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16/11/2016

Critique du tract du GIGC (Révolution ou guerre) diffusé le 21 Mai 2016


Contrairement au commentaire que fait Pantopolis sur l'analyse de le GIGC, non seulement le GIGC surestime la capacité actuelle de la classe ouvrière en France, mais elle reste, comme la plupart des organisations de la gauche communiste, étrangère à une action de classe et là où Pantopolis trouve des points positifs, nous, nous ne trouvons que des faiblesses. Pour nous, il n'est pas question de lutter contre telle ou telle mesure en reprenant les mots d'ordre lancé par les forces les plus réactionnaires que sont les syndicats. Aujourd'hui, les "luttes" syndicales sont des non-luttes, elles ne sont pas sur le terrain revendicatif du prolétariat. Nous devons combattre tout organisme qui par l'énoncé de ses revendications n'attaque pas et ne vise pas à attaquer l'accumulation du capital et donc par là même, le capital et l'exploitation. Or, les revendications syndicales sont toutes réactionnaires, aucune n'attaque la plus-value sauf dans certains cas lorsqu'il faut prendre le train en marche pour mieux pouvoir l'arrêter plus tard.

L’attaque de la bourgeoisie sur le code du travail a simplement conduit les syndicats à renforcer l’idée d’une exploitation acceptée !

La loi travaille dite Loi El Khomri aurait dû être l'occasion pour les révolutionnaires, de s'attaquer à cette belliqueuse classe bourgeoise, d'avancer une attaque en règle par une revendication qui vaut pour la classe ouvrière toute entière ; celle de la répartition du travail entre tous les travailleurs (actifs/chômeurs) par une réduction massive du temps de travail sans diminution de salaire ! Cette revendication ne signifie pas qu'on se complaît dans l'esclavage, mais parce qu'on est solidaire de nos frères de classes, tant que les classes ne seront pas abolies par notre force. Avancer des mots d'ordre qui s'attaquent au capital ce n'est pas trahir le " but final", mais au contraire, c'est en prendre le chemin.
Qu'on nous explique comment espérer une solidarité de classe si la moitié de celle-ci ne peut se reconnaître dans une revendication d’où elle en est exclue : le travail !

Rien en dehors du rejet de la “ loi travail ” (dite loi El Khomri), Rien, aucun mot d'ordre mobilisateur sur nos conditions de notre vie de merde n'a émergé qui aurait pu mobiliser la classe ouvrière, les chômeurs, les précaires, les retraités, les laissés-pour-compte de cette ignominieuse et mortifère société…. Seule "la loi travail" à monopolisé la "colère" ouvrière par l'initiative des syndicats qui ont muselé les grèves et les manifestations par des slogans des plus dégueulasses "On ne touche pas au code du travail", " la loi travail, on n'en veut pas", "la loi El Khomri, loi connerie". Pendant qu'en Allemagne 110.000 grévistes de l'industrie réclament des hausses de salaire, nos vaillants défenseurs du code du travail se gardent bien de l'ébruiter et oui, cela aurait pu donner des idées.
Notre problème n'est pas dans la conservation de nos conditions d’esclaves salariés, mais dans la transformation des rapports de production, c'est-à-dire avant tout dans la destruction du capitalisme mondial. La question est donc la même pour le prolétariat du monde entier.

Dans la réalité, cette manifestation de "colère" n'a telle pas été artificiellement provoquée pour "crever l'abcès avant qu'il n'explose à la gueule de cette société". La réforme du code du travail, la bonne blague ! Ce n'est pas à un code que nous voulons mettre fin, c'est à notre esclavage ! Pour nous, c'est quotidiennement que nous subissons des conditions de travail de plus en plus dégueulasses, des cadences infernales, des heures supplémentaires non payées, des menaces de licenciement, des récupérations de congés aménagés au bon vouloir des patrons, alors autant dire que le code du travail et sa législation, il y a belle lurette que le patronat s'en fout. Cerise sur le gâteau la réforme des prud'hommes pour éviter à nos exploiteurs de perdre de l'argent ? Allez donc voir les infirmières dans les hôpitaux, les ouvriers de chez Michelin, de chez Goss, de chez Smart, chez Daimler, etc. Et dans le commerce, là ou le chantage et les menaces des patrons font rage, les patrons qui peuvent rendre le travail du dimanche obligatoire, menaçant les récalcitrants d'êtres de la prochaine charrette, la liste est longue, combien d'entre nous doivent travailler 39 ou 40 heures par semaine payées 37, il s'agit bien là de baisse des salaires qui se généralise, et de la mise aux pas pour ceux qui ont un job. La loi El Khomri ne fait qu'entériner une pratique existante, qui jusqu'alors ne dérangeait guère les syndicats.

Non, en réalité la classe ouvrière n'a manifesté que pour défendre la boutique syndicale pour la sauvegarde de leurs privilèges d'une collaboration séculaires, autrement dit leur gagne-pain. La crainte de certains syndicats plus particulièrement la CGT courroie de transmission du moribond Parti stalinien PCF, c'est d'être évincé des consultations sur les futur réformes sur les conventions collectives et les accords de branches réclamées à cor et à cri ... par les PME PMI. Quant au patronat, profitant d'un appui gouvernemental sans pareille, n'a fait qu'affirmer qu'il était plus que jamais aux commandes de ce gouvernement, laissant les tâches répressives aux mains de l’État de la "gauche", celle à qui il incombe d'ouvrir la voie royale vers un futur de plus en plus dégueulasse, d’où l'État d'urgence, lire l'urgence de l'État.

La classe ouvrière n'a pas été au-delà des directives syndicales, à aucun moment il n'y a eu de débordement, aucun affrontement, parce que le but de cette lutte n'a jamais dépassé le but fixé par les syndicats !
Alors que le GIGC dénonce avec juste raison que le retrait de la loi travail n'en finirait pas avec le capitalisme et l'exploitation… Mais il finit néanmoins par conclure "qu'un arrêt temporaire, c'est toujours ça de pris" qui redonnerait confiance à l'ensemble de la classe ouvrière dans ses forces et son combat contre le capitaliste !" Pour une prise de guerre, on ne fait pas mieux ! Autrement dit lutter pour conserver notre condition d'esclave nous redonnerait confiance à combattre le capitalisme ! Ce n'est plus une analyse, c'est un délire, un amalgame d'idées qui discrédit les bonnes intentions.

"Loi travail" ou pas, notre émancipation ne se trouve pas dans la conservation de notre aliénation.
Autre exemple, le GIGC parlant de la loi travail ; " son adoption légale accélérerait encore la détérioration toujours plus dramatique des conditions de travail et de vie des prolétaires quelle que soit leur condition, salariée, précaire, chômeur, étudiant travailleur, retraité, etc." Si cela n'est pas un encouragement du GIGC à coller au cul des syndicats, c'est quoi ? Le GIGC se lance dans une tirade complètement délirante, qu'elle aurait pu intituler « À deux doigts de la révolution » malheureusement l'envolée lyrique est foireuse non dans son style, mais dans son contenu.

Nous le gueulerons jamais assez "il n'y aura jamais de victoire ouvrière sans la destruction des syndicats".
Et bien évidemment, le GIGC n'échappe pas au triptyque quasi-maçonnique du C.C.I, "Crise – Guerre - Reconstruction". Nous citons le GIGC : "la crise du capitalisme est inexorable. Elle ne peut déboucher que sur une 3ème guerre impérialiste mondiale, seule “ solution ” à la crise de surproduction chronique en détruisant massivement l’excédent de forces productives, prolétaire et matériel". Rappelons encore et encore, que le capitalisme est un système de crises, quant à la guerre, il nous suffit de regarder les charniers du monde pour comprendre que la 2ème guerre n'a jamais cessé et ne cessera jamais, la guerre est un marché relatif à un produit, l'armement : qui ne fait que croître, mais a force de la prophétisé … quant à la reconstruction (mise à part la reconstitution des forces productives) celle de la finance s'en est très bien tiré, vu que le capital n'a jamais cessé d'être… Nous passons sur l'invitation du GIGC à prendre contact avec des groupes révolutionnaires communistes qui portent le combat (sans citer de nom, le GIGC disposerait-il de cellules dormantes ?) ou encore - (étendons et unifions la grève et la lutte en tenant des assemblées ouvertes à tous) porte ouverte aux beaux parleurs des syndicats... (Ne les laissons pas saboter notre combat !) : Lequel ?

La véritable crise, camarades du GIGC c'est celle de notre classe, et surtout celle des révolutionnaires de leurs implications dans le combat de classe, de leurs déterminations et dans la rigueur de leur analyse des événements que nous traversons. Les révolutionnaires du Groupe International de la Gauche Communiste est bien incapable d'avancer une perspective d'émancipation à la classe dont il se prétend être une avant-garde, il reste sur des bases théoriques, (voire historique Bilan&Co), extérieures à la classe incapable de lui apporter quoi que ce soit qui puisse nous conduire à la lutte finale !

"Notre rôle en tant qu'organisation révolutionnaire, en tant que fraction spécifique du prolétariat mondial, exige que nous ne nous limitions pas à rester béats d'admiration devant ces événements, à les décrire journalistiquement et à glorifier un prolétariat qui mérite de nombreuses critiques : la contemplation n’a jamais conduit à rien n'en déplaise à l’imbécillité de tous les ouvriéristes de la terre".

La classe ouvrière ne pourra développer sa lutte qu'en affrontant toutes les entraves qui la maintiennent dans son esclavage en premier lieu les syndicats, forces organisées de l'état capitaliste. Aux révolutionnaires de mettre en avant les perspectives communistes internationalistes dans leur combat, et non de flatter les faiblesses d'un mouvement.

"La nécessité de libérer toute l'humanité du joug du capital se trouve dans l'objectif final seul capable de nous assurer un monde sans exploitation, sans classes et sans État. Cet objectif doit toujours être mis en avant en créant et en alimentant les multiples formes d'organisation et de lutte capables de forger un vaste mouvement révolutionnaire".

"C'est par des mots d'ordre unificateurs qui dépassent la revendication que les prolétaires visent les rapports sociaux dans leur ensemble. C’est en attaquant de plein fouet à l'accumulation du capital dans la perspective de son abolition par la prise du pouvoir politique du prolétariat. Et c'est justement ces mesures qui restent étouffées par les entraves syndicales, en les dévoyant constamment sur la hiérarchisation, les corporations, la division salariale. Au-delà de ce champ d’action, le prolétariat ne peut proposer de positif que le communisme". 

Les syndicats contre la classe ouvrière.


Tract: Le Groupe International de la Gauche Communiste (Révolution ou guerre), 21 mai 2016.

Nous publions ci-dessous un tract du GIGC 

Contre le gouvernement et l'État capitaliste,
(21 mai 2016)

Pour la première fois depuis l'annonce de la " loi travail " (dite loi El Khomri), des grèves commencent à
toucher des secteurs de la production française, principalement dans les transports: routiers, trains,
aéroports, dockers, marins... Qui dit grève sur les lieux de production, dit décision et action collective de
classe. C'est précisément la nouveauté qui peut changer la situation et la nature de l'affrontement avec le
gouvernement PS de Hollande et l'État capitaliste. Voilà pourquoi, le moment actuel - mi-mai - est
certainement la dernière occasion d'enclencher une riposte ouvrière généralisée et d'imposer ainsi un
rapport de force politique de classe obligeant la classe dominante française et son État, le gouvernement,
ses forces politiques de gauche comme de droite et ses syndicats, à reculer. Même si la " loi travail " ne fait
que " codifier " dans la loi bourgeoise, de classe, l'aggravation déjà en cours depuis des années de
l'exploitation capitaliste, il n'en reste pas moins que son adoption légale accélérerait encore la détérioration
toujours plus dramatique des conditions de travail et de vie des prolétaires quelle que soit leur condition,
salarié, précaire, chômeur, étudiant travailleur, retraité, etc.

Une des particularités - pas la seule - des multiples Journées d'action syndicales depuis début mars a été
précisément d'éviter toute décision collective de lutte à partir des entreprises et d'assemblées générales
ouvrières. Ainsi, en l'absence d'AG ou comités de lutte ou de grève, des millions de travailleurs se sont
retrouvés contraints de prendre une décision individuelle, à partir de leur seule conviction personnelle,
quant à leur participation aux grèves des journées d'action et aux manifestations de rue. Alors même que
75% de la " population française " était contre la " loi travail " selon les sondages organisés par la classe
dominante, la plupart se sont retrouvés isolés les uns des autres et dans l'impossibilité de ressentir la force
collective de leur classe. C'est en grande partie ce qui explique le faible nombre de grévistes lors des
journées d'action.

À cela, est venu s'additionner la méfiance face à la division du travail organisée entre le gouvernement, les
syndicats " modérés " (CFDT) et les syndicats (CGT, FO, SUD supposés plus " radicaux "), face aux
différentes journées d'action planifiées à l'avance, début mars, afin de saboter toute grève générale unie à
tous les secteurs - le souvenir des échecs passés des mobilisations ouvrières massives de 2003, 2007 et 2010
étant encore dans toutes les mémoires.

Malgré cela, et malgré l'état d'urgence suite aux attentats parisiens de 2015 qui permet l'interdiction des
manifestations et une répression accrue, la combativité et la colère générale ont continué à s'exprimer
particulièrement dans les manifestations de rue. " Jeunes, moins jeunes, adultes, âgés ", salariés de toutes
conditions et statuts, chômeurs, retraités, étudiants, lycéens se sont retrouvés au coude à coude face à une
répression policière massive et provocatrice (et à laquelle les services d'ordre syndicaux sont venus prêter
main forte à coup de battes de base-ball !). Dès les premières manifestations, 9 mars et ensuite, le
sabotage syndical de la grève généralisée à tous les secteurs est devenu évident pour le plus grand nombre.
C'est face à ce vide ainsi créé - du point de vue de la classe dominante - que furent organisées à partir du
31 mars les " Nuit debout ". Dans les jours et les semaines qui ont suivi, les médias et chaînes télé
d'information n'ont eu de cesse d'en faire la plus grande publicité. Et pour cause : l'idéologie " citoyenne et
démocratique " de " Nuit debout " est venue renforcer le sabotage syndical en enlevant tout caractère de
classe à l'opposition au gouvernement PS et au combat contre le capitalisme. Jugeons-en:

« Depuis le 31 mars, des assemblées se forment où les gens [et pas les travailleurs, ouvriers ou prolétaires]
discutent et échangent. (...) L'humain [sic!] devrait être au cœur de nos dirigeants. (...) Chaque jour, nous
sommes des milliers à occuper l'espace public pour reprendre notre place dans la République » (!) (En-tête
du Bulletin quotidien Nuit debout, 22 avril, nous soulignons).

Comme si les intérêts de classe, de la classe exploitée et révolutionnaire, pouvaient s'accorder avec la
" République ", c'est-à-dire avec l'État de la classe capitaliste. Comme si " nos " dirigeants, au service du capitalisme, pouvaient se soucier plus de " l'humain " - sans doute les plus naïfs et ignorants veulent-ils
dire la classe exploitée - que du maintien à flot de " leur " capital national face aux concurrents ; et plus
généralement de la survie du capitalisme.

Or, la crise du capitalisme est inexorable. Elle ne peut déboucher que sur une 3 e guerre impérialiste
mondiale, seule " solution " à la crise de surproduction chronique en détruisant massivement l'excédent de
forces productives, prolétaires et matériel. Se ranger derrière l'État démocratique bourgeois, c'est non
seulement l'assurance que nos luttes de résistance contre la détérioration de nos conditions de vie et de
travail courent à l'échec, que nous ne réussirons même pas à limiter les attaques du capital ne serait-ce que
temporairement, mais aussi qu'aux sacrifices économiques croissants succéderont les sacrifices massifs de
nos vies dans un massacre impérialiste généralisé.

Membres de la classe ouvrière, de la classe exploitée, du prolétariat international, notre place n'est pas dans
la République démocratique bourgeoise qui nous envoie ses CRS aujourd'hui, et demain l'armée. Notre place
est dans la lutte ouvrière, prolétarienne, contre le capitalisme, son gouvernement, ses forces politiques de
gauche (PS et PC au premier chef) comme de droite, ses syndicats, sa police et sa justice. L'État bourgeois
n'est pas notre État. La France, comme tous les autres nations, n'est pas notre " pays ". Les prolétaires n'ont
pas de patrie, ni de nation, et encore moins de République démocratique bourgeoise, à défendre.

Après deux mois et demi d'hésitation générale, le fait que, depuis le 17 mai, certains secteurs de la
production aient collectivement décidé la grève et l'extension du combat fournit l'occasion que beaucoup
attendait pour se lancer à leur tour dans la bagarre. Attendre encore risque fort de faire rater l'occasion
d'un combat généralisé et uni qui puisse faire reculer le gouvernement et son attaque. Nulle illusion : le
retrait de cette loi n'en finirait pas avec le capitalisme et l'exploitation. Mais il porterait un coup d'arrêt
temporaire et relatif - toujours cela de pris - à l'aggravation de l'exploitation que la bourgeoisie ne
manquera pas de relancer. Et redonnerait confiance à l'ensemble de la classe ouvrière dans ses propres
forces et son combat contre le capitalisme.


Alors, partout où c'est possible - en particulier dans les plus grandes entreprises et usines :
tenons des assemblées générales pour décider de la grève ;
nommons des comités de grève élus et révocables ;
organisons des délégations massives vers les entreprises et usines proches ;
étendons et unifions la grève et la lutte en tenant des assemblées ouvertes à tous ;
disputons aux syndicats et partis de gauche la direction et le contrôle de la lutte, des assemblées,
des décisions, des actions et des mots d'ordre. Ne les laissons pas saboter notre combat.

La lutte ouvrière est autant économique que politique; c'est-à-dire contre l'État bourgeois, l'organisation
centralisée de la classe capitaliste, son gouvernement (qu'il soit de droite ou de gauche) et ses organes
politiques, syndicaux, et répressifs. Aux travailleurs les plus combatifs et conscients des enjeux
historiques :

n'hésitez pas à vous porter à la tête de ce combat politique de classe ;
regroupez-vous en comité de lutte et de mobilisation " inter-entreprise " et " interpro ";
rapprochez-vous, prenez contact, venez discuter et lutter aux côtés des groupes révolutionnaires communistes qui portent et assument à la fois ce combat politique quotidien et la perspective révolutionnaire et internationaliste d'une véritable société communiste.
Il en va de la défense de nos intérêts de classe immédiats, économiques et politiques. Il en va aussi de la
destruction de ce monde de misère et de guerres croissantes.


Le Groupe International de la Gauche Communiste (Révolution ou guerre), 21 mai 2016.

Nous écrire à : intleftcom@gmail.com - adresse de notre site web : www.igcl.org

(Ne pas jeter sur la voie publique)


08/07/2016

RÉVOLUTION ET MOUVEMENT SOCIAL

RÉVOLUTION ET MOUVEMENT SOCIAL

Archive d'Alarme N°12 Juin 1981

 Lorsqu'on se réclame du socialisme scientifique, cela implique qu'on doit à partir de la situation objective présente, déduire les tâches révolutionnaires concrètes du prolétariat
 Or examinions cette situation objective, nous remarquons que le capitalisme n’a plus aucune raison d'être, qu’il est totalement réactionnaire; en effet pour les révolutionnaires, le seul critère de progrès d'une société d'exploitation de l'homme par l’homme, ne peut être que la construction des conditions objectives permettant son dépassement révolutionnaire, et la construction rapide d'une société progressive. C'est à dire qu'une telle société n’est progressive que lorsqu’elle construit ces conditions objectives, mais existant encore une fois ces conditions crées, elle devient réactionnaire. Dans le cas qui nous intéresse: le capitalisme, les conditions objectives sont donc, un monde unit par les rapports capitalistes dans lequel le prolétariat est une force internationale potentiellement puissante et capable de détruire le capitalisme; et des forces productives suffisamment développées, le monde est unit depuis le début du siècle, et le prolétariat a prouvé sa capacité à abattre le capitalisme et à construire le communisme, par la vague révolutionnaire de 1917-1937. Les conditions objectives sont présentes depuis le début du siècle, et donc depuis lors ce système est en décadence.

Sur cette base le prolétariat a des tâches précises à réaliser, l'économie capitaliste étant totalement réactionnaire, le capitalisme en tant que système social étant totalement caduc, la révolution, Maintenant seule à l'ordre du jour, devra directement s'attaquer aux bases économiques de ce système. Or ne pas donner les tâches concrètes du prolétariat à notre époque, parler de révolution et de généralisation des luttes, ne suffit pas.
 Le communisme ne tombe pas du ciel, le mouvement qui y mènera, devra passer sur le corps de tous les problèmes que rencontre le prolétariat face au capitalisme. Il devra donc saisir toutes les données, toutes les possibilités de la situation objective, et les exploiter à fond. Il en découle des tâches de notre époque. Alors ou est le matérialisme si l'on s'arrête à la généralisation des luttes, élections des délégués (hors du syndicat bien sur) révocables à tout instant...Si au lieu de se battre pour donner un contenu de classe aux luttes, avec des tâches précises à réaliser, on se concentre sur les formes de luttes.

 Les socialistes utopiques n'étalent pas utopiques parce qu’ils imaginaient une société qui ne correspondait pas au communisme, ils étaient utopiques car leurs idées n'étaient pas basées sur la réalité objective. Ne cherchant pas à savoir quelle est la force capable de renverser le capitalisme et de construire une société humaine, ils pouvaient encore moins élaborer des tâches basées sur la réalité concrète, que cette force aurait dît faire sienne. Autrement dit, aujourd’hui, il ne suffit pas pour être matérialiste de lutter pour une société qui soit celle pour laquelle ont lutté les premiers socialistes scientifiques, il faut lutter pour des réalisations concrète du prolétariat en lutte, et qui de plus ne soient pas en deçà, mais correspondent aux possibilités et nécessités que le capitalisme à fait mûrir.

Non, il ne s'agit pas d'affirmer que c'est le prolétariat qui trouvera lui même ses revendications, et que de proposer et de se battre pour des revendications précises serait, de la part des révolutionnaires, vouloir enfermer le mouvement dans un schéma (n’y aurait-il pas alors pas schéma dans: "conseils ouvriers" ou "délégués révocables à tout instant" et dans ce cas pour éviter les schémas: attendre et se taire, mais alors à quoi ça sert d'être révolutionnaire.)

En effet, al nous sommes d'accord sur la fait que les révolutionnaires font partie du prolétariat, il faut alors considérer toutes les implications de cette affirmation. En tant que frange la plus consciente du prolétariat, les révolutionnaires sont conscients non seulement de l'objectif à atteindre, mais aussi des moyens qui y mènent, c'est à dire du mouvement que prendra sa pleine amplitude n'aura la puissance nécessaire qu'avec les revendications correspondant aux possibilités historiques. D'où l'importance des révolutionnaires dans la luttes pour impulsée un combat pour les tâches de notre époque. Ceux qui parlent de mouvement sans parler des réalisations concrètes que le mouvement révolutionnaire devra effectuer, au risque de se détruire en tant que mouvement révolutionnaire, limitent leur intervention à un slogan "Abolition du salariat", vidé en grande partie de son contenu.

                                                      Ouvrons ici une parenthèse.

Sur les tâches de notre époque apportons de plus quelques précisions. Si la conscience révolutionnaire n’apparaît pas brusquement comme conscience révolutionnaire nette dans la majorité de la classe, nous rejetons aussi tout gradualisme dans la formation de cette conscience car, l'accumulation et la centralisation élargie du capital redoublent, proportionnellement à elles mêmes, la dépendance matérielle et culturelle du prolétariat. Et de ce fait, la conscience révolutionnaire se développera, progressera par bond, à de larges franges de la classe, que lorsque le prolétariat en mouvement s'attaquera à cette accumulation, pour en finir avec elle. Et c'est donc dans cette optique, qu'il faut comprendre les tâches de notre époque; et non pas comme un gradualisme qui permettrait une formation "scientifique de la conscience". En effet si nous rejetons le gradualisme dans la formation de cette dernière, nous rejetons aussi la formation “scientifique" de la conscience. Car sinon le facteur subjectif, sans lequel jamais le prolétariat ne pourrait s'affirmer en fait, serait réduit au néant au profit du seul facteur objectif, nécessaire mais non suffisant. En effet .nous nous réclamons du socialisme scientifique, et donc nous savons que le moteur de l'histoire est la lutte de classe; en conséquence, nous ne pouvons que rejeter une formation "scientifique" de la conscience car la dernière classe de l'histoire, en développant radicalement cette lutte, deviendra sujet de l'histoire; et donc sa conscience loin d'être le résultat d'une réaction chimique inéluctable, se développera sur les ailes de la subjectivité révolutionnaire.

                                                        Refermons ici cette parenthèse.


 Pire si loin do spécifier les tâches révolutionnaires concrètes de la classe, sont repoussées catégoriquement les tâches liées au fait que les conditions objectives sont mures. "Et donc que le capitalisme en tant que système social économique, et pas seulement politique, n'a plus aucune raison d'être. Et cela sous le prétexte que le communisme n'est pas possible dans un seul pays" Bien sur, que cette phrase est vraie, elle veut dire que le communisme ne sera réalisé que lorsque les classes auront été détruites, que lorsque l'exploitation de l'homme pari*homme aura disparue et donc que lorsque les unités d'exploitation que sont les nations auront été détruites. Et cela parce qu’aujourd’hui communisme et capitalises sont, des systèmes totalement antagoniques qui ne peuvent donc pleinement se réaliser, qu'en ayant radicalement détruit le système opposé.
 Ceci étant dit, ce sera un mouvement, et pas un décret qui fera passer la société de l'état capitaliste, à l'état d'équilibre stable: le communisme. Ce mouvement passera par des états totalement instables; "Dans aucune révolution on ne peut observer «le juste milieu", car sa loi naturelle exige une décision rapide « de deux choses l'une: ou bien la locomotive escalade la cote historique à toute vapeur, ou bien, entraînée par son propre poids, elle redescend la pente jusqu'au point d'où elle était partie entraînant avec elle dans l’abîme tous ceux qui tenteraient, à l'aide de leurs faibles forces, de la retenir à mi chemin. (Rosa Luxembourg, dans «la révolution russe").

Cette côte historique sera escaladée à toute vapeur, que si le prolétariat lutte pour des revendications qui correspondent exactement aux possibilités et nécessités historiques. Les états instables seront caractérisés par l'irruption violente, du prolétariat, dans tous les domaines: social et politique, qui tentera de réorganiser la société suivant ses intérêts. Par exemple, pour la révolution Russe, pour reprendre les termes de la citation, la locomotive s'écrasa en 1921 avec l'introduction de la N.E.P. qui libéra les relations marchandes et remis au premier plan la plus-value. Les états instables qui précéderont cette chute, furent par exemple: communisme de guerre, qui bien que cette révolution prolétarienne ne fut que politique, et non pas sociale, contenait à l'état de germe l'attaque de la plus-value, dans la mesure où cette dernier avait perdu son rôle prépondérant en faveur des rémunérations ouvrières. 

 Et pour conclure sur ce dernier sujet: Sous prétexte de ne pas faire le communisme dans un seul pays, il ne s'agit pas de conserver le capitalisme dans tous les pays. Construire le communisme dans une seule nation est une impossibilité, car la nation n'existe qu'en tant qu'unité d'exploitation. Détruire le capitalisme, c'est à dire, sans attendre la révolution politique internationale, s'attaquer partout à son système nerveux: la plus-value, s'attaquer au sur travail social avec l'objectif de se le réapproprier (Voir dans "Pour un second manifeste communiste", les tâches de notre époque: "Toute augmentation de la production sa valeur actuellement) qu'elle provienne d'un plus grand rendement de l'ouvrier ou d'un perfectionnement technique, doit revenir collectivement aux ouvriers qui en sont les auteurs, en attendant que la classe toute entière décide de sa répartition, ...), et donc de le faire disparaître en tant que sur-travail social, est une nécessité historique. En conséquence, le lieu où éclatera la révolution sociale ne sera pas un pays communiste parmi d'autre pays, capitalistes eux.

Ce sera l'endroit ou auront été déracinées les bases du capitalisme, et ou auront surgit les bases de la production et de la distribution communiste, entouré-- par les nations capitalistes, unies contre la révolution .Ce sera le lieu qui, ou bien s'étendra aux principaux pôles industriels, et de là au monde entier, ou restant isolé par manque de solidarité internationale sera détruit d'une manière ou d'une autre. Prétendre qu'aucune es sure économique socialiste, ne peut être appliquée dans un cadre réduit, c'est ne pas avoir compris que le pouvoir ouvrier n'est pas qu'une simple forme, nais qu'il est essentiellement un contenu. C’est ne pas avoir compris que le prolétariat ne se mobilise pas en premier lieu pour prendre le pouvoir, mais pour lutter contre sa situation d'exploité; et que ce pouvoir, il en a besoin pour en finir avec elle c'est un moyen, et non un but. Si l'on affirme que le prolétariat, par la révolution, s'affirme en tant que sujet de l'histoire, c'est à dire d'une manière consciente, on affirme par là même que ce dernier va combattre tous les rapports de la société qui  l’exploite. Sans quoi il restera objet soumis à l'exploitation qui ne peut être qu'extérieure à lui, il ne serait qu'un sujet décapité et donc facilement malléable. Car n'oublions pas que ce sont les rapports de production, qui déterminent les relations sociales, et non l'inverse.

05/07/2016

LOI TRAVAIL : ON NE LUTTE PAS CONTRE DES LOIS RÉACTIONNAIRES, ON LES DÉTRUIT

LOI TRAVAIL : ON NE LUTTE PAS CONTRE DES LOIS RÉACTIONNAIRES, ON LES DÉTRUIT
PAR LA RÉVOLUTION SOCIALE
Toutes les crapules du gouvernement autant que celle des syndicats CGT FO SUD CFDT, chacun dans leur rôle respectif peuvent se féliciter d’avoir réussi à mobiliser le plus important mouvement social depuis les dix dernières années, mais les intérêts des syndicats sont bien différents des nôtres.
Sans minimiser le projet de cette loi crapuleuse, pour nous, le code du travail qu’il soit modifié ou non par la (loi travail) dit loi El Khomri,, restera toujours la loi des bourgeois qui s’autorise le droit de nous exploiter comme bon leur semble. Certes, les patrons pourront fixer les horaires, les salaires et les licenciements à leurs convenances, mais rien n’empêchera la classe ouvrière de se faire justice !

Devons-nous pour autant « lutter pour garder l’ancien code du travail ou lutter pour nous émanciper à tout jamais de “l’esclavage salarié“ ?

Avons-nous donc autant de mépris de nous-mêmes au point d’être aveuglé devant la perspective qui s’offre à nous, celle de nous émanciper d’un système qui ne peut être que de plus en plus réactionnaire !

Nous sommes des prolétaires et c'est nous qui produisons les moyens de reproduire notre existence, nous sommes la force énorme capable de balayer ce système qui nous condamne à travailler, à produire non pour satisfaire nos besoins, mais ceux d'une classe qui se nourrit de nos vies et nous fout aux ordures après usage.

Les syndicats ont tous fait pour diviser la classe ouvrière, en se gardant bien de reprendre le mot d’ordre d’une “ grève générale ». Pour la simple raison qu’une grève générale aurait été beaucoup plus risquée, tant pour les syndicats que pour la bourgeoisie dont ils restent les principaux garants.
Dans une grève générale, la loi El Khomri, l’idiote utile de ce gouvernement, n’aurait suscité qu’un ricanement de mépris pour s’étendre à une cause beaucoup plus sérieuse.

En regardant de plus près la loi travail, nous comprenons mieux ce qui a fait réagir les syndicats, c’est principalement la trouille de perdre leur représentativité dans les branches professionnelles. Une partie de la loi travail visant à court-circuiter les syndicats en supprimant leur représentativité dans les accords de branches professionnelles. La manœuvre de Valls et Gattaz du MEDEF, étant de donner aux petites et moyennes entreprises de ne plus être sous la tutelle des conventions collectives régissant les branches professionnelles. Autrement dit ; la trouille de la CGT FO étant de sauvegarder une partie de leur gagne-pain.

De manifestations en manifestations, calqué sur les débats parlementaires pour bien montrer au gouvernement qu’ils détenaient une force incontournable. Pendant que dans le dos des manifestants les syndicats CGT des différentes corporations (branches) magouillaient pour obtenir quelques garanties principalement celle des secteurs clefs tel les transports, négociation à la SNCF, les enseignants, etc… Du jour au lendemain, la volte-face de Martinez et Mailly,  sont passés du retrait total de la loi El Khomri à quelques articles qui devaient être revisités.

Après avoir fait passer la CGT pour un syndicat jusqu'au-boutiste, rien de tel pour revivifier un syndicalisme moribond, le Premier ministre Valls n’ayant plus (parait-il) de majorité a l’assemblé nationale, dégaine le 49-3 pour faire passer sa loi et remet le couvert en interdisant les manifs “processions“ syndicales. Ce qui a donné un tollé général « de tous nos démocrates de gauche, trotskiste bille en tète, réaffirmant par là leur attachement à la démocratie bourgeoise, C’est-à-dire le droit des bourgeois de continuer à nous exploiter et celui des syndicats à négocier le prix de notre exploitation… Démocratiquement bien sûr ! Les luttes sociales, se moquent bien de savoir si elles sont légales ou illégales ! Et ce n’est certainement pas un avorton vaniteux qui arrêtera le cours de l’histoire lorsque sonnera l’heure de leur défaite !

 Encore une fois dans l’épicerie syndicale, il n’y a pas de syndicats rouges ou de syndicats jaunes, il n’y a que des syndicats dont la fonction est de nous maintenir dans nos conditions d’esclavage salarié, celle de toutes les précarités suivant l’offre et la demande, suivant la conjoncture économique du capitalisme, c’est ce qu’ils appellent la flexisécurité et pour nous la flexiprécarité. « Je prends quand j'ai besoin, je jette quand je n'ai plus besoin », mais il n’y a là rien de nouveau, qui nous ferait regretter un bagne pour un autre.

Les syndicats n’ont cherché qu’à contribuer à l’élaboration du code de notre exploitation, à sauvegarder leur privilège de parasites, car c’est bien en maintenant nos conditions d’esclave que tous les syndicats et les faux partis « communistes » , « socialistes », vivent grassement et confortablement !

REFUSONS TOUTE CAUTION OU APPUI AUX MANIFESTATIONS SYNDICALES
AVEC L'ENNEMI ON NE S'ALLIE PAS... ON LE DÉTRUIT.

Ce qui importe, c'est de savoir si nous continuerons à nous soumettre à l'exploitation de la seule vie que nous ayons ou si nous allons enfin réagir contre notre condition d'hommes écrasés et humiliés ; notre seul mot d'ordre face à ces attaques ne peut qu'être que mort au capitalisme, abolition de l'esclavage salarié est pour le réaliser, détruire ce monde absurde par la révolution sociale.

Cessons de nous faire manipuler par ces bonimenteurs « de la politique et du consensus social » prenons confiance en nous, prenons notre destin en main, organisons-nous nous-mêmes. Crachons sur tous les cortèges organisés par les syndicats, car si nous ne le faisons pas cela signifie que nous sommes incapables de nous insurger contre notre putain de vie d'esclave, traité comme du bétail prêt à marcher vers l'abattoir.

Quant aux "Nuit debout !" À Paris comme en province n’ont été que les laboratoires du Front de Gauche de Mélenchon, au mieux comme au pire des bidules pour aménager la précarité ! Rien d’autre à dire d'un phénomène répétitif qui sent le rance d’un citoyennisme encrotté.

Nous "devons tous contribuer à l'union grandissante du prolétariat. Nous devons créer le rapport de force nous permettant d'en finir internationalement avec le travail salarié, les classes sociales et les frontières !

PROLÉTAIRES DE TOUS LES PAYS, UNISSONS-NOUS, SUPPRIMONS  LES POLICES, LES ARMÉES.  LA PRODUCTION DE GUERRE, LES FRONTIÈRES, LE TRAVAIL SALARIE...
                                           ARMES, POUVOIR, ÉCONOMIE AU PROLÉTARIAT ! 


08/03/2016

BENJAMIN PÉRET. LE SIGNE ASCENDANT DE LA RÉVOLUTION D’ABORD ET TOUJOURS.


BENJAMIN PÉRET. LE SIGNE ASCENDANT DE LA RÉVOLUTION D’ABORD ET TOUJOURS.

LE SIGNE ASCENDANT DE LA RÉVOLUTION D’ABORD ET TOUJOURS.


Remerciements: 

Merci à Alfredo  pour son article id : http://labouchedefer.free.fr/

Merci pour la photo des archives de Jaime Fernandez


Suivit de Benjamin Péret:

"Ce que c'est que le surréalisme" (1929)



Il faut ici rappeler, à tous ceux qui n’envisagent le surréalisme que sous l’angle esthétique, que la révolte de Péret et des futurs surréalistes s’alimentera en grande part du dégoût que produira sur eux la boucherie de 14-18. Ainsi, la guerre, le vil caporalisme et les différents aspects que peut prendre la peste nationalo-chauvine, constitueront autant d’objets de mépris sur lesquels s’exprimera l’ire ou la dérision des surréalistes. « Vive la France et les pommes de terre frites ! », s’exclame Péret lors d’une matinée Dada.
En 1921, à l’occasion du fameux « Procès Barrès » accusé de crime contre la sûreté de l’esprit, il récidive. Déguisé en soldat inconnu, orné d’un masque à gaz et marchant au pas de l’oie, il provoque l’indignation des braves chauvins qui prennent la scène d’assaut en entonnant la Marseillaise. Les médias, déjà au « service » des bonnes causes, commentent l’affaire. Le 14 mai, le journal La Presse, gon fanions au vent et clairons en tête, entonne :
« Tant de bassesse, de vilenie et de grossièreté dans la farce devrait naturellement révolter tous ceux qui ont l’âme française… »
Le 15 mai c’est autour de Comoedia de claironner :
« Ce fut une manifestation piteuse, grotesque, odieuse même par l’introduction dans cette mascarade sans gaîté, du symbole que le soldat inconnu représente pour l’immense majorité des Français… »
Si les années vingt constitue une période historique particulièrement marquée par les conflits politiques et sociaux, elle se caractérise également par un certain conformisme qui, en France comme en d’autres coins du globe, use de tous les moyens afin de maintenir la cohésion du système capitaliste.
Les 13 millions de morts sur les « Champs du Déshonneur » de 14-18, n’entameront pas suffisamment l’ardeur patriotique des peuples abrutis par des siècles de propagande nationaliste. Un peu partout, on continue à adorer les mêmes idoles, vénérer les mêmes héros et se prosterner devant les mêmes valeurs. Sans délaisser le terrain de la contestation politique et sociale (ce qui les amènera, parfois, à contracter des alliances malheureuses : voir l’épisode de l’adhésion au PCF), les surréalistes dès l’origine du mouvement, entendent œuvrer à l’émancipation de l’esprit.
« (..) Nous lançons, s’écrient-ils dans leur fameuse « Déclaration du 27 Janvier 1925 », à la société cet avertissement solennel :
Qu’elle fasse attention à ses écarts, à chacun des taux de son esprit nous ne la raterons pas.
(…) Le surréalisme n’est pas une forme poétique.
Il est un cri de l’esprit qui retourne vers lui-même et est bien décidé à broyer désespérément ses entraves, et au besoin par des marteaux matériels. »

La dérision iconoclaste

Lorsque l’Académie Française lance son prix de poésie pour l’année 1927, c’est sous le signe de la dérision iconoclaste que Péret répond à l’appel. Le thème du concours, créé, visiblement, à l’intention des maniaques de l’alexandrin en mal de verve, est des plus édifiants. « La Mort Héroïque du Lieutenant Condamine de la Tour », sorte de sabreur occis durant la guerre du Rift, témoigne, en effet, de ce que peuvent entreprendre les institutions étatiques afin de diffuser et consolider leurs mythes aliénants. La notice suivante, émanant du groupe surréaliste, présente au jury la contribution de Péret :
« (…) Noire collaborateur, Benjamin Péret, inspiré particulièrement par cette action d’éclat, présente dès maintenant au jury académique le poème ci-dessous où est apprécié à sa juste valeur le haut fait d’armes de son compatriote ».
« (…) C’est ainsi que tu as grandi Condamine de la Tour
que tu as grandi comme un porc
et le nombril du soldat inconnu est devenu le tien
Mais aujourd’hui jésus a mis ses pieds dans ta gidouille
qui lui sert de sabot
C’est pour cela qu’on l’a fait dieu
et que les curés ont des chaussures
semblables à leur visage
Pourris Condamine de la Tour
Avec tes yeux le pape fera deux hosties
pour ton sergent marocain
et ta queue deviendra son bâton de maréchal
Pourris Condamine de la Tour
pourris ordure sans os. »

Poète et révolutionnaire


Poète et révolutionnaire, menant de plein front ces deux activités qui, bien que complémentaires, se définissent sur un plan différent, Benjamin Péret fut également un militant de valeur sur le terrain des luttes sociales. En épousant la cantatrice brésilienne Elsie Houston (avril 1928), Péret devient le beau-frère de Mario Pedrosa, militant trotskyste, avec lequel, l’année suivante, il fonde et anime à Rio de Janeiro la Ligue Communiste du Brésil (Opposition de gauche). Il sera finalement arrêté, emprisonné puis expulsé du Brésil comme « agitateur communiste » le 30 décembre 1931, quelques mois après la naissance de son fils Geyser. Le rapport du ministère de la justice qui suit est des plus explicites : « Le chef de la police demande l’expulsion du territoire national du Français Benjamin Péret, agitateur communiste et comptant parmi les responsables de la Ligue Communiste du Brésil… »
(Quant a Elsie Houston, elle sera retrouvée morte à son domicile, 431 Park Avenue. Alors âgée de 40 ans. L’inspecteur William Chaplin du commissariat de la 51ème rue a conclu à un suicide apparent. New York Times, 21 février 1943)
Soulignons encore la présence et la participation active de Péret dans la révolution espagnole de 1936.D’abord dans les rangs du POUM et ensuite, alors que cette organisation trotskiste se trouvait peu à peu phagocyté par des éléments staliniens, dans les milices anarchistes. Ce fragment de lettre adressée à André Breton, nous fournit quelques renseignements sur l’état d’esprit et les activités déployées par Péret :
« Dès les premiers jours de mon retour, il s’était avéré que toute collaboration avec le POUM était impossible. Ils voulaient bien accepter des gens à leur droite, mais pas à leur gauche… J’ai décidé d’entrer dans une milice anarchiste et me voici au front -à Pina de Ebro- où je resterai tant que rien d’intéressant ne m’appellera ailleurs… Je voudrais te raconter ici toutes les canailleries des staliniens qui sabotent ouvertement la révolution avec l’appui enthousiaste évidemment des petits bourgeois de toutes nuances… » (Primera Compania del Batallon « Nestor Makhno » - Division Durruti, Pina de Ebro, Frente de Aragon, 7 mars 1937.)
Péret connaîtra encore la prison en 1940 pour menées subversives et avoir créé une cellule trotskiste au sein de l’institution militaire. Libéré à la faveur du désordre général, il gagne la zone libre. Jugé indésirable par l’ambassade des États-Unis qui lui refusera un visa d’entrée. C’est de Marseille qu’il s'embarque pour le Mexique. Il y restera, auprès de sa nouvelle compagne, le peintre espagnol Remedios Varo, jusqu'en 1948. Au Mexique, il entreprend des recherches approfondies sur les mythes précolombiens et les légendes populaires d'Amérique. Ce qui nous vaudra, en 1955, une traduction précédée d’une superbe introduction du Livre de Chilam Balam de Chumayel. En 1960, après la mort du poète, sera publiée son Anthologie des mythes, légendes et contes populaires d’Amérique, avec en préface le fameux texte La Parole est à Péret dans lequel, conscient de ce qui vivifie son oeuvre depuis toujours, Péret établit magistralement l’analogie entre la démarche poétique et la pensée mythique.
En 1945, alors qu’en France, un peu partout, on se découvre une vocation subite de résistant, Péret lance son fameux Déshonneur des Poètes. Véritable manifeste de la poésie non asservie (celle dont Octavio Paz, disait qu’elle « est un pont jeté entre la pensée utopique et la réalité »), ce manifeste était la réponse claire et sans ambages de Péret face aux litanies serviles publiées par Aragon Eluard suivis de quelques autres dans L’Honneur des Poètes. Les polémiques qui s’engagèrent contribuèrent certainement au silence qui entoura durant des décennies l’oeuvre de Benjamin Péret. Au cours des années 60, M. Georges Hugnet, n’hésitera pas à traiter Péret de « planqué » et de « pousse au crime »… Et actuellement, dans un ouvrage de son crû, dont la lecture ne peut être menée à terme qu’à condition de se boucher les narines, c’est l’agité du bocal Bernard Henri Lévy qui traite Péret d’âne… ?

Le contenu révolutionnaire du surréalisme

Le contenu révolutionnaire du surréalisme ne peut être pleinement saisi, que si l’on tient compte du rôle émancipateur de l’écriture automatique et de sa contribution à l’éveil des consciences. Que ses plus grandes conquêtes, matérialisées en partie à travers des productions « artistiques », donnent aujourd’hui, le sentiment de faire essentiellement le bonheur des spéculateurs en bourse, ne doit pas nous faire oublier ses véritables enjeux. Il faut se demander, en vérité, si en affichant leur volonté de libérer le langage du poids des traditions et des préjugés séculaires qui le figent, les surréalistes n’avaient pas tout simplement le désir de « déplacer les bornes du soi-disant réel » ? Benjamin Péret, dans de nombreux textes, a parfaitement mis en relief à quel point le langage domestiqué, réduit à son expression la plus platement « utilitaire » du « doit » et de l’« avoir », signifiait ta pérennité de la servitude dans la République des « lieux communs ». Son oeuvre poétique est de celles qui laissent le moins de prise à « cette croûte de signification exclusive dont l’usage a recouvert les mots ». Que ce soit dans ses poèmes ou dans ses analyses politiques d’une grande lucidité, Péret à chaque instant nous prouve que c’est dans l’utopie révolutionnaire que les rêves humains trouvent leurs plus belles manifestations. Par la force et la rigueur qu’il mit au service de la surréalité comme à l’avènement de la Révolution Sociale, plus que tout autre, il mérita du « signe ascendant ». Péret reste le poète des plus sublimes intransigeances, l’inoubliable auteur de Je Ne Mange Pas De Ce Pain - Là. Comme le Libertaire le titrai jadis pour Breton, sa mort, survenue en septembre 1959, constitua assurément,« un grand malheur pour la pensée honnête ».

Benjamin Péret:"Ce que c'est que le surréalisme" (1929)

Pour que les lecteurs de ce journal soient renseignés sur le surréalisme, je pourrais les renvoyer à l'interview que j'ai donnée au représentant de l'agencia Brasileira et qui a été publiée dans l'un des derniers numéros de Diario Nacional du mois passé.
Cependant, il me paraît utile de préciser quelques point
s:
1° Le surréalisme est contre l'art parce que l'art suppose des compromissions de toutes sortes et d'abord s'oppose à la sincérité totale que nous exigeons.

2° Le surréalisme n'est pas contre la logique. il l'ignore délibérément. La logique n'a rien à voir avec la poésie dont le surréalisme permet le jaillissement pur et spontané. Cela n'implique pas que les surréalistes soient dépourvus de cette logique instinctive qui est l'apanage de tout être normal.

3° Le surréalisme n'est pas contre la culture. Il dit que la culture n'a rien à voir avec la production d'une oeuvre purement surréaliste et même de n'importe quelle oeuvre sincère et empreinte d'une personnalité réelle et vivante.

4° Le surréalisme est une tentative purement désintéressée. Aucun des surréalistes n'écrit pour le public – c'est à dire en vue du succès – par conséquent ils ne cherchent ni à lui plaire ni à lui déplaire. Ils ne font aucune concession d'aucune sorte au goût du public. En cela ils sont contre la commercialisation de l'esprit.

5° L'écriture automatique qui est à la base du surréalisme, vient directement de la psychanalyse freudienne. Freud fait dire à ses sujets tout ce qui leur passe par la tête. Nous faisons de même, sans raturer ce que nous écrivons et en faisant abstraction au préalable de tout contrôle de la raison.

6° Nous sommes contre les préjugés de toutes sortes que nous méprisons hautement. Nous refusons de discuter ces préjugés et commençons par insulter les imbéciles pour lesquels ils sont valables.

7° Jusqu'à preuve du contraire, je tiens actuellement le surréalisme pour la seule entreprise valable et désintéressée parce que seule elle amène la libération totale de l'esprit. Le surréalisme appartient à tous les hommes qui sentent déjà l'absurdité de toutes les contraintes qui leur ont été imposées jusqu'ici. Il leur permet de se découvrir tels qu'ils sont, tels qu'ils devraient

Benjamin Péret: "Ce que c'est que le surréalisme", Diario de São Paulo, 7 mars 1929. Oeuvres complètes, tome 7, Librairie José Corti, 1995, p. 133.

07/03/2016

LA GUERRE SOCIALE NE FAIT QUE COMMENCER

 





NOUS N’AVONS PLUS RIEN A NÉGOCIER,

MAINTENANT VOUS DEVEZ DÉGAGER !

 

Aujourd’hui, la bourgeoisie est forte de la division de notre classe entre ceux qui ont un travail et ceux qui n’en ont pas, cette mise en concurrence est une véritable chape de plomb qui paralyse toute initiative de solidarité, toute initiative de lutte.
Nous ne devons pas être à la remorque de revendications défensives, nous devons au contraire être porteurs de revendications offensives qui renouent avec les luttes en apportant la confiance et la solidarité nécessaire à l’unité de notre classe internationale.

REFUSONS TOUT SACRIFICE !
NE LAISSONS PLUS PERSONNE NEGOCIER A NOTRE PLACE

L’action syndicale, ça a toujours été comme ça. … Les uns qui nous promènent pendant que les autres signent et négocient dans notre dos ! Pour nous défendre contre les attaques du capital, nous devons nous organiser en dehors et contre les syndicats, internationaliser nos luttes de manière à rompre notre isolement.

La classe ouvrière n’en serait pas à manifester pour défendre et conserver les lois qui légifèrent le droit des bourgeois à faire de nous des esclaves à exploiter ou a  jeter au rebut, si les syndicats ne nous avaient pas toujours trahies et vendues !

FACE A UN CAPITALISME MONDIALISÉ
EXIGEONS l’INTERNATIONALISIONS NOS REVENDICATIONS

Nous devons exiger : MOINS DE TRAVAIL ET PLUS DE SALAIRES RÉELS, PAR LA RÉPARTITION DU TRAVAIL ENTRE TOUS, SANS DIMINUTION DE SALAIRE...

Cette revendication fermera le bec à toutes autres revendications puisqu'elle attaque le capital là où ça fait mal " LA PLUS-VALUE". Cette revendication clouera le clapet à cette arrogante bourgeoisie et aux ordures qui gèrent leurs affaires, comme a ceux qui nous font défiler pour mieux nous bâillonner.


NOTRE CHOIX EST FAIT : LA  GUERRE SOCIALE  NE  FAIT QUE COMMENCER