée et sans concession, parviendront à résoudre mondialement le problème de notre classe, mais il faut pour ça impérativement étendre l’unification des luttes ouvrières par-delà les frontières, pour mettre à bas ce système qui ne nous promet que de sorts funestes en nous entraînant dans leurs gabegies et autres catastrophes humaines et planétaires.

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VIVE LA RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE MONDIALE !

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(1) Depuis près de deux siècles, nous pouvons constater que la bourgeoisie n’a rien à craindre (et pour cause) de mettre les gauchistes à contribution dans la gestion de leur affaire (à l’exception de quelques états aux conceptions encore moyenâgeuses), nous pouvons le constater davantage encore en France par le nombre de serviteurs dévoués au capitalisme, les plus beaux fleurons, que nous ont été donné par le courant trotskiste et maoïste qui se trouve aujourd’hui dans le gouvernement d’Hollande et hier dans celui de Mitterrand. Il en est de même dans le reste du monde : Amérique du Sud avec Chávez au Vénézuela, Lula da Silva Parti des Travailleurs du Brésil (puis celle sous la houlette de l’ex-« guérillera » Dilma Roussef), Evo Morales en Bolivie, et aujourd’hui la troïka PTS- FIT et le PO parti trotskiste de Nicolas del Cano en Argentine qui affûte ses couteaux. La relève est là aussi en Europe avec Pablo Iglesias du Podemos constitué des «néo-indignés», en Espagne, Beppe Grillo du M5S (parti des cinq étoiles) en Italie, Die Linke en Allemagne, NPA, Mélenchon, Montebourg en France, tous surf sur la vague de l’écœurement vis-à-vis des classes politique, dénonçant ici et là le bipartisme ou encore la corruption généralisée du pays et la misère de ce “Pôvre Peuple“.
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 (2) Pour preuve, l’offensive de la bourgeoisie au pouvoir n’a jamais été aussi inspirée dans sa propagande citoyenne. On peut dire que l’attentat de Charlie a boosté le “citoyennisme laïque“. Patriotisme a outrance, leçon de civisme et de morale a l’éducation nationale, les lycéens auront désormais un "parcours citoyen" un nouvel enseignement moral et civique de 300 heures de l'élémentaire à la terminale. L’armée propose un service civique, l’entraide citoyenne, commémoration patriotique à tout-va, bourrage de crâne médiatisé et relayé par ces prétendus philosophes, économistes, historiens et autres curés, tous plus réactionnaires les uns que les autres. Toutes les bravoures du citoyen lambda sont aussitôt récompensées par les hochets de la république et diffusées en "prime time" sur toutes les chaînes et, en boucles sur les chaînes d'info en continu jusqu'à la nausée.

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(3) En dehors de ses luttes, la classe ouvrière se trouve embastillée, illusionnée  dans le jeu des partis politiques et, ne peut donc manifester son mécontentement que dans le cadre démocratiquement imposé, c'est-à-dire celui des syndicats qui, malgré une forte défection, n'en est pas pour autant absent de son activité contre-révolutionnaire, animé par les gauchistes et leur prétendu syndicalisme de base  (…) Pour pallier à cette défection d'adhésion syndicale, l'état n'a rien trouvé de mieux que d'imposer les syndicats par une loi du 1ER janvier 2015 art. L. 2135 qui rend les syndicats obligatoires par 'une cotisation unique de 0,014% répartie entre les syndicats d'employeurs et les salariés. Autrement dit, une cotisation obligatoire prélevée sur l'ensemble des salariés. Il est vrai qu'auparavant les syndicats étaient financés par l'Union des industries des métiers de la métallurgie (UIMM, syndicat des patrons, l'un n'empêchant pas l'autre de continuer) Aujourd'hui plus que jamais  on ne peut que réaffirmer la véritable nature des syndicats comme étant une fraction de l’état capitaliste au sein de la classe ouvrière.

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(*) Il n'est pas question pour nous d’émettre des critiques sur le contenu du programme du Tsipras, ni d’appuyer ou de justifier nos positions par rapport a des articles d’un groupe de dix-huit économistes distingués (incluant deux lauréats du Prix Nobel et un ancien membre du Comité de politique monétaire d’Angleterre) parut dans le Financial Times, approuvant des aspects de la politique économique de Syriza ….comme le fait le CCI en France,  pour "prouver" la nature bourgeoise du Tsipras et de son candidat. (La critique de l'économie capitaliste et de l’État a suffisamment été faite). L'activité des communistes est totalement déterminée par l’antagonisme fondamental entre bourgeoisie et prolétariat, et ce dans tous les pays du monde.

13/01/2015

QUE CHARLIE HEBDO PARDONNE A SES ASSASSINS CE N’EST PAS EN FAIRE DES VICTIMES, MAIS DES SAINTS AU PIRE DES COMPLICES !

ET MAINTENANT  SI L'ON PARLAIT DU DJIHADISME SOCIAL ! 
DE CEUX  QUI  IMPOSENT UNE CHARIA
A 
50 MILLIONS DE CHÔMEURS DANS LES PAYS  DE L'OCDE,
EUX NE NOUS TRAITENT PAS DE MÉCRÉANTS..., MAIS DE FRAUDEURS ET DE FAINÉANTS !.
   NON  A L'UNITÉ NATIONALE  
VIVE L'UNITÉ  INTERNATIONALE DES PROLÉTAIRES

Vous aurez bien du mal à nous faire croire que cette brochette de chefs d’État  se sont déplacés que pour un dernier hommage aux membres d’un Charlie hebdo aux dessins plus potache que subversif ! Ils ont profité d’une émotion, d’une compassion  humaine pour bonnement confisquer la marche des « JE SUIS CHARLIE » pour mieux vous faire cautionner l’ensemble de leurs politiques criminelle et antisociale !
Ils ont profité d'une manifestation confondue d’humanité pour la tronquer en citoyenneté, jusqu'à vous faire psalmodier leur funeste chant Patriotique, où le seul couplet retenu n’était autre que celui de voir «qu’un sang impur abreuve nos sillons ». Ce n’est pas à une classe en colère qu’ils sont venus rendre hommage, mais au succès d’un gouvernement et en sa capacité d’anesthésier, d’embrigader une classe, par la plus belle des démonstrations en faisant défiler main dans la main « les  victimes et leurs assassins », une humanité, une classe dupée jusqu'au trognon ! »  à en vomir de honte en voyant une foule en délire embrassant une “police devenue légitime, démocratique“  servant un brave "peuple souverain"!
Manipulez, vous l’avez été comme le sont tout autant les fous cagoulés par les appareils d’États avec ou sans nation comme l'État islamique ou encore la Palestine et leurs services secrets, capable d’enrôler autant d'âmes simples recrutées dans les banlieues de France ou dans les bas quartiers des médinas et  encore d’intellectuels recrutés dans les meilleures universités occidentales.
Museler la colère sociale, par le terrorisme, ne sert qu’à cela ! Semer la terreur, jouer sur nos peurs irrationnelles pour paralyser toutes initiatives de classe. Pour faire passer des lois de censure et d'austérité encore plus accrue, rejeter la responsabilité de la faillite d’un système mondiale pour préparer les va-t-en-guerre de tout poil, affublés des Cyber patriotes d’Anonymous.
Penser qu’une guerre serait envisageable serait-il exagéré ? « Certes non, au vu du nombre de victimes, de la brutalité des attaques, de l'ampleur de la riposte. Mais après de nombreuses expériences plus ou moins réussies, Les tenants  de ce monde ont bien appris que l'on gagne une guerre d'abord à l'arrière : soumission et production en sont les deux mamelles ». 1 
Tout cela parce qu’il est difficile d’éliminer la violence sous toutes ses formes qu’elle soit sociale comme  « la misère des 48 millions de chômeurs des pays de OCDE, de ceux qui crèvent de faim et plus encore odieusement de froid  » comme  par celle causée par la mitraille ! Sans s’en prendre à ses causes réelles, parce qu’effectivement  notre ennemi règne partout sur le globe « le capitalisme mondial » ainsi que toutes ses formes d’impérialisme, des plus barbares dictatures cagoulées en djihadistes aux plus hypocrites des dictatures masquées d'un sceau démocratique.   
Que Charlie hebdo pardonne à ses assassins ce n’est pas en faire des victimes, mais des saints au pire des complices …   À chacun sa conscience de classe, ce n’est pas la nôtre !
Non la lutte de classe est toujours là et nous la continuerons parce que nous sommes contre toute la société, ses règles et ses comportements imposés et que nous luttons  pour son renversement et sa disparition définitive. Nous ne nous attaquons pas à ses "excès". Nous affirmons le besoin de la révolution sociale. Nous voulons détruire cette infâme société pour bâtir la communauté humaine.
PROLÉTAIRES DE TOUS LES PAYS UNISSONS-NOUS,
SUPPRIMONS LES ARMÉES, LES POLICES, LES FRONTIÈRES,

LA PRODUCTION DE GUERRE, LE TRAVAIL SALARIÉ !

Lire: Tapis de bombes, de prières, de dollars... a genoux !

04/12/2014

ISRAËL – PALESTINE + DU PAREIL AU MÊME DE G.MUNIS


Suivi d'un article  
"DU PAREIL AU MÊME" 
de  G. Munis
Introduction

Les bouffonneries qui se rangent derrière une reconnaissance d'un État palestinien et autre poison nationaliste, pourraient bien donner lieu à des perspectives encore plus barbares que les précédentes. Méfions-nous des nobles causes, surtout quand celles-ci sont adossées à des droits des “peuples“, ils pourraient bien déboucher sur un dangereux mélange des genres et conduire les prolétaires dans une troisième boucherie mondiale !  États futurs ou existants, créés au nom d'un « droit Divin » octroyé par ces entités terroristes juives ou musulmanes, manipulé par les deux grands blocs impérialistes et aujourd’hui par certains pays arabes* pour assurer leur propre domination mondiale, tout cela doit être dénoncé pour ce qu’ils sont, des bagnes et le plus souvent des cercueils pour les prolétaires. L’histoire des Nations n’a jamais été  autre chose que l’histoire du terrorisme et des rapines. N'est-ce pas les nations qui créer et finance les  Hamas, Daesh, Al-Qaeda et Boko Haram ! Soutenir l'un des deux camps au nom d'un "droit ", c'est tomber dans le camp ennemi. Si les prolétaires n’ont pas de patrie, ils doivent rejeter toutes les chaînes que leur tendent ces hyènes sanguinaires, tous ces vampires de plus-value. Le prolétariat n’a qu’un seul combat à mener celui de son émancipation qui passe par l’abolition de toutes les nations.  
A BAS TOUTES LES NATIONS DU MONDE
UNIFIONS NOS LUTTES DANS  UN MÊME COMBAT  CELUI DE NOTRE POUVOIR DE CLASSE
SANS PATRIE SANS FRONTIÈRE.
****
Du pareil au même
G. Munis
(Traduit de l’Alarma N° 14, septembre 1982)
La sagesse populaire qui se dégage du propos moqueur choisi ici comme titre, devait suffire pour définir la sanglante bagarre israélo-palestinienne. Cependant, par les temps qui courent, une telle sagesse paraît science hermétique, non précisément pour les gens de peu de culture, mais pour l’esprit des savants et de la gent culte, pour toute cette ripopée de partis, syndicats, intellectuels de gauche. La dégradation des idées politiques et sociales est arrivée à un tel point, que les termes et concepts signifient presque toujours de fait le contraire de leur contenu réel, sain. Le cas de la “révolution” palestinienne n’est que le plus récent d’une longue liste d’appâts destinés à recruter de la chair à canon quand il s’agit de la lutte armée ou bien une masse moutonnière la servant.

Dans ce cas également, la préparation de la grande extermination humaine, façonnée sans équivoque possible par les deux grands blocs impérialistes, est implicite.

Un bref rappel : depuis la fin de la dernière guerre mondiale – sans aller plus loin – nous avons assisté à ce qui est arrivé en Chine, au Vietnam et dans le reste de la péninsule indochinoise, à Cuba, en Algérie, en Angola, au Bangladesh, au Yémen, en Ethiopie et autres Nicaragua de moindre importance. Invariablement, les cris de toute cette ripopée de pseudo-gauchistes sont : “indépendance nationale”, “révolution” et même “socialisme” ; la nourriture constante est : “à bas l’impérialisme !”. La réalité, une fois les nouveaux régimes installés, a été diamétralement opposée. Il n’y a eu ni révolution, ni socialisme, et l’indépendance nationale n’a été qu’une dépendance vis-à-vis de l’autre empire et parfois même un retour effronté ou dissimulé au premier. A l’intérieur de chacun de ces pays, exploitation du prolétariat et despotisme politique se sont accrus comme seul moyen d’étayer les pouvoirs résultant de la réorganisation du capitalisme dans sa forme étatique partielle ou complète. De sorte que la foule d’excités qui leur donna la main pour les hisser jusqu’à l’Etat est coupable de complicité. Foule complice de leurs incontestables crimes sanglants, aboutissement de leur crime principal, leur nature réactionnaire tant sur le plan économique que politique.

Ces mêmes excités se pavanent avec leur gauchisme et leur générosité, etc. en répétant leurs cris, c’est-à-dire leur escroquerie qui n’est pas qu’idéologique en faveur d’un futur Etat palestinien. Comme si l’escroquerie n’était pas évidente, ses auteurs apparaissent en plus en compagnie de toute l’ancienne canaille réactionnaire mondiale, exceptée la canaille israélienne. Depuis les dirigeants russes et leurs proches jusqu’aux esclavagistes d’Arabie Saoudite et autres champs pétrolifères, les néo-nazis et l’impérialisme américain en passant par ceux qui se disent de gauche, trotskistes et anarchistes inclus, l’action mondiale est en faveur de la Palestine[1].

Qu’une telle action ait pu se produire s’explique – cause générale – par la situation d’un monde socialement embourbé, avec un grand retard par rapport aux possibilités de transformation radicale qui existent en son sein, par une situation globalement réactionnaire donc. Deuxièmement elle s’explique - cause particulière - par les gisements de pétrole du monde arabe et par l’importance stratégique territoriale des pays ainsi dénommés. Ces deux facteurs sont des enjeux de première importance pour les deux blocs militaires en vue de la troisième guerre mondiale ou en vue d’autres guerres inter-impérialistes secondaires, celles qui ont eu lieu par clients interposés.

Depuis de nombreuses décennies, tout progrès ou développement de la société s’avère impossible par voie nationale. Que les promoteurs de l’indépendance invoquent Allah à quatre pattes, Jéhovah en se tapant la tête contre le mur des lamentations, la version chrétienne ou bien Marx et la révolution athée, cela ne change rien. Et les résultats, en cas de victoire et indépendamment de la bonne foi de ceux qui servent de chair à canon, sont contraires à l’émancipation de la grande masse pauvre. Comme l’a dit le Ferment Ouvrier Révolutionnaire de nombreuses fois, l’existence même de ces luttes présuppose l’inactivité même des exploités, l’élimination de leur lutte de classe, en faveur de leurs exploiteurs. Et voilà pourquoi, du “pareil au même” au singulier et au pluriel, est devenu la première devise de l’alphabet révolutionnaire. Celui qui ne ressent pas un profond mépris – aujourd’hui jusqu’à la nausée – pour tous ces protagonistes et défenseurs de pseudo-indépendantisme, tombe intentionnellement ou inconsciemment dans le camp ennemi.

Il faut le dire sans tergiversation et à plein poumon : les palestiniens n’ont pas le droit de se constituer en nation, à posséder un territoire et un Etat. Le droit capitaliste finira pas les lui concéder d’une manière ou d’une autre, avec même le consentement d’Israël. Mais c’est précisément de droit qu’il s’agit d’abolir pour pouvoir parler sans escroquerie de révolution. La preuve irréfutable de ce qui vient d’être dit est donnée par Israël même, le peuple persécuté par excellence, celui de l’“holocauste” nazi, le peuple “sans distinction de classe”, image du pauvre juif errant battu depuis la domination religieuse du christianisme. A peine constitué en entité nationale, il organise un Etat semi-théocratique, ultra-équipé militairement, comme les grandes puissances, dépendant d’un des blocs impérialistes, et incapable, par exclusivisme nationaliste et étroitesse mentale de “peuple élu”, d’offrir à ses cohabitants palestiniens une meilleure situation économico-politique que celle qui existait avant l’établissement de l’Etat israélien. Cela lui aurait été facile sans même rompre avec sa propre étroitesse hébraïco-capitaliste. Le “problème palestinien” aurait cessé d’exister comme tel. Alors serait apparue clairement la possibilité immédiate – expression de la nécessité sociale – d’une lutte a-nationale comme aux travailleurs israéliens et palestiniens contre leurs exploiteurs dont la personnalisation humaine actuelle est celle de Begin et Arafat, et représenté idéologiquement par le judaïsme et l’islamisme.
Eviter que la nécessité sociale ne se transforme en possibilité pratique est ce dont il s’agira toujours et dans tous les cas, pour tous les crieurs concernés : gouvernements, partis et syndicats, unis ou divisés. 

Il va de soi, d’après ce qui vient d’être dit, que les juifs non plus n’avaient le droit de vivre où il leur plaisait et particulièrement là où leurs ancêtres habitaient avant la diaspora ; de même que les palestiniens arrivés par la suite sur le même terroir. Créer une Nation, c’est avant tout organiser l’exploitation dans des frontières déterminées et se donner la possibilité d’exploiter en dehors même de ces frontières. 



[1] Rappelons-nous : Franco était également un tenant de la “cause” palestinienne et arabe en général, tout comme le sont ses descendants à la sauce européenne.

Quelle que soit la raison véridique que l’on allègue d’un point de vue national, les conséquences qui en résultent ne sont pas fausses mais contraires au devenir historique, elles sont superlativement réactionnaires. Il n’est d’imaginable que la solution qui consiste à arracher les bornes et supprimer les patries. Et donc arracher les instruments de travail au capital apparaît comme une nécessité simultanée.
Seules ces mesures initiales, et non des agencements ou des trifouillages, constituent ce qui s’appelle révolution. A défaut de révolution, l’escroquerie sociale est permanente, les tueries comme celles de Beyrouth ou de la rue de Rosiers à Paris ne cesseront pas, sauf capitulation d’un des camps. Hormis le degré de répulsion, dans les deux cas la bande des victimes est autant coupable par sa politique réactionnaire, que la bande des victimaires.
Il n’est pas nécessaire d’imaginer la révolution dont parle sans arrêt l’OLP. Les modèles qui lui sont offerts abondent dans et en dehors du monde islamique ou arabe. Le plus draconien et dont on parle le plus, l’Iran, est celui qui possède toutes les caractéristiques négatives des autres dans tous les domaines – politique, économique, culturel. On ne parle comme d’une révolution, et la presse mondiale reproduit l’appellation, alors que son premier pas fut contre-révolutionnaire. L’odieux et sanguinaire régime du Chah suscita un soulèvement général, mais encadré par le sacerdoce islamique et inspiré par le Coran ; Mollahs et Ayatollahs imposèrent sur le champ un régime encore plus odieux et sanguinaire que le précédent. La bestialité théocratique de Khomeiny et de ses bandes de cléricaux, de flics et d’assassins, armature de l’Etat, allie l’ancienne barbarie coranique à la barbarie de la science moderne à son service. Qu’une telle chose ait pu se produire prouve à quel point les “du pareil au même” dominent et manipulent le monde à leur guise. Les soutenir directement ou indirectement, pratiquement ou seulement verbalement, c’est trahir la cause du prolétariat.

                                                                        (Traduit de l’Alarma N° 14, septembre 1982)