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13/01/2015

QUE CHARLIE HEBDO PARDONNE A SES ASSASSINS CE N’EST PAS EN FAIRE DES VICTIMES, MAIS DES SAINTS AU PIRE DES COMPLICES !

ET MAINTENANT  SI L'ON PARLAIT DU DJIHADISME SOCIAL ! 
DE CEUX  QUI  IMPOSENT UNE CHARIA
A 
50 MILLIONS DE CHÔMEURS DANS LES PAYS  DE L'OCDE,
EUX NE NOUS TRAITENT PAS DE MÉCRÉANTS..., MAIS DE FRAUDEURS ET DE FAINÉANTS !.
   NON  A L'UNITÉ NATIONALE  
VIVE L'UNITÉ  INTERNATIONALE DES PROLÉTAIRES

Vous aurez bien du mal à nous faire croire que cette brochette de chefs d’État  se sont déplacés que pour un dernier hommage aux membres d’un Charlie hebdo aux dessins plus potache que subversif ! Ils ont profité d’une émotion, d’une compassion  humaine pour bonnement confisquer la marche des « JE SUIS CHARLIE » pour mieux vous faire cautionner l’ensemble de leurs politiques criminelle et antisociale !
Ils ont profité d'une manifestation confondue d’humanité pour la tronquer en citoyenneté, jusqu'à vous faire psalmodier leur funeste chant Patriotique, où le seul couplet retenu n’était autre que celui de voir «qu’un sang impur abreuve nos sillons ». Ce n’est pas à une classe en colère qu’ils sont venus rendre hommage, mais au succès d’un gouvernement et en sa capacité d’anesthésier, d’embrigader une classe, par la plus belle des démonstrations en faisant défiler main dans la main « les  victimes et leurs assassins », une humanité, une classe dupée jusqu'au trognon ! »  à en vomir de honte en voyant une foule en délire embrassant une “police devenue légitime, démocratique“  servant un brave "peuple souverain"!
Manipulez, vous l’avez été comme le sont tout autant les fous cagoulés par les appareils d’États avec ou sans nation comme l'État islamique ou encore la Palestine et leurs services secrets, capable d’enrôler autant d'âmes simples recrutées dans les banlieues de France ou dans les bas quartiers des médinas et  encore d’intellectuels recrutés dans les meilleures universités occidentales.
Museler la colère sociale, par le terrorisme, ne sert qu’à cela ! Semer la terreur, jouer sur nos peurs irrationnelles pour paralyser toutes initiatives de classe. Pour faire passer des lois de censure et d'austérité encore plus accrue, rejeter la responsabilité de la faillite d’un système mondiale pour préparer les va-t-en-guerre de tout poil, affublés des Cyber patriotes d’Anonymous.
Penser qu’une guerre serait envisageable serait-il exagéré ? « Certes non, au vu du nombre de victimes, de la brutalité des attaques, de l'ampleur de la riposte. Mais après de nombreuses expériences plus ou moins réussies, Les tenants  de ce monde ont bien appris que l'on gagne une guerre d'abord à l'arrière : soumission et production en sont les deux mamelles ». 1 
Tout cela parce qu’il est difficile d’éliminer la violence sous toutes ses formes qu’elle soit sociale comme  « la misère des 48 millions de chômeurs des pays de OCDE, de ceux qui crèvent de faim et plus encore odieusement de froid  » comme  par celle causée par la mitraille ! Sans s’en prendre à ses causes réelles, parce qu’effectivement  notre ennemi règne partout sur le globe « le capitalisme mondial » ainsi que toutes ses formes d’impérialisme, des plus barbares dictatures cagoulées en djihadistes aux plus hypocrites des dictatures masquées d'un sceau démocratique.   
Que Charlie hebdo pardonne à ses assassins ce n’est pas en faire des victimes, mais des saints au pire des complices …   À chacun sa conscience de classe, ce n’est pas la nôtre !
Non la lutte de classe est toujours là et nous la continuerons parce que nous sommes contre toute la société, ses règles et ses comportements imposés et que nous luttons  pour son renversement et sa disparition définitive. Nous ne nous attaquons pas à ses "excès". Nous affirmons le besoin de la révolution sociale. Nous voulons détruire cette infâme société pour bâtir la communauté humaine.
PROLÉTAIRES DE TOUS LES PAYS UNISSONS-NOUS,
SUPPRIMONS LES ARMÉES, LES POLICES, LES FRONTIÈRES,

LA PRODUCTION DE GUERRE, LE TRAVAIL SALARIÉ !

Lire: Tapis de bombes, de prières, de dollars... a genoux !

04/12/2014

ISRAËL – PALESTINE + DU PAREIL AU MÊME DE G.MUNIS


Suivi d'un article  
"DU PAREIL AU MÊME" 
de  G. Munis
Introduction

Les bouffonneries qui se rangent derrière une reconnaissance d'un État palestinien et autre poison nationaliste, pourraient bien donner lieu à des perspectives encore plus barbares que les précédentes. Méfions-nous des nobles causes, surtout quand celles-ci sont adossées à des droits des “peuples“, ils pourraient bien déboucher sur un dangereux mélange des genres et conduire les prolétaires dans une troisième boucherie mondiale !  États futurs ou existants, créés au nom d'un « droit Divin » octroyé par ces entités terroristes juives ou musulmanes, manipulé par les deux grands blocs impérialistes et aujourd’hui par certains pays arabes* pour assurer leur propre domination mondiale, tout cela doit être dénoncé pour ce qu’ils sont, des bagnes et le plus souvent des cercueils pour les prolétaires. L’histoire des Nations n’a jamais été  autre chose que l’histoire du terrorisme et des rapines. N'est-ce pas les nations qui créer et finance les  Hamas, Daesh, Al-Qaeda et Boko Haram ! Soutenir l'un des deux camps au nom d'un "droit ", c'est tomber dans le camp ennemi. Si les prolétaires n’ont pas de patrie, ils doivent rejeter toutes les chaînes que leur tendent ces hyènes sanguinaires, tous ces vampires de plus-value. Le prolétariat n’a qu’un seul combat à mener celui de son émancipation qui passe par l’abolition de toutes les nations.  
A BAS TOUTES LES NATIONS DU MONDE
UNIFIONS NOS LUTTES DANS  UN MÊME COMBAT  CELUI DE NOTRE POUVOIR DE CLASSE
SANS PATRIE SANS FRONTIÈRE.
****
Du pareil au même
G. Munis
(Traduit de l’Alarma N° 14, septembre 1982)
La sagesse populaire qui se dégage du propos moqueur choisi ici comme titre, devait suffire pour définir la sanglante bagarre israélo-palestinienne. Cependant, par les temps qui courent, une telle sagesse paraît science hermétique, non précisément pour les gens de peu de culture, mais pour l’esprit des savants et de la gent culte, pour toute cette ripopée de partis, syndicats, intellectuels de gauche. La dégradation des idées politiques et sociales est arrivée à un tel point, que les termes et concepts signifient presque toujours de fait le contraire de leur contenu réel, sain. Le cas de la “révolution” palestinienne n’est que le plus récent d’une longue liste d’appâts destinés à recruter de la chair à canon quand il s’agit de la lutte armée ou bien une masse moutonnière la servant.

Dans ce cas également, la préparation de la grande extermination humaine, façonnée sans équivoque possible par les deux grands blocs impérialistes, est implicite.

Un bref rappel : depuis la fin de la dernière guerre mondiale – sans aller plus loin – nous avons assisté à ce qui est arrivé en Chine, au Vietnam et dans le reste de la péninsule indochinoise, à Cuba, en Algérie, en Angola, au Bangladesh, au Yémen, en Ethiopie et autres Nicaragua de moindre importance. Invariablement, les cris de toute cette ripopée de pseudo-gauchistes sont : “indépendance nationale”, “révolution” et même “socialisme” ; la nourriture constante est : “à bas l’impérialisme !”. La réalité, une fois les nouveaux régimes installés, a été diamétralement opposée. Il n’y a eu ni révolution, ni socialisme, et l’indépendance nationale n’a été qu’une dépendance vis-à-vis de l’autre empire et parfois même un retour effronté ou dissimulé au premier. A l’intérieur de chacun de ces pays, exploitation du prolétariat et despotisme politique se sont accrus comme seul moyen d’étayer les pouvoirs résultant de la réorganisation du capitalisme dans sa forme étatique partielle ou complète. De sorte que la foule d’excités qui leur donna la main pour les hisser jusqu’à l’Etat est coupable de complicité. Foule complice de leurs incontestables crimes sanglants, aboutissement de leur crime principal, leur nature réactionnaire tant sur le plan économique que politique.

Ces mêmes excités se pavanent avec leur gauchisme et leur générosité, etc. en répétant leurs cris, c’est-à-dire leur escroquerie qui n’est pas qu’idéologique en faveur d’un futur Etat palestinien. Comme si l’escroquerie n’était pas évidente, ses auteurs apparaissent en plus en compagnie de toute l’ancienne canaille réactionnaire mondiale, exceptée la canaille israélienne. Depuis les dirigeants russes et leurs proches jusqu’aux esclavagistes d’Arabie Saoudite et autres champs pétrolifères, les néo-nazis et l’impérialisme américain en passant par ceux qui se disent de gauche, trotskistes et anarchistes inclus, l’action mondiale est en faveur de la Palestine[1].

Qu’une telle action ait pu se produire s’explique – cause générale – par la situation d’un monde socialement embourbé, avec un grand retard par rapport aux possibilités de transformation radicale qui existent en son sein, par une situation globalement réactionnaire donc. Deuxièmement elle s’explique - cause particulière - par les gisements de pétrole du monde arabe et par l’importance stratégique territoriale des pays ainsi dénommés. Ces deux facteurs sont des enjeux de première importance pour les deux blocs militaires en vue de la troisième guerre mondiale ou en vue d’autres guerres inter-impérialistes secondaires, celles qui ont eu lieu par clients interposés.

Depuis de nombreuses décennies, tout progrès ou développement de la société s’avère impossible par voie nationale. Que les promoteurs de l’indépendance invoquent Allah à quatre pattes, Jéhovah en se tapant la tête contre le mur des lamentations, la version chrétienne ou bien Marx et la révolution athée, cela ne change rien. Et les résultats, en cas de victoire et indépendamment de la bonne foi de ceux qui servent de chair à canon, sont contraires à l’émancipation de la grande masse pauvre. Comme l’a dit le Ferment Ouvrier Révolutionnaire de nombreuses fois, l’existence même de ces luttes présuppose l’inactivité même des exploités, l’élimination de leur lutte de classe, en faveur de leurs exploiteurs. Et voilà pourquoi, du “pareil au même” au singulier et au pluriel, est devenu la première devise de l’alphabet révolutionnaire. Celui qui ne ressent pas un profond mépris – aujourd’hui jusqu’à la nausée – pour tous ces protagonistes et défenseurs de pseudo-indépendantisme, tombe intentionnellement ou inconsciemment dans le camp ennemi.

Il faut le dire sans tergiversation et à plein poumon : les palestiniens n’ont pas le droit de se constituer en nation, à posséder un territoire et un Etat. Le droit capitaliste finira pas les lui concéder d’une manière ou d’une autre, avec même le consentement d’Israël. Mais c’est précisément de droit qu’il s’agit d’abolir pour pouvoir parler sans escroquerie de révolution. La preuve irréfutable de ce qui vient d’être dit est donnée par Israël même, le peuple persécuté par excellence, celui de l’“holocauste” nazi, le peuple “sans distinction de classe”, image du pauvre juif errant battu depuis la domination religieuse du christianisme. A peine constitué en entité nationale, il organise un Etat semi-théocratique, ultra-équipé militairement, comme les grandes puissances, dépendant d’un des blocs impérialistes, et incapable, par exclusivisme nationaliste et étroitesse mentale de “peuple élu”, d’offrir à ses cohabitants palestiniens une meilleure situation économico-politique que celle qui existait avant l’établissement de l’Etat israélien. Cela lui aurait été facile sans même rompre avec sa propre étroitesse hébraïco-capitaliste. Le “problème palestinien” aurait cessé d’exister comme tel. Alors serait apparue clairement la possibilité immédiate – expression de la nécessité sociale – d’une lutte a-nationale comme aux travailleurs israéliens et palestiniens contre leurs exploiteurs dont la personnalisation humaine actuelle est celle de Begin et Arafat, et représenté idéologiquement par le judaïsme et l’islamisme.
Eviter que la nécessité sociale ne se transforme en possibilité pratique est ce dont il s’agira toujours et dans tous les cas, pour tous les crieurs concernés : gouvernements, partis et syndicats, unis ou divisés. 

Il va de soi, d’après ce qui vient d’être dit, que les juifs non plus n’avaient le droit de vivre où il leur plaisait et particulièrement là où leurs ancêtres habitaient avant la diaspora ; de même que les palestiniens arrivés par la suite sur le même terroir. Créer une Nation, c’est avant tout organiser l’exploitation dans des frontières déterminées et se donner la possibilité d’exploiter en dehors même de ces frontières. 



[1] Rappelons-nous : Franco était également un tenant de la “cause” palestinienne et arabe en général, tout comme le sont ses descendants à la sauce européenne.

Quelle que soit la raison véridique que l’on allègue d’un point de vue national, les conséquences qui en résultent ne sont pas fausses mais contraires au devenir historique, elles sont superlativement réactionnaires. Il n’est d’imaginable que la solution qui consiste à arracher les bornes et supprimer les patries. Et donc arracher les instruments de travail au capital apparaît comme une nécessité simultanée.
Seules ces mesures initiales, et non des agencements ou des trifouillages, constituent ce qui s’appelle révolution. A défaut de révolution, l’escroquerie sociale est permanente, les tueries comme celles de Beyrouth ou de la rue de Rosiers à Paris ne cesseront pas, sauf capitulation d’un des camps. Hormis le degré de répulsion, dans les deux cas la bande des victimes est autant coupable par sa politique réactionnaire, que la bande des victimaires.
Il n’est pas nécessaire d’imaginer la révolution dont parle sans arrêt l’OLP. Les modèles qui lui sont offerts abondent dans et en dehors du monde islamique ou arabe. Le plus draconien et dont on parle le plus, l’Iran, est celui qui possède toutes les caractéristiques négatives des autres dans tous les domaines – politique, économique, culturel. On ne parle comme d’une révolution, et la presse mondiale reproduit l’appellation, alors que son premier pas fut contre-révolutionnaire. L’odieux et sanguinaire régime du Chah suscita un soulèvement général, mais encadré par le sacerdoce islamique et inspiré par le Coran ; Mollahs et Ayatollahs imposèrent sur le champ un régime encore plus odieux et sanguinaire que le précédent. La bestialité théocratique de Khomeiny et de ses bandes de cléricaux, de flics et d’assassins, armature de l’Etat, allie l’ancienne barbarie coranique à la barbarie de la science moderne à son service. Qu’une telle chose ait pu se produire prouve à quel point les “du pareil au même” dominent et manipulent le monde à leur guise. Les soutenir directement ou indirectement, pratiquement ou seulement verbalement, c’est trahir la cause du prolétariat.

                                                                        (Traduit de l’Alarma N° 14, septembre 1982)









20/11/2014

LE SOCIALISME


Le socialisme est le seul système au sein duquel les problèmes sociaux d'aujourd'hui peuvent être résolus. Mais quelle forme prendra ce système? Le socialisme est un système dans lequel les moyens de production et de distribution des richesses seront possédés par la société tout entière. Par contre, sous le régime capitaliste, la terre, les usines, les bureaux, les mines, les chemins de fer et autres instruments de production sont monopolisés par une seule partie de la société qui constitue par conséquent une classe privilégiée. Le socialisme mettra fin à cette situation car ce sera une société sans classes dans laquelle l'exploitation et l'oppression seront abolies puisque les moyens d'existence seront possédés par l'ensemble de la société. Tous les êtres humains seront socialement égaux et libres, libres de diriger les affaires sociales d'une façon « démocratique ».débarrassé de tous contraintes économique et de la valeur marchande

Il n'est pas possible de prévoir en détail la vie quotidienne au sein de la société socialiste. Quelques écrivains ont essayé de la dépeindre, mais le degré de leur réussite est discutable. Il serait en effet prématuré de dresser un plan détaillé du socialisme, puisque ses formes exactes dépendront des conditions technologiques qui existeront et des préférences de ceux qui rétabliront et y vivront. Nous avons toujours refusé de jouer le jeu futile de dresser le plan d'une société future. Néanmoins, il est possible de définir en termes généraux les caractéristiques essentielles du socialisme.

Le socialisme ne peut être que “démocratique“. Il est l’organisation “démocratique“ qui s’applique à tous les aspects des affaires sociales, y compris la production et la distribution des richesses. Le socialisme s’oppose au « gouvernement des personnes » pour faire place à «l'administration des choses». Autrement dit, le pouvoir public de coercition et le gouvernement qui le dirige n'auront pas de place dans le socialisme.

L’Etat, organisation composée de soldats, de la police, de juges et de gardiens de prison, chargés de faire observer les lois, n'a de raison d'être que dans une société de classes, car dans une telle société il n'y a pas d'intérêt commun, seulement des intérêts - et des conflits - de classe. Le but de tout gouvernement est de maintenir l'ordre dans l'intérêt de la classe dominante. L'Etat est en fait un instrument d'oppression de classe. Dans la société socialiste, il n'y aura ni classes ni conflits de classes. Fondamentalement, chacun aura le même intérêt social. Il y aura une harmonie sociale authentique et une solidarité d'intérêts. Dans de telles conditions, il n'y aura aucun besoin de machine coercitive pour gouverner, ou régner sur la population. L'expression «gouvernement socialiste» est une contradiction dans les termes. Là où le socialisme existe, il n'y a pas de gouvernement. Et là où il y a un gouvernement, le socialisme n'existe pas.

La classe dominante a bel et bien participé volontairement au mensonge de ses régimes totalitaires avec ou sans chiffon rouge, auréolé ou pas de leurs outils d’esclave, cela l'aidaient bien : d'abord à gagner la guerre contre les régimes dit « fascistes » ; ensuite à se tailler une zone impérialiste d'exploitation capitaliste. Les révolutionnaires russes ont dénoncé ce « mensonge » dès la fin des années 1920 et grand nombre d’entre eux emprisonnés  dans des goulags en sont mort de faim, de froid ou encore lâchement assassinés. Le socialisme n'est mouillé en aucune façon dans les mensonges staliniens, maoïste, castrisme etc… Arrêtons d'écouter les coryphées de la bourgeoisie qui nous présentent le socialisme comme l'horreur suprême en nous renvoyant l'image écœurante de ses régimes. Il s'agit du «dernier mensonge» de la bourgeoise dont nous savons que c'est, en fait, sa nauséabonde image qu'elle nous présente. Et pourtant, c'est le mensonge le plus abouti ; il s'agit bien du drame de notre classe, la classe des sans ressource, de la classe ouvrière.

Face à l’impasse dans laquelle se trouve le  capitalisme avec son cortège de chômeurs, de miséreux déplacés, il est grand temps que le socialisme redevienne le phare qui éclaire la classe des sans réserves, de ceux qui n’ont rien d’autre à monnayer que leur force de travail ou leur capacité intellectuelles, il est grand temps que le socialisme leur indique une bonne fois pour toute la seule voie possible pour sortir du bourbier dans lequel l'humanité se trouve engluée.
Nous, nous savons que « le jour de la délivrance approche », car : Oui, les sociétés sont mortelles, toute l'histoire de l'humanité est là pour nous le rappeler. Combien de puissants royaumes, de vastes empires et de régimes d'exploitation ont péri à travers les âges ! Nul ne les sait, tellement ils sont nombreux. Oui, une autre société est inéluctable. Espérons enfin que ce soit une société socialiste qui succédera aux sociétés actuelles d'exploitation de l'homme par l'homme.
Ceux qui croient à tort que gouvernement et organisation ne sont qu'une seule et même chose auront du mal à imaginer une société sans gouvernement. Une société sans organisation serait impossible puisque le sens du terme «société» implique que des êtres humains s'organisent de façon à pourvoir à leurs besoins. Par contre, une société sans gouvernement est à la fois possible et souhaitable. Avec le socialisme, fondé sur la possession commune des moyens de production et de distribution, l'organisation démocratique s'étendra justement à tous les aspects de la vie sociale. Il y aura une certaine centralisation administrative mais ce centre ne sera pas plus qu'un bureau chargé de coordonner les affaires sociales. 
  
Mais ceux qui rempliront cette fonction ne formeront-ils pas une nouvelle classe dirigeante ? Toute organisation démocratique demande en effet que l'on délègue certaines fonctions à des groupes et à des individus. Dans le socialisme, ceux-ci seront chargés par la communauté d'organiser certaines activités sociales nécessaires. Choisis par la communauté, ils seront également tenus de lui rendre des comptes. Ces délégués ne seront pas pour autant en mesure de dominer. On ne les considérera pas comme des êtres supérieurs, mais comme des égaux qui font, comme tout le monde, un travail essentiel. Ils n'auront sous leurs ordres ni armée ni police pour faire exécuter leurs volontés. La corruption aura perdu sa raison d'être puisque tout le monde, ces délégués compris, pourra se servir dans le stock de richesses réservées à la consommation individuelle. Les conditions matérielles pour la formation d'une nouvelle classe dirigeante n'existeront donc pas.

Le but de la production socialiste sera tout simplement de satisfaire les besoins humains. Une production destinée uniquement à répondre à ces besoins remplacera la production marchande visant au profit. La production et la distribution de richesses suffisantes à satisfaire les besoins de la communauté socialiste, au niveau individuel et collectif, relèveront de l'organisation. Bien sûr, ce ne sera pas un problème facile à résoudre, mais les moyens de le résoudre ont été déjà créés par le capitalisme.
Grâce au capitalisme, la technologie et la productivité ont atteint un niveau qui permettrait de produire l'abondance pour tous. Une société d'abondance est technologiquement possible depuis longtemps et c'est ce qui constitue la base matérielle qui permettrait d'établir le socialisme. Le capitalisme, étant une société de classes dans laquelle la production vise à faire du profit et non à satisfaire les besoins humains, ne peut tirer pleinement parti du système mondial de production qu'il a édifié dans le courant des deux cents dernières années. Le socialisme qui aura changé le but de la production pourra, lui, tirer pleinement parti de ces méthodes avancées de production. Les hommes et les femmes produiront alors des richesses uniquement pour satisfaire leurs besoins et non pour enrichir quelques privilégiés.

Grâce à l'utilisation de techniques de prévision des demandes sociales, techniques à présent prostituées au service du capital, la société socialiste pourra calculer quelle quantité et quelles sortes de produits et de services seront nécessaires pendant une période donnée. Le capitalisme a développé, grâce à l'informatique des moyens d'analyse des stocks “d’entrées-sorties“ et des moyens techniques que la société socialiste pourra utiliser pour planifier démocratiquement la production.

Une fois les richesses produites, mis à part ce qui sera nécessaire au renouvellement et au développement des moyens de production, tout le monde pourra prendre gratuitement et selon son choix individuel ce qui lui sera nécessaire pour vivre et pour mener une vie heureuse. C'est ce que l'on veut dire par « libre accès». Il n'y aura ni vente ni achat et, par conséquent, aucun besoin d'argent. Ce dont les communautés et les individus peuvent avoir besoin ne varie guère, sauf sur une longue période ; ainsi, on pourra facilement faire en sorte que les magasins soient toujours bien pourvus de ce que les gens veulent. S'il devait y avoir des pénuries, elles ne seraient pas de longue durée. De plus, on s'assurera qu'il y a des réserves comme garantie contre des désastres naturels imprévus.

«De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins» est un principe socialiste qui remonte à loin et qui dit bien ce qu'il veut dire : hommes et femmes participeront de leur mieux et sans contrainte à la production sociale et prendront librement et gratuitement ce dont ils auront besoin dans l'abondance qu'ils auront produite ensemble.

Quand ils sont confrontés pour la première fois à l'idée de distribution libre basée sur les besoins, beaucoup de gens sont sceptiques: «Et les paresseux ?», «Et les égoïstes ?», «Qui fera le travail rebutant ?», «Qu'est-ce qui poussera les gens à travailler ?». Ces objections, les socialistes ne les connaissent que trop bien ! Mais il n'est pas tellement surprenant que des gens qui n'ont jamais réfléchi à la question trouvent l'idée du socialisme tout à fait extravagante et réagissent ainsi. Il faut dire pourtant que toutes ces objections reposent sur la conception populaire, et soigneusement cultivée, de ce qu'est la nature humaine. Cette conception est pur préjugé et toutes les sciences biologiques et sociales, toutes les études anthropologiques montrent bien que la soi-disant nature humaine ne serait pas un obstacle à l'établissement du socialisme.

Pour l'être humain, le travail, ou la dépense d'énergie, est un impératif biologique et social. Il doit travailler pour brûler l'énergie produite par l'alimentation et il doit aussi travailler pour se procurer nourriture, vêtements et habitation, essentiels à l'existence. Donc dans toute société, qu'elle soit féodale, capitaliste ou socialiste, hommes et femmes doivent travailler. La question est de décider comment ce travail doit être organisé. Il faut certainement reprocher au capitalisme de réduire le travail, cette activité humaine si fondamentale, à la fastidieuse routine que connaissent la plupart des gens alors qu'il pourrait et devrait leur procurer tant de satisfactions. Il en serait du moins ainsi dans une société socialiste.

L'idée que le travail pourrait être agréable fait souvent rire. Mais tout ce que montre cette réaction, c'est à quoi point le capitalisme; a dégradé la vie humaine. Dans le capitalisme une si grande partie du travail se fait au service d'un employeur que la plupart des gens associent, sans y penser, travail et emploi. Le travail que l'on fait pour un employeur est toujours avilissant, souvent ennuyeux, désagréable et quelquefois malsain et dangereux Mais dans la société capitaliste, tout le travail tel que nous l'avons défini, n'est pas effectué dans le cadre de l'emploi Hommes et femmes travaillant quand ils nettoient leur maison ou font du jardinage, ou s'adonnent à leur passe-temps... et ils y trouvent du plaisir en même temps. L’association fallacieuse travail / emploi est si étroite que beaucoup ne considéreraient pas ces activités comme du travail. Ce qui est agréable, pensent-ils, ne peut pas, par définition, être du travail !
Il n'y a aucune raison pour que l'activité de produire et de distribuer les choses utiles ne soit aussi agréable que les activités que nous poursuivons lors de nos loisirs. On peut améliorer énormément les conditions dans lesquelles le travail s'effectue. Il en est de même pour les relations entre les gens au travail. Dans la société socialiste, les hommes et les femmes, en tant que membres libres et égaux d'une communauté, n'auront pas à vendre leur énergie mentale et physique à un employeur en échange d'un salaire. Ce système du salariat avilissant sera aboli, de sorte que l'emploi n'existera plus. Au lieu de cela, le travail sera effectué par des hommes et des femmes libres qui coopéreront et détermineront leurs conditions de travail, tout en trouvant du plaisir à créer des objets utiles et à effectuer des travaux socialement nécessaires.

On n'aura pas besoin non plus, comme c'est le cas à présent (parce que cela ne coûte pas cher et que c'est donc profitable pour les employeurs capitalistes) de continuer à utiliser des opérations industrielles nocives ou dangereuses pour ceux qui y prennent part. De toute manière, puisqu'on aura pour principe directeur les besoins et les satisfactions des individus, personne ne sera attaché à un seul métier pour toute la vie. Les hommes et les femmes connaîtront enfin le plaisir de découvrir et d'exercer leurs divers talents sans aucune restriction.                                                                                                                                                                    
Disons, pour terminer, que le socialisme ne peut être que mondial parce que le système de production édifié par le capitalisme et qui sera repris par le socialisme est déjà international II n'y aura pas de frontières et les gens pourront voyager librement n'Importe où dans le monde, le socialisme mettra fin à toute oppression “nationale“ et d'ailleurs aux nations elles-mêmes, dans leur sens politique actuel et à toute discrimination d'ordre racial ou sexuel. Tous les habitants du monde, où qu'ils vivent, quelle que soit la couleur de leur peau, quelle que soit la langue qu'ils parlent, seront réellement membres d'une seule grande famille humaine. Le socialisme permettra enfin la réalisation de ce rêve  de toujours d'une communauté humaine.


Toutes les sociétés qui se sont succédé pour assurer la pérennité des classes dominantes se sont servies des classes miséreuses par de sanglantes batailles et révolutions, pour assoir leur pouvoir de classe exploiteuse face à l’inertie des classes sur le déclin au pire décadente sans aucune perspective d’avenir. Même si nous reconnaissons que ce mouvement des classes a apportés leurs lots de progrès dans le développement des techniques industriels, elles n’en ont été que les propriétaires, les investisseurs. Les véritables richesses (production de bien) n’ont été  réalisées que par le travail des esclaves, des serfs, des prolétaires ouvriers. Aujourd’hui aucune classe n’est porteuse de progrès  et ne peu succéder a la classe bourgeoise capitaliste autre que la classe ouvrière dernière classe de l’histoire, sa particularité elle ne possède rien et elle est dans un rapport de force et d’intérêt en un nombre gigantesque elle est internationale et son projet sa tâche s’inscrit dans son internationalisation de la répartition des richesses. 

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18/11/2014

LA MORT DE RÉMI FRAISSE N’EST PAS UNE BAVURE,C'EST UN ASSASSINAT VOULU PAR LA SOCIAL-DÉMOCRATIE AU POUVOIR EN FRANCE

LA MORT DE RÉMI FRAISSE  N’EST PAS UNE BAVURE,
C'EST UN ASSASSINAT
VOULU PAR LA SOCIAL-DÉMOCRATIE AU POUVOIR EN FRANCE

L’assassinat  de Rémi Fraisse, un jeune botaniste « militant » de 21 ans, a bien tourné à un affrontement social. Bien que le Comité scientifique régional du patrimoine naturel et le Conseil national de la protection de la nature aient, de leur côté, émis des avis défavorables à la construction d’un barrage ou d’une retenue d’eau prévu pour établir un modèle agricole productiviste! L’Etat se fiche de l’avis de ces observateurs ! Il est là pour protéger et gérer des intérêts “particuliers ceux de la classe capitaliste“ et non ceux de la population.
Ce qui est en jeu, ce n'est donc pas seulement le projet de barrage ou d’une retenue d’eau de Sivens, ni le projet de construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes , c'est le monde qui va avec et qui a un nom, le capitalisme, qu'il soit géré par la droite ou par la gauche du capital : c’est cette forme d'organisation « sociale » fondée sur la domination et l'exploitation du travail ainsi que sur la dépossession des biens de production ou de l’appropriation des espaces ruraux par les forces armées, avec pour conséquences la famine; la misère aux quatre coins de la planète et le saccage des ressources dites naturelles.  

LES DIFFÉRENTES FRACTIONS BOURGEOISES SE PARTAGENT LE TRAVAIL

Aujourd’hui, les Verts (C. Duflot dans son rôle d’apôtre au parlement réclamant une minute de silence) réclament une enquête parlementaire, ben voyons, alors que ceux-ci sont les premiers à barboter dans l’auge gouvernementale, l'UMP une enquête administrative et Delphine Batho PS (la limogée d'Ayrault) veut saisir le défenseur des droits. Tous veulent nous faire croire qu’il s’agit là d’une guéguerre entre des écolos gauchistes et force de l’ordre, alors que ce sont près d’une quarantaine de grenades offensives qui ont été balancées par les militaires dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014, en pleine nuit et en plein désert.
Qu’il le veuille ou pas le social-démocrate Cazeneuve ministre de l'Intérieur nous sort  un vieux classique de la bourgeoisie que de mettre en avant la violence de nos actions de classe pour justifier sa propre violence. La sienne étant légitimée par tout son arsenal juridique et idéologique. De même, c'est un vieux classique étatique de justifier l'usage de flics  surarmés, de grenades et autres saloperies de leur invention pour réprimer des prolétaires en lutte, armé de pierres, de frondes et de boulons. Il s’agit bien là d’un crime d’état et d’un avertissement aux mouvements futurs si ceux-ci refusent de se laisser encadré par les fameux partenaires sociaux, c'est-à-dire ceux qui nous baladent “Parti de gauche, gauchistes et syndicats“, qui sont  pour toutes les « révolutions » tant qu’elles sont  nationales démocratiques et citoyennes !!!!
Seule la bourgeoisie peut user de violence en toute impunité, ce sont ses lois et ses Cours de justice qui le certifient, ce sont ses flics, ses armes qui nous l'imposent par la force. Quant à notre violence de classe, elle est systématiquement taxée de terrorisme par nos ennemis. L'erreur serait de croire qu'il pourrait en être autrement, nous n'avons rien à attendre de leur justice et de leurs lois parce qu'elles ne sont de toute façon élaborées que pour nous réprimer. L'unique violence acceptable pour l'Etat c'est la sienne, qui n'est autre que la violence du taux de profit.
Le message de Cazeneuve et de la bourgeoisie qu’il représente est clair et sans ambiguïté  et s’adresse de toute la classe ouvrière, aux sans réserve, aux  crèves la faim,  c’est un avertissement envoyé à une classe sociale, la nôtre,  faire de nous des êtres résignés qui ne se révoltent pas, qui obéissent sans broncher, la tête basse. Notre futur se trouve au-delà de toute médiation, au-delà des états-nations, au-delà de toute tentative de reformer le capitalisme. Notre futur se situe dans la destruction de l’économie et exprime incontestablement la tendance du prolétariat à s’organiser plus consciemment, de dépasser certains des cloisonnements qui entravent nos luttes. Nous n'avons qu'un seul tyran la bourgeoisie un seul ennemi, son système pourri, le capitalisme. C'est par des mots d'ordre unificateurs qui dépassent et rejettent les revendications formatées par les chiens de garde du capital (P “C“, P“S“, Parti de “Gauche“ Gauchistes de touts poils et syndicats) que nous viseront les rapports sociaux dans leur ensemble. Notre objectif ne se borne pas aux « tous ensemble » ni comme un moyen de satisfaire les diverses revendications catégorielles portées par les secteurs en lutte, mais comme la méthode qui doit faire voler en éclats les replis corporatistes, usinistes, cadre dans lequel excellent la vermine syndicale, c'est-à-dire une impasse!  La « convergence des luttes" ce n'est ni les "marmites du diable", ni des panacées, elles doivent servir de base à tous les conflits à venir en gardant comme pratique l’interaction constante entre ses objectifs émancipateurs et les moyens dont elles se dotent pour y parvenir. La convergence des  luttes est une nécessité, nous ne nous attaquons pas aux "excès" du capitalisme, nous sommes contre toute la société, ses règles et ses comportements imposés et nous luttons avec conséquence pour son renversement et sa disparition définitive.


09/08/2014

DÉCLARATION INTERNATIONALE DU KRAS-AIT

Nous publions une déclaration internationale, lancée par des militants internationalistes russes, ukrainiens et moldaves. Nous ne pouvons toutefois pas éviter de souligner ses aspects quelque peu confus ainsi que le manque de perspective à l’adresse de la classe ouvrière : « pas de guerre entre les peuples », hélas, la notion de peuple nie l’existence des classes et donc des intérêts qui les divisent, ce qui ajoute de la confusion sur les enjeux capitalistes des guerres. Quant à la : « Guerre à la guerre », cela sous-entend que l’on pourrait chasser la guerre par « la paix des braves », ce à quoi nous opposons la guerre de classe.

La « guerre à la guerre » n’est que mots creux, si nous n’appelons pas la classe ouvrière à lutter pour ses intérêts de classe internationale. La résistance dont nous parlent ses camarades n’est rien d’autre que la continuité de notre esclavage soit en continuant à suer de la plus-value soit en servant de chair à canon par l’embrigadement d’une partie de notre classe dans la barbarie capitaliste.

La guerre, c’est d’abord, la diffusion des poisons nationalistes, chauvins, racistes, théocratistes, mondialement distillés pour  fabriquer les va-t-en- guerre de demain, c’est un préalable répandu par toutes les bourgeoisies du monde pour réaliser leurs funestes projets barbares, la guerre.

C’est pourquoi nous criions, nous prolétaires, que nous n’avons pas de patrie, pas de nations, nous ne sommes pas un “peuple“, nous sommes une classe exploitée par un seul et même ennemi la bourgeoisie et son système qui nous opprime et nous affame, pour devenir lors de leurs frasques de la chaire à canon. Les guerres comme les crises sont endogènes, inhérentes au fonctionnement du capitalisme, c’est pourquoi il est impossible de supprimer les guerres sans supprimer les antagonismes de classes et sans instaurer le communisme.

Le devoir des révolutionnaires est de montrer que les intérêts qui divisent actuellement les belligérants impérialistes russes et d’un côté contre les capitalistes ukrainiens de l’autre, sont moins importants que ce qui les unit dans leurs survies de capitalistes. Ce que les capitalistes doivent craindre le plus c’est l’unité prolétarienne contre leurs pouvoirs, c’est là que les révolutionnaires doivent intervenir, en s’adressant en premier lieu à leurs frères de classes, qu’ils soient ukrainiens, russes ou criméens au reste du monde.
Notre activité doit être partout la même, mettre en avant par-delà les frontières, la seule perspective qui s’offre à nous, en affirmant haut et fort que les moyens existent de supprimer tout ce qui nous rend misérables, mettre fin à toute cette barbarie par la construction d’un nouvel ordre le « socialisme mondial », il n’y a pas d’autre issu possible que la déstructuration totale de cette société mortifère que la révolution sociale.

Anke# 


Déclaration internationale, lancée par des militants internationalistes russes, ukrainiens et moldaves.
KRAS-AIT (Confédération Révolutionnaire Anarcho-Syndicaliste, Russie)
Guerre à la guerre ! 
Pas une goutte de sang pour la "nation" !

La lutte de pouvoir entre les clans de l’oligarchie en Ukraine menace de se transformer en conflit international armé. Le capitalisme russe tente d’utiliser la redistribution du pouvoir au sein de l’État ukrainien pour mettre en œuvre ses vieilles aspirations impériales et expansionnistes en Crimée et en Ukraine orientale, régions où il a d’importants intérêts économiques, financiers et politiques.
Dans le contexte de la prochaine crise imminente en Russie, le régime tente d’attiser le nationalisme russe afin de détourner l’attention de l’aggravation des problèmes socio-économiques des travailleurs : salaires et pensions de misère, démantèlement des soins accessibles, de l’éducation et d’autres services sociaux. Dans la tempête d’une rhétorique nationaliste et agressive, il est plus facile d’instaurer un État autoritaire et corporatiste basé sur des valeurs réactionnaires et des politiques répressives.
En Ukraine, la crise politique et économique aiguë a conduit à exaspérer la confrontation entre les "nouveaux" et "vieux" clans oligarchiques, et a pour la première fois utilisée des formations ultra-nationalistes et ultra-droitières pour réaliser un coup d'État à Kiev. L’élite politique de Crimée et d’Ukraine orientale n’a pas l’intention de partager son pouvoir et ses propriétés avec les nouveaux dirigeants de Kiev et se tourne vers le gouvernement russe pour avoir de l’aide. Des deux côtés, on a recours à l’hystérie nationaliste, respectivement ukrainien et russe. Il y a des affrontements armés et effusion de sang. Les puissances occidentales ont leurs propres intérêts et leurs propres aspirations, et leur intervention dans le conflit pourrait mener à une troisième guerre mondiale.
Ces messieurs des différentes cliques belligérantes nous poussent, comme d’habitude, nous les gens ordinaires, les travailleurs salariés, les chômeurs, les étudiants, les retraités…, à nous battre pour leurs intérêts. Ils veulent nous saouler avec leur drogue nationaliste, nous pousser les uns contre les autres, nous faire oublier nos réels besoins et intérêts : que nous n’avons que faire de leurs "nations", alors que nous avons à régler d’autres problèmes urgents et vitaux : comment joindre les deux bouts dans ce système qu’ils ont instauré pour nous opprimer et nous réduire en esclavage.
Nous ne succomberons pas à l’intoxication nationaliste ! Qu’ils aillent en enfer avec leurs États et "nations", leurs drapeaux et leurs discours ! Ce n’est pas notre guerre et nous ne devons pas y participer et payer avec notre sang leurs palais, leurs comptes en banque et leurs plaisirs de s’asseoir dans les confortables fauteuils du pouvoir. Et si les messieurs de Moscou, Kiev, Lvov, Kharkov, Donetsk et Simferopol commence cette guerre, notre devoir est d’y résister par tous les moyens !  Pas de guerre entre les peuples – pas de paix entre les classes !
KRAS-AIT (Confédération Révolutionnaire Anarcho-Syndicaliste, Russie),
Fédération Anarchiste de Moldavie (Moldavie),
Fraction Socialisme Révolutionnaire (Ukraine),
Internationalistes d’Ukraine, de Russie, de Lituanie, d’Israël et de Moldavie.
Cette déclaration a été soutenue par :
Alliance de la Solidarité des travailleurs (Amérique du Nord)
Des Internationalistes américains
Initiative Anarcho-syndicaliste de Roumanie
Des libertaires de Barcelone
La gauche communiste et les internationalistes d’Équateur, du Pérou, de la République dominicaine, du Mexique, d’Uruguay et du Venezuela.
Initiative communiste-ouvrière (France)
Groupe Leicester de la Fédération anarchiste (Grande-Bretagne)

03/08/2014

JAURÈS, ÉMERGENCE D’UN NOUVEAU MYTHE OU ÉLOGE DE L’OPPORTUNISME ?

Jaurès, émergence d’un nouveau mythe ou éloge de l’opportunisme ?
Qu’est ce que le socialisme de Jaurès ?

L’itinéraire d’un bourgeois républicain social patriote, opportuniste, révisionniste, social-catholique doublé d’un colonialiste aux visées impérialistes !  Jean Jaurès, était un homme politique français, né à Castres le 3 septembre 1859 et mort à Paris le 31 juillet 1914. Issu de la bourgeoisie et agrégé de philosophie, il commence sa carrière politique comme député républicain. Puis il adhère définitivement au « socialisme » après la grande grève des mineurs de Carmaux et s’oppose aux lois scélérates. En 1905, il est un des rédacteurs de la loi de séparation des Églises et de l’État. La même année, il participe à la création de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), dont il est l’acteur principal, unifiant ainsi le mouvement socialiste français. Ses positions réformistes lui valent toutefois l’opposition d’une partie de la gauche révolutionnaire.
Il consacre les dernières années de sa vie à empêcher, en vain, le déclenchement de la Première Guerre mondiale, et se lie aux autres partis de l’Internationale ouvrière, faisant planer la menace de grève générale au niveau européen. Ces positions pacifistes lui valent d’être assassiné par le nationaliste Raoul Villain à la veille du début du conflit. Cet assassinat atteint d’ailleurs son but, car il facilite le ralliement de la gauche, y compris beaucoup de « socialistes « à l'« Union sacrée ». Après tout Jaurès n’avait-il pas dit - "A celui qui n’a rien, la patrie est son seul bien." il évoqua quand même la nécessité pour chacun, si le conflit devait advenir, de mener « la guerre sainte pour notre France bien-aimée » Jaurès mourut alors comme il vécut, en grand bourgeois opportuniste.

Exploiter les colonies ; la manière humaniste

Jaurès, professeur à la Faculté des lettres de Toulouse, est un républicain français. La colonisation est pour lui un processus gagnant-gagnant. C’est une œuvre d’enrichissement intellectuel pour les colonisés, qui apprennent une vraie langue, et d’enrichissement matériel pour les colonisateurs qui, eux, savent déjà le français.
Notre grand humaniste exprime les choses très clairement : les indigènes doivent produire (c’est-à-dire travailler pour les colons) et maintenir l’ordre (tout en étant subordonnés aux officiers français). Le fait qu’on les manipule en les faisant " participer à l’administration de rares affaires " est la manière républicaine de les exploiter.
Discours pour l’Alliance française, Albi, 1884
"… Quand nous prenons possession d’un pays, nous devons amener avec nous la gloire de la France, et soyez sûrs qu’on lui fera bon accueil, car elle est pure autant que grande, toute pénétrée de justice et de bonté. Nous pouvons dire à ces peuples, sans les tromper, que jamais nous n’avons fait de mal à leurs frères volontairement : que les premiers nous avons étendu aux hommes de couleur la liberté des Blancs, et aboli l’esclavage […]; que là enfin où la France est établie, on l’aime, que là où elle n’a fait que passer, on la regrette ; que partout où sa lumière resplendit, elle est bienfaisante ; que là où elle ne brille plus, elle a laissé derrière elle un long et doux crépuscule où les regards et les cœurs restent attachés. "
"… L’Alliance a bien raison de songer avant tout à la diffusion de notre langue : nos colonies ne seront françaises d’intelligence et de cœur que quand elles comprendront un peu le français. […] Pour la France surtout, la langue est l’instrument nécessaire de la colonisation. […]
Il faut que les écoles françaises multipliées, où nous appellerons l’indigène, viennent au secours des colons français, dans leur œuvre difficile de conquête morale et d’assimilation. […]
Sur un million de Kabyles et d’Arabes, un centième à peine est passé dans nos écoles qui sont trop rares ; le reste nous ignore tout à fait et n’est français que par la conquête. Or quelle doit être notre ambition ? Que les Arabes et les Kabyles, commandés par des officiers français, servent à la garde et à la police de l’Algérie, de telle sorte qu’une bonne partie de l’armée d’Afrique puisse en cas de péril aller à une autre frontière : qu’ils entrent peu à peu dans nos mœurs politiques et participent à l’administration de rares affaires, enfin qu’ils deviennent le plus possible des producteurs. Mais si nous n’enseignons pas le français aux plus intelligents d’entre eux, comment pourrons-nous les subordonner à nos officiers […] ? " Raoul Girardet : Le nationalisme français, Ed. Seuil, 1983
On a fait le tour de la Kabylie, il y a deux ans, pour leur demander s’ils voulaient des écoles françaises ; ils ont accepté avec reconnaissance et leurs anciens ont remercié la France. Comment nos écoles ne seraient-elles pas aimées de ces peuples. [Jaurès fait volontairement l’impasse sur l’insurrection Kabylie en 1870-1871, la révolte des djouad après les rapines de Mac-Mahon, les massacres, les mensonges et les trahisons. Toute la politique française tendait à morceler les tribus et à diminuer l’influence des grandes familles afin de rendre l’armée française indispensable à l’ordre et d’éviter la formation de toute coalition pouvant amener les tribus arabes à former un front unique contre la domination française.] Cité in Encyclopédie berbère

Idem pour Viêt Nam, Jaurès vota sans hésiter les crédits militaires pour le maintien de la présence française au Tonkin en 1887 et, lorsqu’il évoque les années 1870 et 1871 dans son Histoire socialiste, ce sera pour y dire son amour de la patrie blessée, « la nation française humiliée », et non pour y parler de la Commune.

Se partager le gâteau, pacifiquement et en toute bonne conscience

Dans cet article de Jaurès, paru en 1896 dans La petite République, le plus remarquable est que les peuples colonisés sont condamnés à la passivité. L’amélioration de leur sort dépend entièrement des socialistes des pays colonisateurs, qui par ailleurs se donnent pour tâche de préserver, par l’entente, les intérêts économiques de leurs pays respectifs. L’intérêt des populations dominées est seulement de subir le traitement "le plus humain".

"La première règle pratique, c’est de veiller constamment à ce que les compétitions coloniales des divers peuples ne puissent jamais aboutir entre eux à la guerre. Il faudra pour cela que les socialistes aient le courage, chacun dans sa nation, de blâmer les prétentions excessives. Les socialistes n’y pourront réussir et ne pourront même s’y employer sérieusement qu’en suivant de très près, et pour ainsi dire au jour le jour, le mouvement colonial.

La deuxième règle, pour les socialistes de tous les pays, sera de demander pour les peuples vaincus ou les races soumises de l’Asie, de l’Amérique, de l’Afrique le traitement le plus humain, le maximum de garanties. Qu’il s’agisse des Hindous dominés par l’Angleterre, des Arabes dominés par la France ou des races africaines que se disputent et se partagent tous les peuples de l’Europe, c’est le devoir des socialistes de prendre, dans le Parlement de chaque pays, l’initiative des propositions humaines ou des protestations nécessaires. Cette action socialiste se produira, en chaque pays, avec d’autant plus de force et d’autorité qu’elle sera universelle et universellement probe, et que nul ne pourra y soupçonner un piège.

Enfin, il me semble que les socialistes devraient avoir comme troisième règle de marquer de plus en plus d’un caractère international les principales forces économiques que se disputent avidement les peuples. Il est visible par exemple, à l’heure actuelle, que tous les peuples européens cheminent vers les sources du Nil, parce que la possession du haut Nil et des grands lacs africains donne la maîtrise de l’Égypte et de tout le développement africain : c’est là le secret de tous les efforts, publics ou cachés, de toutes les combinaisons, loyales ou perfides, des peuples européens en Afrique, depuis dix ans surtout ; et il est possible que ces rivalités, en s’exaspérant, aboutissent à la guerre. Pourquoi un système de garanties internationales n’assurerait-il pas le libre passage du Nil, de la source à la mer, à toutes les activités, comme on a fait déjà pour le Danube et pour le canal de Suez ?"

Un sang impur dans les colonies ?

Dans l’article "La question juive en Algérie" du 1er mai 1895, publié dans La Dépêche, grand quotidien de gauche de Toulouse, Jean Jaurès alors âgée de 36 ans, donne son opinion sur les Juifs. Depuis 1892, Jaurès voit dans l’antisémitisme un "véritable esprit révolutionnaire".
L’antisémitisme populaire, qui se double d’un anticapitalisme, était regardé par un certain nombre de socialistes français historiques (Fourier, Proudhon, Lafargue, Rochefort entre autres) comme un mouvement sympathique, propre à ébranler le grand Capital.
Dans les villes, ce qui exaspère le gros de la population française contre les Juifs, c’est que, par l’usure, par l’infatigable activité commerciale et par l’abus des influences politiques, ils accaparent peu à peu la fortune, le commerce, les emplois lucratifs, les fonctions administratives, la puissance publique. […] En France, l’influence politique des Juifs est énorme mais elle est, si je puis dire, indirecte. Elle ne s’exerce pas par la puissance du nombre, mais par la puissance de l’argent. Ils tiennent une grande partie de la presse, les grandes institutions financières, et, quand ils n’ont pu agir sur les électeurs, ils agissent sur les élus. Ici, ils ont, en plus d’un point, la double force de l’argent et du nombre."
Michel Winock, La France et les Juifs, Ed. Seuil, 2004

À propos des Juifs, (Jaurès a alors 38 ans ; il n’est pas un jeune écervelé),
Il n’y a pas que l’Algérie : "Nous savons bien que la race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n’est pas par la force du prophétisme, nous savons bien qu’elle manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de corset, d’extorsion".
Discours de J. Jaurès au Tivoli en 1898 ; cité par B. Poignant, Ouest-France 13 décembre 2005


Jaurès et le patronat
C’est Jaurès qui écrivait : « Je ne saurais trop vous redire : le capital et le travail sont inséparables. Il faut des patrons aux ouvriers comme il faut des généraux aux soldats. »

Les misères du patronat : « Il n’y a de classe dirigeante que courageuse. À toute époque, les classes dirigeantes se sont constituées par le courage, par l’acceptation consciente du risque. Dirige celui qui risque ce que les dirigés ne veulent pas risquer. Est respecté celui qui, volontairement, accomplit pour les autres les actes difficiles ou dangereux. Est un chef celui qui procure aux autres la sécurité, en prenant sur soi les dangers.
Le courage, pour l’entrepreneur, c’est l’esprit de l’entreprise et le refus de recourir à l’État ; pour le technicien, c’est le refus de transiger sur la qualité ; pour le directeur du personnel ou le directeur d’usine, c’est la défense de la maison, c’est dans la maison, la défense de l’autorité et, avec elle, celle de la discipline et de l’ordre.

Dans la moyenne industrie, il y a beaucoup de patrons qui sont à eux-mêmes, au moins dans une large mesure, leur caissier, leur comptable, leur dessinateur, leur contremaître ; et ils ont avec la fatigue du corps, le souci de l’esprit que les ouvriers n’ont que par intervalles. Ils vivent dans un monde de lutte où la solidarité est inconnue. Jusqu’ici, dans aucun pays, les patrons n’ont pu se concerter pour se mettre à l’abri, au moins dans une large mesure, contre les faillites qui peuvent détruire en un jour la fortune et le crédit d’un industriel.

Entre tous les producteurs, c’est la lutte sans merci ; pour se disputer la clientèle, ils abaissent jusqu’à la dernière limite, dans les années de crise, le prix de vente des marchandises, ils descendent même au-dessous des prix de revient. Ils sont obligés d’accepter des délais de paiement qui sont pour leurs acheteurs une marge ouverte à la faillite et, s’il survient le moindre revers, le banquier aux aguets veut être payé dans les vingt-quatre heures.

Lorsque les ouvriers accusent les patrons d’être des jouisseurs qui veulent gagner beaucoup d’argent pour s’amuser, ils ne comprennent pas bien l’âme patronale. Sans doute, il y a des patrons qui s’amusent, mais ce qu’ils veulent avant tout, quand ils sont vraiment des patrons, c’est gagner la bataille. Il y en a beaucoup qui, en grossissant leur fortune, ne se donnent pas une jouissance de plus ; en tout cas, ce n’est point surtout à cela qu’ils songent. Ils sont heureux, quand ils font un bel inventaire, de se dire que leur peine ardente n’est pas perdue, qu’il y a un résultat positif, palpable, que de tous les hasards il est sorti quelque chose et que leur puissance d’action est accrue.

Non, en vérité, le patronat, tel que la société actuelle le fait, n’est pas une condition enviable. Et ce n’est pas avec les sentiments de colère et de convoitise que les hommes devraient se regarder les uns les autres, mais avec une sorte de pitié réciproque qui serait peut-être le prélude de la justice ! »
Jean Jaurès alors âgé de 31 ans - 28 mai 1890 - La Dépêche de Toulouse.
L’affaire Dreyfus
Au début de l’affaire Dreyfus, Jaurès ne prend pas clairement position. Il va même jusqu’à condamner dans un premier temps la sentence de déportation, jugée trop clémente (un simple sous-officier aurait été purement et simplement condamné à mort). À propos de l’affaire Dreyfus. Qu’écrivait Jaurès en décembre 1894, deux jours après la condamnation ? « On a surpris un prodigieux déploiement de la puissance juive pour sauver l’un des siens. […] Dreyfus livrait des documents secrets pour de l’argent, voilà tout. » Et, quelques années plus tard, en évoquant Émile Zola et son fameux « J’accuse… ! » :
« Derrière lui, derrière son initiative hardie et noble, toute la bande suspecte des écumeurs juifs marche, sournoise et avide, attendant de lui je ne sais quelle réhabilitation indirecte, propice à de nouveaux méfaits. ». Cependant, à la suite de la pression populaire et politique, et aussi grâce à l’engouement de la jeune promotion normalienne et en particulier de Lucien Herr, convaincu par les militants allemanistes et par le "J’accuse" de Zola.
Les socialistes et l’humaniste Jaurès, prennent le train en marche, et se mettent à défendre Alfred Dreyfus. La popularité de l’affaire Dreyfus est une opportunité pour Jaurès de rentrer pleinement dans l’histoire. L’affaire met en jeu non seulement une injustice individuelle, mais le respect de l’humanité elle-même. Elle pose le problème du mensonge et de l’arbitraire des grandes institutions, notamment de l’armée qui entend avoir une "justice" séparée. En outre, les droites catholique et nationaliste instrumentalisent l’affaire en vue de renverser la République.
"Sans la République, le Socialisme est impuissant, sans le Socialisme, la République est vide."

Il s’oppose alors aux marxistes orthodoxes, dont le meneur, Jules Guesde, pour qui Dreyfus est un officier bourgeois et donc sa défense ne serait pas prioritaire (le souvenir de la répression sanglante de la Commune de Paris, et d’autres révoltes ouvrières, est pour beaucoup dans la défiance ouvrière envers la cause d’un officier bourgeois). Mais pour Jaurès, l’accablement de malheurs et d’injustices dont Dreyfus est victime gomme les différences de classe. Dreyfus n’est plus un privilégié ou un exploiteur : il est un homme qui souffre injustement.

Même s’il reconnaît la lutte des classes, pour Jaurès, l’humanité ne fait qu’une et l’homme de gauche doit s’impliquer dans la République pour une révolution démocratique et non violente. En 1904, le congrès de la deuxième Internationale lui préfère les idées de Jules Guesde mais les élections indiquent une faveur contraire : 31 députés à Jaurès et 12 à Guesde. Pour Jaurès, la grève générale est trompeuse et vaine. Pour être viable, elle nécessiterait des conditions difficilement réalisables. Soucieux de ne pas se couper du monde du travail, Jaurès lui reconnaît néanmoins une vertu : « La grève générale, impuissante comme méthode révolutionnaire, n’en est pas moins, par sa seule idée, un indice révolutionnaire de la plus haute importance. Elle est un avertissement prodigieux pour les classes privilégiées, plus qu’elle n’est un moyen de libération pour les classes exploitées »…
"La République c’est le droit de tout homme, quelle que soit sa croyance religieuse, à avoir sa part de la souveraineté."

L’opportuniste Jaurès est un florilège a lui tout seul, justifiant toutes les récupérations politiques de l’extrême gauche à l’extrême droite, il n’aura eu de cesse d’appeler chaque homme à se livrer à « cette action vaillante et juste qui continue, en quelque sorte, l’œuvre de Dieu ».
Jaurès pouvait à la fois affirmer que « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage » et que les peuples doivent défendre la patrie… et de l’autre…. « La patrie n’est pas une idée épuisée, c’est une idée qui se transforme et s’agrandit » (Jean Jaurès dans L’Armée nouvelle).

À chacun son Panthéon
Raoul Villain fils cadet d’une famille appartenant à la petite bourgeoise provinciale son père est greffier en chef du tribunal civil de Reims. En 1904, séduit par le membre du Sillon, le mouvement chrétien social de Marc Sangnier (créateur des auberges de jeunesses) jusqu’à sa condamnation par Pie X en 1910, puis adhérent de la « Ligue des jeunes amis de l’Alsace-Lorraine », groupement d’étudiants ultra-nationalistes d’extrême droite où il joue un rôle effacé, il reproche à Jaurès de s’être opposé à la loi sur le service militaire de trois ans.
L’assassin de Jaurès sera reconnu innocent et acquitté, la bourgeoisie débarrassée du trublion Jaurès, lui donnera raison, laissant une porte béante à la première boucherie mondiale !
Le petit Raoul est libéré cinq ans plus tard, il vivote aux crochets paternels pendant treize longues années… Jusqu’au miracle inespéré, l’héritage d’une tante (à moins que ce ne soit de son Oncle, terme plus communément employé dans ces cas-là) oubliée qui renfloue son compte en banque et l’encourage à tailler la route. Il voulait partir pour Tahiti. Ce sera finalement Barcelone puis, en 1933, Ibiza où la rencontre surréaliste du petit-fils de l’illustre Gauguin lui redonne la pêche. Les deux hommes construisent une villa à l’architecture contestable. Qu’ils n’habiteront pas. Le 14 septembre 1936, en pleine guerre d’Espagne, les Républicains passent le meurtrier de Jaurès par les armes, sans savoir qui il était. À Reims, la tombe familiale porte toujours son nom. Mais son corps, lui, n’est jamais revenu. Raoul Vilain toute comme Jaurès, était atteint d’un mysticisme patriotico-religieux investi d’une mission… Servir la France et Dieu.

Quant à nous, nous laissons Jaurès à tous les bonimenteurs du capital qui n’ont que l’audace de leurs fourberies,  pour prétendre auprès des ignorants avoir quelque chose avec le socialisme.

Laissons la conclusion à Engels dans une lettre adressée à Paul Lafargue, écrite le 6 mai 1894 :

« Puis ce M. Jaurès, ce professeur doctrinaire, mais ignorant, surtout en économie politique, talent essentiellement superficiel, abuse de sa faconde pour se forcer dans la première place et poser comme le porte-voix du socialisme qu’il ne comprend même pas. »