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25/10/2015

LE BÉNÉFICE DES UNS FAIT LE CHÔMAGE DES AUTRES !


Voilà bien la réalité du monde capitaliste décadent. Ces messieurs nos exploiteurs, sous couvert d'une soi-disant crise économique mondiale qu'ils comparent à la crise de 29 (autant comparer un dinosaure et une souris) ne cessent de pleurnicher, appelant le peuple français à se sacrifier, à la solidarité nationale et autres tromperies cyniques. En fait, la croissance du capitalisme continue (bien que plus lentement), et ce, au détriment de la société. Ce n'est pas seulement la soi-disant crise économique de surproduction qui amènerait misère et chômage (il ne faut pas oublier qu'une telle crise serait catastrophique avant tout pour le capital), mais la croissance même du système.

Aujourd'hui, pour lui, ça va relativement bien économiquement c'est pour nous que ça va mal. La chansonnette suivante est bien connue: «Ne réclamez pas trop car l'entreprise est en déficit; en vouloir trop serait la faillite, donc le chômage". C'est un moyen fort pratique pour faire taire les gens, et les syndicats ne s'en privent pas. Ce qu'il faut savoir c'est que même si l'entreprise fonctionne bien et le système dans son ensemble également, les besoins de la compétitivité entraînent également des licenciements et du chômage.

Les moyens techniques actuels ne peuvent être valables que si l'on change les rapports de production, si on en finit avec le travail salarié. Nous n'avons pas à nous préoccuper du bon ou du mauvais fonctionnement d'une entreprise, notre problème n'est pas de lutter contre une prétendue crise économique, mais contre l'exploitation et la misère capitaliste. En fin de compte, lorsqu'on lit les revues de ceux qui, tant bien que mal, se proclament révolutionnaires, «experts » en matérialisme historique et dialectique, brandissant la citation de Marx qui les immunises contre toute critique, nous sommes contraints de constater une chose: chez tous ces possesseurs du savoir révolutionnaire, en fin de compte, s'il faut détruire le capitalisme, c'est parce qu'il est en crise économique irréversible, parcequ'il n'y a plus croissance des forces productives possible mais au contraire un ralentissement qui rapidement l'amènerait à la croissance zéro.

Et bien, nous, nous disons non. Le prolétariat, dès son apparition, avait pour tâche la destruction du capitalisme, car il était et est encore la seule contradiction susceptible de transformer la société.

Le prolétariat n'est pas révolutionnaire qu’historiquement parceque le capitalisme est incapable de développer les forces productives, mais au contraire parceque dès le début la croissance des forces productives se réalisait grâce à son exploitation. Si aujourd'hui les conditions pour la victoire de la révolution communiste mondiale sont mûres, et archi-mûres, c'est d'une part parceque le prolétariat s’est déjà manifesté en tant que classe révolutionnaire mondiale, et parceque la croissance même des forces productives est entrée en contradiction avec le développement social. Le seul développement possible aujourd’hui, passe par la destruction de tous les rapports sociaux existants.
  
[Article paru dans Alarme No5 JUIL.-AOUT-SEPT.79]



16/10/2015

PROLÉTARIAT ET CONSCIENCE DE CLASSE, AUJOURD’HUI

PROLÉTARIAT ET CONSCIENCE DE CLASSE, AUJOURD’HUI
[Paru dans Alarme N°3 Jan.Fev.Mars 79]

"Le prolétariat est révolutionnaire ou il n'est rien". Oui, s'il est vrai que le prolétariat est la classe révolutionnaire qui en s'émancipant émancipera l'humanité entière détruisant à jamais la société divisée en classe, il ne I‘est qu’*historiquement. Tant qu'il n'agit pas subversivement il n'est rien, c'est à dire qu'il nie sa potentialité révolutionnaire soumis au trio Etat-Capital-syndicat qui poursuit sa route effrénée vers une barbarie chaque fois plus grande.
La bourgeoisie occupait en tant que classe à la veille de la révolution bourgeoise le premier rang dans la société de par sa richesse et sa culture face à une aristocratie en pleine décadence dont la domination ne correspondait plus au niveau atteint par les forces productives en plein essor et constituait autant d'entraves pour le progrès social. La bourgeoisie s'appuyant sur les classes pauvres balaya à tout jamais l'Ancien Régime.

Or qu'en est-iI aujourd'hui pour le prolétariat vivant dans un monde capitaliste en pleine décadence (voir impossibilité de développement capitaliste, Alarme n°2). Contrairement à la bourgeoisie du 18ème s. il n'a ni richesse ni culture, et sa place n'est prépondérante dans nos sociétés que dans la mesure où il se vend et reproduit ainsi les conditions objectives de sa propre exploitation et donc de la continuité du monde qui l'exploite. Il est la dernière classe de l'histoire, la synthèse de l'exploitation de l'homme par l'homme, et travaille dans une société qui proportionnellement à sa croissance le rend de plus en plus misérable à tous les points de vue; misérabilisme culturelle qui en première instance rend la transformation communiste de la société beaucoup plus difficile aujourd'hui qu'hier.

Tous les concepts communisme, socialisme, internationalisme, révolution sociale etc..., qui à une certaine époque représentaient quelque chose de vivant au sein de la classe historiquement révolutionnaire ont été à tel point déformés qu'ils ne suscitent aucun enthousiasme. C'est l'œuvre meurtrière de 40 ans de contre-révolution à la tête de laquelle se trouvent les partis staliniens suivis par leur chien de plus en plus fidèle l'extrême gauche qui ne cesse de réclamer une place légitime au sein du mouvement anti-ouvrier. S'ajoute à cela l'action du syndicat qui soit provoque des grèves de 24h pour démontrer sa force d'encadrement au capital, soit détourne et interrompt brusquement les grèves qui pourraient s'avérer dangereuses pour le bon fonctionnement du système basé sur le travail salarié dont il est le fervent défenseur dans les usines. Le syndicalisme dépend de l'existence du travail salarié dont il se nourrit, et nous ne parlons pas ici seulement des pays dits socialistes ou il fait partie intégrante de l'Etat et où donc la bureaucratie syndicale profite directement de là plus-value soutirée de la force de travail !

Aujourd'hui, la majorité des grèves sont des grèves misérables qui loin de démontrer la combativité révolutionnaire du prolétariat marquent en fait sa profonde soumission. Certes le prolétariat applique la lutte de classe mais ceci de par sa propre nature puisqu'il est une des contradictions du système. Mais rares sont les fois où il s'oppose au capital de manière consciente. Les grèves d'aujourd'hui pour la grande majorité des cas sont en fait des NON-GRÈVES qui loin de faire trembler le système dans son ensemble, le renforcent. En effet quelle conscience révolutionnaire peut être réveillée dans des "grèves" de 24h ou limitées par les appareils syndicaux, quel enthousiasme, quelle combativité peuvent bien ressortir d'un prolétariat qui a le chemin tracé pour ses manifestations et dont les occupations d'usines feraient rougir le prolétariat du siècle dernier. En fait, à l'exception de quelques grèves sauvages (peu nombreuses dans le monde entier), le prolétariat ne combat pas sur le terrain de classe.

En schématisant nous obtenons la situation suivante: un prolétariat de plus en plus ignorant de son propre passé de classe révolutionnaire, de fortes organisations anti-ouvrières syndicats, P"C", P"S", L"C""R",, 0"C" "I" (1) etc… qui savent tenir les gens et leurs propres troupes dans les rangs, et des organisations révolutionnaires faibles, très faibles qui contrairement à ce que certaines croient ne pèsent vraiment pas lourd dans la balance.
Notre devoir et besoin de révolutionnaires n'est pas de nous gargariser à chaque fois que le prolétariat d'un endroit donné essaye de briser les chaînes que lui posent toutes les organisations dont nous avons déjà parlé, mais de lutter pour étendre ce type d'actions, de semer la subversion partout, et non pas d'être une organisation qui attende le jour “J“ pour diriger le prolétariat vers le paradis construit artificiellement dans son cerveau irréprochable.

La nécessité d'une ou de plusieurs organisations est incontestable et représente dans tous les cas une arme que nous n'avons absolument pas à rejeter bien au contraire. Mais la question qui se pose est la suivante: quel type d'organisation, quel doit être son rôle avant, pendant et après la révolution. Thème que nous n'exposons ici que très brièvement.

Sont à rejeter, l'expérience historique du mouvement ouvrier le prouve:

1°- La conception bolchévique de I ‘organisation: centralisme démocratique qui empêche les tendances minoritaires de s'exprimer en tant que telles à l'extérieur du Parti, celles-ci étant obligées de se soumettre à la majorité, et la conception du  révolutionnaire professionnel.
2°- La conception bordiguiste du Parti qui se prétendant le Parti historique du  prolétariat n'entrevoit la révolution que par lui. Son centralisme organique, où le droit de tendance est supprimé, est à bannir tout centralisme démocratique du bolchévisme. De même est à bannir l'identification qu'établit le bordiguisme entre dictature du prolétariat et dictature du Parti.

La classe ouvrière doit cesser de subir l'histoire pour la faire et cela en tant que sujet conscient. Elle n'admet donc aucune camisole de force.

Toute prise du pouvoir par une ou plusieurs fractions organisées de la classe, pour aussi révolutionnaires qu'elles soient, conduirait à l'échec de la transformation communiste de la société.
L'organisation révolutionnaire est basée sur un ensemble de positions politiques en relation avec l'analyse globale de la période ce qui implique qu'elle ne peut avoir de programme invariant et donc que ses positions sont profondément dynamiques. Elle a pour but de pousser le prolétariat à l'action révolutionnaire, de pousser au réveil de sa conscience de classe et à sa généralisation, d'aider le prolétariat et dans sa lutte quotidienne aujourd'hui et dans la révolution en tant que fraction plus consciente de la classe, liée à la classe.

                                                                    Alarme N°3 Jan.Fev.Mars 79

(1)     OCI, aujourd'hui Courant communiste internationaliste=Parti des travailleurs le "PT"

         LCR dissous en 2009 dans le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA).

15/10/2015

RÉAFFIRMATION


Article paru dans L'Arme de la critique N°1 - MAI 1985

Plus les années passent depuis plus la révolution espagnole prend de l'importance. Elle fut plus profonde que la révolution russe et plus ample par la participation humaine; elle éclaire des comportements politiques jusque-là flous et projette dans le futur d'importantes modifications tactiques et stratégiques. De sorte que, dans le domaine de la pensée, seules de méprisables imitations de théorie peuvent être élaborées, si on fait abstraction de la contribution de la révolution espagnole, précisément dans les aspects où elle contraste, en la dépassant ou en la niant, avec la contribution de la révolution russe.
La révolution balaya en Espagne les structures de la société capitaliste dans le domaine économique, politique et judiciaire, créant ou initiant des structures propres. Ce qui était donné par la spontanéité du devenir historique s'est converti de potentiel en réel, dès que, obstacles à sa manifestation, les corps de coercition furent dispersés. Ainsi, la révolution se profila sans équivoque, dès le premier instant, comme prolétarienne et socialiste. La révolution russe n'a pas détruit la structure économique du capital, qui ne réside pas dans le bourgeois ou le monopole, mais dans ce que Marx appelait la relation sociale capital-salariat ; après un instant de vacillement, elle fut transformée de privée en étatique, et le judiciaire et le politique réajustèrent ensuite autour d'elle et pour .elle, ainsi que les corps répressifs, armée nationale ' comprise, jusqu'à ce que le rapport capital-salariat acquière la virulence qui continue de le distinguer aujourd'hui. Ce fut donc une révolution démocratique ou permanente, effectuée par un pouvoir prolétarien, et morte en tant que telle avant d'arriver au stade socialiste qui l'a suscitée et auquel elle aspirait. Par conséquent, elle ne fut pas autre chose qu'une révolution politique. Et si eu cet aspect elle fut plus profonde que la révolution espagnole, la persistance du sus-nommé rapport social capitaliste a donné à la contre-révolution la facilité d'être politique aussi, et bien cruelle, à proportion de la pression de la révolution mondiale. Les deux caractéristiques ont été falsifiées à l'envie, à tel point que ces mensonges exercent aujourd’hui une influence délétère.
Précisément quand la révolution atteignait son sommet en Espagne, en 1936, la contre-révolution stalinienne consolidait en Russie son pouvoir pour de longues années, avec l'extermination de millions d'hommes. Par conséquent, son rameau espagnol eut délibérément, à partir du 15 juillet, un comportement, de porte-drapeau de la contre-révolution, caché au début puis ouvertement à partir de mai 1937, Avec une totale préméditation et d'après les ordres stricts de Moscou, il s'est lancé contre un prolétariat qui finissait d’achever le capitalisme. Ce fait, attesté par des milliers de documents staliniens de l'époque, représente une mutation réactionnaire définitive du stalinisme extérieur, en consonance avec la mutation antérieure de sa matrice, le stalinisme russe.
Un réflexe conditionné des débris de la IVe Internationale et d'autres qui la dédaignent, assigne au stalinisme un rôle opportuniste et réformiste, de collaboration de classe, comparable à celui de Kerensky ou Noske. Erreur grave, car le stalinisme a dirigé politiquement la contre-révolution, l'a mise à exécution avec ses propres armes, ses propres sbires et sa propre police en uniforme et secrète. Il s'est détaché immédiatement comme le parti d'extrêmes-droite ([réactionnaire dans la zone rouge, indispensable pour annihiler la révolution. De même qu'en Russie, et bien avant l'Europe de l’Est, la Chine, le Vietnam, etc, le prétendu Parti Communiste a agit comme propriétaire du capital, monopolisé par son Etat. Il est impossible d'imaginer une politique plus définitivement anti-communiste. Loin de collaborer avec les partis républicains bourgeois ou avec le parti socialiste qui avait encore une tournure réformatrice, ce furent ces derniers qui collaborèrent avec lui, apparaissant à sa gauche comme des démocrates traditionnels, les uns comme les autres étaient atones et serviles, contemplant l'habileté antirévolutionnaire consommée d'un parti qu'ils faisaient toujours reconnaître communiste. Mais ils laissaient faire car avec toute leur habileté, ils fléchissaient devant la marée ouvrière.
Comme on l'a vu dans le dernier chapitre de ce livre, le gouvernement Negrin-Staline fut loin d'avoir les caractéristiques d'un de ces gouvernements de gauche démocratico-bourgeois, vacillants entre une révolution à laquelle ils s'opposent et une contre- révolution qu'ils craignent et qui succombent face à la poussée de l'une ou de l'autre. Ce fut un gouvernement très fort, dictatorial;- et le premier hors des frontières russes, du nouveau type de contre-révolution capitaliste d'Etat caractéristique du stalinisme. Cette particularité dès avant le Front populaire, fut mise en évidence pour la première fois en Espagne, et a acquis depuis un caractère définitif. Tous les cas postérieurs le confirment de l'Allemagne de l'Est et la Yougoslavie, jusqu'au Vietnam et la Corée. Quel que soit le lieu où ce pseudo-communisme accapare le pouvoir, le prolétariat est ligoté, écrasé s'il résista, le capital et tous les pouvoirs se fondent dans l'Etat, et la possibilité même de l'évolution sociale disparaît pour un temps indéfini. Et ce n'est pas le visage hominidé –et non pas humain- maquillage créent des Carillo, Berlinguer, Marchais et autres, qui va changer ses intérêts fondamentaux, émanant de et coïncidant avec la loi de concentration des capitaux.
Un changement secondaire, mais important aussi et non moins définitif, s'est opéré dans les partis socialistes avec la révolution espagnole. Ils ont cessé de se comporter comme des partis ouvriers réformistes, pour s’intégrer sans réserve à la politique bourgeoise ... ou à celle du capitalisme d'Etat à la Russe, selon la pression dominante. Ils continuent à parler de réformes, mais il s’agît de celles qui conviennent le mieux à la survie du système capitaliste, et non de celles que l'authentique réformisme croyait pouvoir lui imposer, législativement, pour arriver évolutivement à la société sans classes en s’économisant la révolution . Le  réformisme  a donc été réformé par le capital.
Léon Blum l'a avalisé en reconnaissant qu'a l'avenir, lui et les siens ne pourraient être que “ de bons gestionnaires des affaires de la bourgeoisie". L'extraordinaire mouvement de la révolution de 1936, en agglutinant la convergence réactionnaire de l'Orient et de l'Occident, précipita aussi ce résultat, qui menaçait depuis 1914.
Quant à la tactique, la révolution espagnole infirme ou dépasse de loin celle de la révolution russe. Ainsi, la revendication d'un gouvernement sans bourgeois, dans le cadre de 1' Etat existant, si utile en Russie pour faire enlever le pouvoir aux soviets, n'avait pas de sens en Espagne et aurait eu un effet nul. Il en est de même pour le front unique des révolutionnaires avec les organisations situées immédiatement à leur droite. Lee bolchéviques le pratiquèrent, même avec Kerensky à des moments précis, toujours positivement. Mimer cette tactique en Espagne revenait à 6e jeter dans la gueule du loup et à contribuer à la défaite de la révolution. Ceux qui l'ont fait nous en ont laissé la plus tragique et irréfutable des preuves. C'est que, dès le début la menace la plus mortelle pour la cause révolutionnaire et pour la vie-même de ses défenseurs, provenait du parti stalinien ; les autres ne furent que des collaborateurs de second plan.
Le mot d'ordre "contrôle ouvrier de la production", encore en vogue parmi les gauchistes attardés, s'avéra très dépassé par les faits révolutionnaires, eux-mêmes principale source de conscience. Sans transition les travailleurs exercèrent la gestion de l'économie à travers les collectivités, bien que leur coordination générale fût obstruée et empêchée, par un Etat capitaliste se reconstituait dans l'ombre avec la participation de la CNT et de l'UGT. Au terme de cette reconstitution, la classe ouvrière fut expropriée et le pacte CNT-UGT qui en résulta fit des deux centrales les piliers d'un capitalisme d'Etat. Mais avant d'y arriver, le contrôle ouvrier de la production (de fait étatico-syndical) fut une manœuvre indispensable pour arracher progressivement la gestion aux travailleurs.

 C'est un service identiquement rétrograde qu'aurait rendu ce qu’aujourd’hui on appelle autogestion simple variante du premier en fait. Ce qui apparut de façon plus convaincante encore que dans d’autres pays, c’est l'impossibilité pour le prolétariat de contrôler l'économie capitaliste sans y être pris comme un rat dans un piège. Si la gestion est le pilier du socialisme, le contrôle (ou l'autogestion) est le dernier recours du capital en danger ou sa première reconquête dans des circonstances comme celles de l'Espagne de 1936.

La répartition des latifundios en petits lots n'a également servi que comme expédiant rétrograde, mesure aussi anachronique de nos jours que le serait la division des grandes industries en de multiples petites fabriques. D'autre part, organiser des Kolkhozes ou leur équivalent chinois, "communes agraires", c'est imposer une prolétarisation de la campagne correspondant au capitalisme d'Etat. Ces deux solutions furent dédaignées, également en faveur des collectivités agraires, qui comme celles des industries, réclamaient la suppression du travail salarié et de la production de marchandises, ce que de fait elles entamèrent.
En résumé, de nombreux points de référence qui avaient déterminé la tactique du mouvement révolutionnaire depuis 1917» et même depuis la Commune de Paris, furent dépassés et mis au rencart par la poussée grandiose du prolétariat en 1536. Le dépassement n’exclue pas, bien entendu, la tactique-même suivie ou proposée en Espagne pendant les années antérieures. Donc, il faut souligner que ce qui est préconisé dans la première partie de ce livre par rapport à la vieille tactique, fut également annulé par la phase chancelante initiée en 1936» Cela n'en perd pas pour autant sa valeur historique et critique, mais le réutiliser serait pure ineptie conservatrice.
Outre l'aspect tactique, toujours contingent, la révolution en Espagne a mis en évidence des facteurs stratégie que les nouveaux, transcendantaux, appelés à produire des actions de grande envergure et de grande portée. En effet, en deux ans, les syndicats furent reconnus comme co-propriétaires du capital, devenant par là même acheteurs de la force de travail ouvrière. L'enchaînement de l'achat d'avec la vente de cette même force à un capital non encore étatisé, fut définitivement établi. Projection stratégique : pour être en condition de supprimer le capital, les exploités devront détruire les syndicats.
Ce qui concerne la prise du pouvoir politique par les travailleurs est non moins important. Celle-ci était sujette par la théorie et par l’expérience russe de 1917 à la création préalable de nouveaux organismes, là-bas les soviets. La révolution espagnole la libère d'une telle servitude. Les organes ouvriers de pouvoir, les comité- gouvernements, surgirent, non comme condition de l'annihilation de l'Etat capitaliste, mais comme sa conséquence immédiate. Le résultat de la bataille du 19 juillet, irréfutable comme aucune définition théorique ne l'est, posa dans l'histoire cette nouvelle possibilité stratégique.
Comment et pourquoi les innombrables comité-gouvernements ne réussirent-ils pas à réunir en une entité suprême est dit dans ce livre à l'endroit qui y correspond. la portée mondiale d'une telle action d'éclat n'en diminue pas pour autant.
L'apport stratégique du prolétariat espagnol à la révolution en général, sans limites de frontières ou de continents, est décisif dans le domaine économique. Voici quel est-il, brièvement : pour aussi ouvrières que soient ses structures de la base au sommet, l'Etat les détruit s'il devient propriétaire des instruments de production. Ce qu'il organise dans ce cas, c'est le monopole totalitaire du capital et d'aucune façon le socialisme. Ceci corrobore et explique ce qui est advenu en Russie après la prise du pouvoir par les soviets.

Ce monopole est synthétisé par la nationalisation de l'économie qui trompe tant parce qu'elle exproprie la bourgeoisie et les trusts. Ce n'est pas l' expropriation du capital que produit une telle mesure, mais un réajustement, de ce dernier, accomplissement parfait de la loi de concentration des capitaux inhérente au système. Qu'elle soit atteinte par évolution ou par convulsion, et même par la lutte armée, ne change rien au résultat. Nous pouvons affirmer sans erreur possible, que là où le prolétariat s'appropriera l'économie ou sera en train de la faire, tous les faussaires postuleront la nationalisation, comme cela s'est passé en Espagne. Et les tendances qui ferment les yeux devant un témoignage historique aussi clair se condamnent à être à la traîne d'odieux régimes capitalistes (Russie, Chine, etc) ou bien à devenir elles-mêmes exploiteuses si par hasard le pouvoir leur tombait entre les mains.

Une généralisation théorique importante se déduit de ces expériences sociales aussi profondes qu'indélébiles: la révolution démocratique dans les pays arriérés est aussi irréalisable par la bourgeoisie que par le prolétariat en tant que révolution permanente. Les conditions économiques du monde, les exigences vitales des masses exploitées, en plus de la putréfaction du capitalisme comme type de civilisation, par-dessus le marché, font de toutes mesures non socialistes /les mesures réactionnaires.
Ce dont la classe ouvrière a besoin dans n'importe quel pays, c'est d'ériger une barrière infranchissable, un obstacle social qui l'empêche d* être obligée de se vendre au capital par "contrat libre", elle et sa progéniture, jusqu'à l'esclavage et la mort" (Marx).

Il lui faut pouvoir disposer à sa guise de toute la richesse, instruments de travail et plus-value, aujourd’hui propriété du capital, et établir comme premier droit de l’homme, le droit de vivre, travailler et réaliser sa personnalité sans vendre ses facultés de travail manuel ou intellectuel. Ainsi la société entrera en possession d'elle-même, sans contradiction avec ses composants individuels, les classes disparaîtront ainsi que l'aliénation qui, à des degrés divers, comprime ou fausse les personnes.

Juin 1977   G.Munis. 

 L'Arme de la critique N°1 - MAI 1985

[Le texte ici présenté a été augmenté par rapport à celui que “Le Prolétaire" a critiqué. Néanmoins, aucun changement essentiel n'a été effectué et les thèmes et conceptions critiqués à l'époque sont tout à fait identiques.]



13/10/2015

ORGANISATION ET ACTIVITÉ RÉVOLUTIONNAIRE
Article publié dans Alarme -N05 JUIL.AOUT.SEPT.79
" Les ouvriers  ne  sont  des  hommes  que  tant qu'ils  ressentent de la  colère  contre la classe dominante. Ils  deviennent des  bêtes  dès  qu'ils  s'accommodent  de leur joug, ne  cherchant qu'à rendre  agréable  leur vie  sous  le joug  sans chercher à briser celui-ci."
                                 F.Engels (La situation de la classe laborieuse en Angleterre.1844-45)

Le prolétariat quand il ne réagit pas n'est que la force grâce à laquelle le capitalisme se reproduit profitant de l'apathie générale de son ennemi historique. La classe ouvrière n'est alors qu'un conglomérat de gens amorphes qui se débrouillent tant bien que mal pour survivre dans une société invivable, reproduisant l'esprit de concurrence, d'inimitié, et l'esprit malsain du capitalisme. En un mot, il n'agit pas en classe ayant des intérêts communs face à la vermine capitaliste.
A d'autres moments par contre, le prolétariat agit uni en tant que classe porteuse du seul devenir humain possible: le communisme. Alors peuvent s'affronter deux types de sociétés, l'une réactionnaire, l'autre révolutionnaire. Entre ces deux états de fait et ces faits eux-mêmes il y a des individus qui sont révolutionnaires indépendamment de l'état momentané où se trouve la classe dans son ensemble. Seul leur nombre varie suivant- la situation sociale. Ils sont révolutionnaires parce qu’ils sont conscients du fait que leur but et celui de la classe dans son ensemble c'est le communisme.
Ces individus révolutionnaires tendent à s'organiser par affinité d'idées, idées qui ne tombent pas du ciel mais qui proviennent d'une interprétation particulière de l'histoire de la lutte des classes. De chaque affrontement prolétariat-capital, des leçons sont tirées, c'est de là que nait la théorie révolutionnaire et ce qui la fait évoluer. Elle n'est donc et ne peut être invariante, comme certains crétins le croient, étalant sans cesse des textes sacrés qui bien évidemment ne peuvent exister. Mais quelle est et quel doit être l'attitude des révolutionnaires par rapport à l'ensemble du prolétariat dont il n'est qu'une partie souvent infime?
Pour la grande majorité des groupes il s'agit en fait de choyer le prolétariat, leur commentaire journalistique n'ayant rien à envier à celui des commentateurs des matchs de football, surtout lorsqu'ils croient que leur équipe domine. Nous ne parlerons pas ici, critique trop facile, de ceux qui se disent conseillistes, puisque leur attitude n'est que le récit plus ou moins optimiste de ce qui se passe, intervenir serait devenir un grand et méchant dirigeant. Bref passons.
Choyer le prolétariat, c'est également, ne pas agir lorsqu'il ne se manifeste pas et de se contenter, puisqu'on ne peut directement influencer celui-ci, de maintenir en cercle d'intimes initiés l'imminente et religieuse idée de la révolution communiste. C'est le moment idéal, presque rêvé, pour que la fraction la plus décidée (on ne voit vraiment pas en quoi!) tire le bilan du passé, comprenne presque mathématiquement le moment où le prolétariat sera à nouveau amené à sortir ses griffes, et donc attende que la période contre-révolutionnaire se transforme en son contraire. Voilà ce que ces groupes ont compris de la méthode scientifique et du matérialisme historique... Cette compréhension en fait des "machines de la révolution" et donc des êtres dénués de toute sensibilité humaine. Ils devraient vraiment relire ce en quoi Marx et Engels critiquaient les utopiques.

Ce n'était certes pas dans ce qu'ils avaient de profondément humain et dans leur volonté de changer les rapports sociaux. Ce que les socialistes scientifiques ont compris et mis en évidence ce sont les forces motrices de l'histoire et par conséquent le prolétariat comme seule force capable de détruire à jamais toute société basée sur la division de classe. Leur conception n'était donc plus basée sur des idéaux provenant d'une volonté saine et louable mais au contraire basée sur la réalité. Le communisme est possible parceque le prolétariat existe en tant que classe et seul celui-ci est porteur du devenir humain, car en se niant en tant que classe il détruira toute possibilité de domination de l'homme par l'homme.

Prenons un exemple précis d'anéantissement total du prolétariat. La guerre impérialiste, moment où chaque prolétariat national se laisse embrigader derrière un torchon aux couleurs nationales. Les révolutionnaires doivent-ils brandir le drapeau de l'internationalisme prolétarien (transformation de la guerre impérialiste en révolution sociale) au risque d'être exterminés, ou bien se retrancher dans des" lieux sacrés pour tirer le bilan du passé et pouvoir ainsi reconstruire le futur parti prolétarien défendant par principe le défaitisme révolutionnaire sauvé, car écrit sur des bouts de papier dérisoires que l'on exhibera plus tard grâce aux collections personnelles précieusement conservées durant la période de guerre?

Messieurs les "révolutionnaires" il faut choisir. Le défaitisme révolutionnaire ainsi que la relation classe dans son ensemble/fractions plus conscientes de cette classe, ne sont pas des leçons apprises que l'on étale après coup, ce sont des actes. Il n'y a pas de cadres à sauver au nom de la future victoire de la révolution. On peut se passer d'eux, surtout lorsqu'ils ne servent qu'à jacasser. Curieuse coïncidence, ces groupes sont généralement ceux qui tremblent d'indignation lorsqu'on ose critiquer la non combativité ou les faiblesses du prolétariat. Nous y reviendrons un peu plus loin.
Prenons maintenant, une période comme celle que nous vivons aujourd'hui, et plus particulièrement pour alléger notre exposé, des événements comme ceux du Nord et de la Lorraine. Au moment de ces événements, comme toujours il y a plus ou moins d'organisations sur la "scène politique". Nous ne parlerons naturellement pas de celles (plus connues!) qui en fait se situent sur le terrain du capital et donc contre les ouvriers (syndicats, P"C", P"S", extrême gauche), mais de celles que les précédentes taxent de fascistes ou d'ultra-gauche bien que pour notre part nous ne revendiquions aucun de ces deux termes. Ces organisations, en y incluant la nôtre, sont arrivées sur des positions plus ou moins précises. Ces positions, les leurs tant qu'elles ne sont pas publiquement remises en causes par ceux qui les défendent, ne tombent donc pas du ciel et proviennent d'une certaine interprétation de la lutte du prolétariat de par le passé. Ce à quoi nous allons nous attacher, c'est à l'attitude de certains groupes par rapport aux positions qu'ils devraient défendre. Prenons par exemple la question syndicale.

Attaquons immédiatement ceux qui grâce à leurs géniaux cerveaux ont compris que les syndicats étaient des organisations contre-révolutionnaires corps et âme voués au capitalisme en général et au capitalisme d'état en particulier. Mais qui pensent que les révolutionnaires doivent évoluer au sein des syndicats parceque le prolétariat s'y trouve, tout en y proclamant que les vrais organes de combats seront les organismes que le prolétariat adoptera lui-même. Comment des gens dénonçant le syndicat en tant que tel et non à cause "des mauvais dirigeants" peuvent-ils être tolérés un seul instant en son sein s'ils maintiennent des positions vraiment antisyndicales? En fait ils ne font que justifier l'existence de ces organisées en y militant. De deux choses l'une, ou bien ils y militent pour transformer les syndicats de l'intérieur pour le pousser à aller plus loin, et ils ne comprennent pas ce qu'est la contre-révolution, ou alors ils adoptent la position suivante: sors du syndicat moi je reste pour en faire sortir d'autres. Encore une fois, l'ouvriérisme triomphe. Réduisant à néant leur "activité". On ne peut être à la fois chat et souris, d'autant plus que le chat à tendance à bouffer  la souris. Notre attitude en tant qu'individus révolutionnaires, ainsi que notre attitude en tant qu'organisation, sera de dénoncer et d'attaquer partout les syndicats en y incluant les gens qui les critiquent mais qui en réalité aident à les faire vivre.
 Les syndicats en tant qu'organes capitalistes n'échappent pas à la règle du capitalisme en général. Ils savent céder face au danger pour mieux anéantir tout mouvement authentiquement prolétarien. Ceux qui militent dans les syndicats ne peuvent donc qu'être dénoncés et combattus .Prenons maintenant le cas de ceux qui considérant les syndicats comme contre-révolutionnaires n'y militent pas mais appuient certaines de leurs manifestations, comme ce fut le cas de "Révolution Internationale" le 23 Mars à Paris. En fait, cette attitude ne diffère pas beaucoup de la précédente. Encore une fois, ouvriérisme oblige! Là où les ouvriers se trouvent, ils y vont en criant victoire, les uns par principe, les autres par une analyse plus "poussée" de la période actuelle: remontée des luttes, cours vers la révolution. Il faut non seulement y aller, mais appeler les ouvriers à se joindre au cortège syndical. Non et non!
Être une fraction plus consciente et décidée, c'est défendre des positions nettes et précises sans équivoque possible. C'est une chose qui se démontre dans les faits au risque d'aller contre le courant. Lorsqu'on connait la nature et la façon d'agir des syndicats on ne peut en aucun cas les cautionner même si l'on croit que forcés par une poussée des luttes ceux-ci prennent le train en marche. Les idées révolutionnaires, encore une fois ne tombent pas du ciel, elles sont le fruit de l'expérience de la lutte des classes, et on ne va pas passer notre temps à refaire ces expériences. Ce n'est pas parceque la classe dans son ensemble n'a pas compris la nature totalement réactionnaire de certaines organisations que l'on doit appeler à manifester derrière elles ou avec elles en espérant que les ouvriers les débordent. Ce n'est pas en s'extasiant devant le prolétariat et en jetant de nombreux tracts qui ne dépassent pas le niveau réel de la lutte que l'on participe en tant que révolutionnaires dans les conflits de classe, on arrive par là, à la limite, à un seul résultat: faire grossir les rangs de sa propre organisation. Le révolutionnaire n'est pas une cloche qui tinte lorsque tous les réveils ont déjà sonné.
En conclusion: les révolutionnaires doivent défendre ouvertement les positions auxquelles ils croient, indépendamment du niveau de conscience de l'ensemble du prolétariat et du niveau de la combativité prolétarienne, et ce à tout moment. Ce sont de toutes manières les situations elles-mêmes qui limitent cette activité lorsqu'il y a passivité totale du prolétariat, on n'a pas à s'autolimiter au nom de la critique de l'activisme. Les révolutionnaires doivent montrer et défendre les objectifs de classe, et savoir critiquer la classe lorsque celle-ci n'agit pas sur son terrain. C’est pour cela que nous saluons bien bas les nombreux groupes qui pour des motifs différents, ont critiqué notre tract du 1° Mai. Nous insultions la classe parait-il! Mais quelle classe?

 Le composite de gens bêtifiés par le capital défilant derrière toutes les organisations contre-révolutionnaires? Pour nous cela ce n'est pas la classe agissant en tant que telle, mais la somme arithmétique de gens mystifiés, de gens trompés, menés à l'abattoir par des salopes et des crapules. Ceux qui renoncent expressément à lutter contre le courant et à ne rien dire à la classe ouvrière "qu'elle ne puisse pas comprendre" sont voués à leur propre faillite qu'ils soient attentistes, volontaristes ou activistes.

                 "...L'objectif final n'est rient c'est le mouvement qui est tout…“
         Rosa Luxembourg

NON, au contraire le mouvement en tant que tel, sans relation avec l'objectif final, le mouvement comme fin en sois n'est RIEN c'est l'objectif final qui est TOUT."
Alarme -N 05




 [Article publié dans Alarme -N05 JUIL.AOUT.SEPT.79]

21/09/2015

GRÈCE, LA SOCIAL-DÉMOCRATIE RIPOLINÉE PAR LA GAUCHE RADICALE


La première phase de tous ces moulins à paroles consiste à aspirer notre mécontentement dans un verbiage "radical“ de " gauche“ (1), pour se disputer nos suffrages, c'est-à-dire de notre soumission. La victoire de Tsipras et du Syriza, c'est principalement celle d’un système qui a fait participer le prolétariat au cirque électoral en mystifiant la réalité de sa démocratie, celle des forces de la bourgeoisie mondiale.

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IL FAUT EN FINIR DU DEVOIR CITOYEN ET DE LA DÉMOCRATIE BOURGEOISE

En tant que future gestionnaire ou encore de commissaire d’état, Alexis Tsipras n’avait pas d’autre mission que de rétablir une crédibilité politique dans la démocratie bourgeoise, rassurant par là toute la classe bourgeoise de l’EU qui craignaient une défection des urnes. L’inquiétude de la bourgeoise était d’autant plus grande au vu indéniable que les partis bourgeois classique sous leurs différents labels “socialistes“, “communistes“, “démocrates“, sont usés jusqu’au trognon après des lustres de bons et loyaux services dans la rapine sociale.
La venue au pouvoir du Syriza n’était qu’un plébiscite destiné à rétablir l'autorité de l'état, parce qu’il a su rebondir sur l’écœurement “populaire“ par une surenchère et ainsi monopoliser les voix visant à étouffer notre mécontentement et fermer toute perspective de lutte… La participation aux élections ou à un référendum sera toujours une victoire de l’État et sa démocratie et, une défaite pour nous prolétaires.
La préoccupation de la bourgeoisie est de maintenir et renforcer “l’unité nationale“, alors gauche, droite, extrême gauche ou extrême droite, qu’importe qui sera à la commande l'état, qu'importe que les gestionnaires soient élus ou cooptés (2). La stratégie est toujours la même, nous détourner de nos préoccupations de classe, en nous appelant dans cette circonstance a “nos devoirs de citoyens“, pour mieux camoufler nos antagonismes de classe.
  • Leur hantise est que nous commencions à nous organiser en dehors et contre eux, pour affirmer nos besoins contre la dictature de l’appareil capitaliste qu'ils gèrent !
  • Dénoncer Tsipras et son parti n’est en rien brisé les illusions sur la démocratie bourgeoise, bien au contraire, la lutte contre les gestionnaires des états bourgeois ou de leur tyran n'a aucun sens pour le prolétariat.
  • Alors bien sûr, nous pouvons cracher sur la gueule du Syriza et de Tsipras, mais les problèmes essentiels, ce sont les illusions entretenues sur l’État et sa sacro-sainte démocratie citoyenne, les élections, les référendums. Aidé pour cela par toute une clique de rabatteurs ! Partis de droites, de gauche, d’extrême-gauche, d’extrême-droite !
  • Qu'importe le vainqueur, l'important c'est la participation dans ce carrousel des vaincus !
Seule la lutte des classes contre nos exploiteurs et leurs organes d’asservissement (La démocratie politique : constitution, parlement et sa démocratie sociale : les partis, les syndicats) du capital, c'est-à-dire contre les organes de la contre-révolution qui engendre l'impuissance et les illusions politiques du prolétariat, parviendront à y mettre fin.

IL FAUT EN FINIR DE TOUTES LES ILLUSIONS ÉLECTORALISTES
C’est pour la classe ouvrière plus de misère, d’austérité, de répression et de guerres, il n’y a pas d’autre alternative que la lutte révolutionnaire pour la destruction de ce qui nous détruit. La dictature de l’économie capitaliste impose la nécessité de la destruction révolutionnaire de la société bourgeoise mondiale.
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Qu’étions-nous supposés trouver dans le programme d'un candidat du Syriza ou d'un autre parti assujetti à la démocratie politique bourgeoise ? Rien ! Rien d’autre qu’un programme représentant les intérêts de la classe bourgeoise et, il ne saurait en être autrement. (4)
Non, il n’y a pas eu de trahison, un simple tour de passe-passe, qui consiste à changer les gestionnaires à la tête de l’État pour préserver la dictature du profit et de sa démocratie.
  • Comme l’écrivait un certain K.Marx. « Là où il existe des partis politiques, chacun voit la cause de tout mal dans le fait que son adversaire est au gouvernail de l’État, et non pas lui. Même les politiciens radicaux et « révolutionnaires » cherchent la cause du mal non dans la nature de l’État, mais dans une forme spécifique de l’État qu’ils veulent remplacer par une autre forme d’État ».
Karl Marx, Gloses critique en marge de l’article « Le roi de Prusse et la réforme sociale, par un Prussien ». 1844.

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Ce n'est donc pas dans la critique de tel ou tel programme des politiciens de gauche ou de droite, que les communistes doivent orienter leur action, mais dans la dénonciation, démystification pure et simple de la nature de l'État en tant qu'instrument, exclusivement attribué à la défense des intérêts économiques de la classe possédante : la bourgeoisie ; attendu que l'État est par excellence l'appareil dont cette dernière s'est dotée. Dans cette circonstance, la démocratie ne peut donc être qu'un espace convenu par et pour le pouvoir économique et rien d’autre.
La démocratie bourgeoise est la forme la plus aboutie des dictatures de classe, puisqu'elle parvient à l'aide de son système électoral, à obtenir le consentement de la classe qu'elle exploite, jusqu'à l'acceptation totale de son esclavage. Le prolétariat atomisé puis abruti par les médias pour être ensuite dilué dans la bouillie citoyenne, de fait, il devient manifeste que toutes les élections s'opposent a de véritable lutte ouvrière et portent préjudice à son émancipation.
  • Certes, l’abstention par l’écœurement, le dégoût, le mépris, n'est pas en soi un acte révolutionnaire et ne constitue en rien nos ruptures d’avec la société du capital, un parti bourgeois peut très bien nous appeler a l’abstention !
Il n'empêche que le rejet social des prétendus « devoirs civiques citoyens » s’ajoutant à la désertion des syndicats, s'inscrit bien dans les préoccupations de la bourgeoisie et de ses gestionnaires.
  • Il est donc nécessaire que notre abstention soit un acte conscient ; et non celui de moutons. Abstention parce que ce n'est pas dans la démocratie, mais dans la lutte de classe que réside la fin des maux sociaux : exploitation, misère sociale, misère de notre identité de classe révolutionnaire si nous nous soumettons aux intérêts et aux diktats des partis, des syndicats, des gauchistes qui attendent leur tour en dignes héritiers des exploiteurs.
·         Il est nécessaire que notre abstention soit une abstention active ; parce que nous devons lutter contre toutes les manœuvres capitalistes d'abêtissement collectif et a leur cirque du "citoyennisme responsable" qui nous enfume en opposant la gauche à la droite du capital , ou encore  “la démocratie au fascisme“ qui ne sont que les deux faces d'une même pièce, en nous invitant à voter pour sauver la démocratie de nos exploiteurs, nous soumettant ces inepties comme vital, alors que c'est un problème qui réellement ne nous concerne pas !
Ou pire encore, pour exterminer une fraction de la population !

Qu'importe que l’armée de nos bourreaux soit en uniforme ou en civil ! Ce qui est importe, c'est de vivre et de vivre debout ! .... Et pour cela il n'y a qu'une solution pour l’humanité, pour toute la société : LA Révolution Sociale !
Aujourd’hui , la situation mondiale de notre classe est pour la moins confuse, déboussolée, sans réelle perspective, le manque de solidarité, de confiance, de luttes commune représente, pour toute la classe, une capitulation devant les intérêts de ses exploiteurs. Nous ne pouvons dans l’immédiat que lutter et dénoncer l’État et sa démocratie dont l'escroquerie politique, suintent le sang et la misère, cautionnés et gérés par les escroqueries des prétendus socialistes ou communistes, gauchistes et, autres saloperies de “la gauche radicale“ (qui ne vise que par des solutions étatistes), sans parler des syndicats autres fraction de l'État.

En Grèce, comme partout dans le monde les révolutionnaires doivent agir comme si le monde entier était un seul pays, il faut en finir avec toutes ces illusions dans le cirque parlementaire, de la comédie des partis bourgeois, mais aussi des syndicats qui n’ont d’autre fonction que de préserver la paix sociale et de négocier au plus offrant la vente de notre force de travail ou de nous jeter au rebut.
Seule l’audace, la détermination, la conscience et la volonté d’en finir par une lutte acharnée et sans concession, parviendront à résoudre mondialement le problème de notre classe, mais il faut pour ça impérativement étendre l’unification des luttes ouvrières par-delà les frontières, pour mettre à bas ce système qui ne nous promet que de sorts funestes en nous entraînant dans leurs gabegies et autres catastrophes humaines et planétaires.

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VIVE LA RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE MONDIALE !

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(1) Depuis près de deux siècles, nous pouvons constater que la bourgeoisie n’a rien à craindre (et pour cause) de mettre les gauchistes à contribution dans la gestion de leur affaire (à l’exception de quelques états aux conceptions encore moyenâgeuses), nous pouvons le constater davantage encore en France par le nombre de serviteurs dévoués au capitalisme, les plus beaux fleurons, que nous ont été donné par le courant trotskiste et maoïste qui se trouve aujourd’hui dans le gouvernement d’Hollande et hier dans celui de Mitterrand. Il en est de même dans le reste du monde : Amérique du Sud avec Chávez au Vénézuela, Lula da Silva Parti des Travailleurs du Brésil (puis celle sous la houlette de l’ex-« guérillera » Dilma Roussef), Evo Morales en Bolivie, et aujourd’hui la troïka PTS- FIT et le PO parti trotskiste de Nicolas del Cano en Argentine qui affûte ses couteaux. La relève est là aussi en Europe avec Pablo Iglesias du Podemos constitué des «néo-indignés», en Espagne, Beppe Grillo du M5S (parti des cinq étoiles) en Italie, Die Linke en Allemagne, NPA, Mélenchon, Montebourg en France, tous surf sur la vague de l’écœurement vis-à-vis des classes politique, dénonçant ici et là le bipartisme ou encore la corruption généralisée du pays et la misère de ce “Pôvre Peuple“.
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 (2) Pour preuve, l’offensive de la bourgeoisie au pouvoir n’a jamais été aussi inspirée dans sa propagande citoyenne. On peut dire que l’attentat de Charlie a boosté le “citoyennisme laïque“. Patriotisme a outrance, leçon de civisme et de morale a l’éducation nationale, les lycéens auront désormais un "parcours citoyen" un nouvel enseignement moral et civique de 300 heures de l'élémentaire à la terminale. L’armée propose un service civique, l’entraide citoyenne, commémoration patriotique à tout-va, bourrage de crâne médiatisé et relayé par ces prétendus philosophes, économistes, historiens et autres curés, tous plus réactionnaires les uns que les autres. Toutes les bravoures du citoyen lambda sont aussitôt récompensées par les hochets de la république et diffusées en "prime time" sur toutes les chaînes et, en boucles sur les chaînes d'info en continu jusqu'à la nausée.

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(3) En dehors de ses luttes, la classe ouvrière se trouve embastillée, illusionnée  dans le jeu des partis politiques et, ne peut donc manifester son mécontentement que dans le cadre démocratiquement imposé, c'est-à-dire celui des syndicats qui, malgré une forte défection, n'en est pas pour autant absent de son activité contre-révolutionnaire, animé par les gauchistes et leur prétendu syndicalisme de base  (…) Pour pallier à cette défection d'adhésion syndicale, l'état n'a rien trouvé de mieux que d'imposer les syndicats par une loi du 1ER janvier 2015 art. L. 2135 qui rend les syndicats obligatoires par 'une cotisation unique de 0,014% répartie entre les syndicats d'employeurs et les salariés. Autrement dit, une cotisation obligatoire prélevée sur l'ensemble des salariés. Il est vrai qu'auparavant les syndicats étaient financés par l'Union des industries des métiers de la métallurgie (UIMM, syndicat des patrons, l'un n'empêchant pas l'autre de continuer) Aujourd'hui plus que jamais  on ne peut que réaffirmer la véritable nature des syndicats comme étant une fraction de l’état capitaliste au sein de la classe ouvrière.

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(*) Il n'est pas question pour nous d’émettre des critiques sur le contenu du programme du Tsipras, ni d’appuyer ou de justifier nos positions par rapport a des articles d’un groupe de dix-huit économistes distingués (incluant deux lauréats du Prix Nobel et un ancien membre du Comité de politique monétaire d’Angleterre) parut dans le Financial Times, approuvant des aspects de la politique économique de Syriza ….comme le fait le CCI en France,  pour "prouver" la nature bourgeoise du Tsipras et de son candidat. (La critique de l'économie capitaliste et de l’État a suffisamment été faite). L'activité des communistes est totalement déterminée par l’antagonisme fondamental entre bourgeoisie et prolétariat, et ce dans tous les pays du monde.